QUOI DE NEUF ?

en

JANVIER 2017

 

 

 

"Ce n'est pas à la façon dont un homme parle de Dieu que je vois s'il croit en Dieu,

mais dans la manière dont il me parle des choses terrestres" (Simone Weil)

 

 

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ANTHROPOSOPHIE


Débogage d'un mythe sur le numérique à l'école

"Les cadres de la Silicon Valley mettent leurs enfants dans des écoles sans ordinateur" = argument énervant.

Une séance d'eurythmie dans une école Waldorf•
Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais à chaque fois qu’on entend une discussion sur le numérique et l’école, il se trouve quelqu’un pour dire, avec un air entendu “oui, enfin bon, on sait bien que les cadres de la Silicon Valley mettent leurs enfants dans des écoles qui bannissent les ordinateurs”. Le sous-entendu étant : si ceux-là mêmes qui fabriquent nos outils et nos services numériques, qui sont à l’avant-garde de la technologie et en connaissent les ressorts profonds, si ceux-là mêmes considèrent qu’il faut préserver les enfants d’Internet et des écrans, nous serions bien bêtes de mettre des ordinateurs dans toutes les classes, et de faire apprendre le code informatique à nos élèves etc. Et si nous n’étions pas en train de nous faire avoir par ces démoniaques américains qui viennent vendre leurs trucs dans nos écoles, pendant qu’eux élèvent leurs enfants à l’abri des ondes et des machines. Bref, c’est le soupçon que l’on porterait sur le cuisinier dont on découvrirait qu’il ne fait pas manger ses enfants dans son restaurant.µ

Steve Jobs, père low tech?
Pourquoi ça m’agace ? Pour plusieurs raisons. Ça m’agace d’abord parce que l’argument repose sur pas grand-chose. Principalement sur un article du New York Times, daté d’octobre 2011, qui en a entraîné beaucoup d’autres, reprenant exactement le même argument (ici par exemple). Il s’agissait de remarquer que des cadres des grandes entreprises de la Silicon Valley prisaient pour leurs enfants les pédagogies alternatives, et notamment les écoles Waldorf qui appliquent les préceptes du philosophe Rudolf Steiner, créateur de l’anthroposophie. Or, parmi mille autre choses comme l‘apprentissage de la musique, du dessin, de l’eurythmie (j’ai été quelques années dans une école Waldorf et avoir gardé un souvenir contrasté de cette pratique de l’eurythmie qui cherche à faire exprimer par le corps ce qui échappe au langage), les écoles Waldorf retardent il est vrai le contact avec les écrans. Et il est vrai qu’un tiers à peu près des écoles Waldorf américaines se trouvent en Californie. A cet argument, s’en sont ajoutés d’autres au fur et à mesure du temps. On adore souligner raconter que Steve Jobs, le fondateur d’Apple, était un “père low tech” (il avait dit que ses enfants n’avaient jamais utilisé l’iPad), on adore raconter comme les parents informaticiens restreignent l’usage des écrans par leurs enfants à la maison. Incroyable ! Ces gens sont des parents comme la plupart des autres, ils veulent que leurs enfants fassent autre chose que regarder des écrans toute la journée et donc ils régulent leur temps de connexion. Quant à l’attirance des cadres de la Silicon Valley pour la pédagogie Steiner, elle a plus à avoir avec la tradition contre-culturelle de la Silicon Valley - élément phare de son idéologie - qu’avec une résistance aux écrans (ce à quoi il faudrait ajouter le niveau de vie, parce que les écoles Waldorf en Californie coûtent cher aux parents). Donc vraiment, je ne vois pas en quoi cela constitue un argument contre la volonté de l’école française d’augmenter la place du numérique.

"Argument dégueulasse"
Ce qui ne veut pas dire que cette place ne doit pas être discutée. Parce que ça pose question : quel matériel ? Quelle place laisser aux entreprises (on sait que Microsoft est présent, trop présent ?) ? Qu’enseigner exactement ? Les usages élémentaires ? La programmation ? Des cultures numériques au sens large ? Quels enseignants pour le faire ? Quelle place faire à des innovations comme la classe inversée (qui utilise les cours en ligne pour réserver au moment avec l’enseignant les exercices, l’explication des points d’incompréhension etc.) Tout ça, ce sont des discussions qu’on peut avoir, et que les acteurs du système scolaire ont d’ailleurs.
Mais il y a quelque chose de dégueulasse dans le recours à cet argument. Car après tout, les enfants des ingénieurs en informatique - qu’ils soient de la Silicon Valley ou pas - sont les derniers à avoir besoin de l’école pour familiariser leurs enfants avec les outils numériques, leurs usages, les problèmes qu’ils posent et les possibilités qu’ils offrent. Ces parents ont les moyens de le faire et peuvent s’offrir le luxe d’une école qui ne prenne pas en charge la question numérique. Le numérique à l’école, ce n’est pas seulement une lubie moderniste et technophile, c’est aussi un impératif social, celui de ne pas se laisser se creuser encore plus le fossé des inégalités que l’école peine à combler (voire contribue à élargir).
Je propose donc que la prochaine personne qui utilise cet argument soit envoyée faire une séance d’eurythmie, en chausson et collant, dans une école Waldorf, et qu’on balance la vidéo sur Youtube.

https://www.franceculture.fr/emissions/la-vie-numerique/debogage-dun-mythe-sur-le-numerique-lecole
04.01.2017
 

 






 

 

 

 

ANTISEMITISME


Les actes antisémitismes et antimusulmans en nette baisse

Les actes antisémites ont baissé de 61 % et les actes antimusulmans de 52 % sur les dix premiers mois de l’année.
C’est alors qu’il intervenait lors des « Entretiens de Royaumont », vendredi 2 décembre, que le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve a annoncé une importante baisse des actes antisémites et antimusulmans entre janvier et octobre 2016, par rapport à la même période en 2015.
Les actes antisémites ont diminué de 61 %, tandis que les actes antimusulmans ont baissé de 52 %. Des chiffres que Bernard Cazeneuve attribue à la politique gouvernementale, et qui confirment la tendance observée au premier trimestre 2016. Au début du mois de mai, ces mêmes actes étaient alors en baisse de 80 % par rapport au premier trimestre 2015.
« Ça veut dire qu’il y a dans ce pays, malgré l’ardeur de ceux qui ont la haine au cœur (…), des volontés de fraternité et de solidarité, qui comme souvent dans l’histoire de notre pays l’emportent sur le pire », s’était alors félicité Bernard Cazeneuve.
Concernant les actes antimusulmans, le chiffre donné par le ministre est presque identique à celui publié quelques semaines pus tôt par l’Observatoire national contre l’islamophobie. Fin octobre, cet organisme membre du Conseil français du culte musulman (CFCM) annonçait une baisse de 53,9 % de ces actes, et en comptabilisait 149 entre janvier et septembre 2016. L’Observatoire notait toutefois une forte hausse des propos antimusulmans sur Internet.
Vigilance et plans d’action gouvernementaux
Le ministre de l’intérieur voit dans ses chiffres les résultats d’une vigilance accrue depuis plusieurs mois. Il a notamment rappelé que les préfets saisissent désormais « systématiquement » les procureurs de la République pour « tous les actes antisémites, antimusulmans ou antichrétiens dont ils ont connaissance ».
Il voit également dans ces chiffres en baisse les fruits d’un plan interministériel de lutte contre le racisme et l’antisémitisme « d’une ampleur sans précédent », chiffré à 100 millions d’euros, lancé en 2015 par le gouvernement.
« Près de 2 800 églises et temples », « plus de 1.000 mosquées » et « près de 800 sites juifs » (synagogues, écoles…) ont été placés sous la protection des forces de sécurité et des forces armées « afin de répondre à la menace terroriste qui en a fait des cibles », a-t-il également rappelé. Neuf millions d’euros de crédits publics ont été dégagés pour financer des équipements de sécurité, notamment en vidéoprotection, pour l’ensemble de ces sites cultuels ou scolaires.

La Croix du 04.12.2016

Le directeur du journal « Rivarol » condamné pour des propos antisémites et négationnistes

Le patron du journal d’extrême droite était jugé pour de nombreux propos publiés sur le réseau social Twitter.
Le directeur du journal d’extrême droite, Jérôme Bourbon, a été condamné mercredi 14 décembre à une peine totale de 11 000 euros d’amende pour contestation de crime contre l’humanité et provocation à la haine, en raison de Tweets antisémites et négationnistes.
En juin 2015, il avait tweeté : « Triste époque : les gens ne croient pas en Dieu ni en l’enfer, mais ils croient aux chambres à gaz sans les avoir vues. » A un internaute qui lui avait envoyé en réplique des photos de l’entrée du camp de Birkenau et de corps émaciés de déportés, il avait répondu : « Ces photos ne constituent pas en elles-mêmes des preuves de l’existence des chambres à gaz homicides. »
De nombreux Tweets concernés
Début juillet 2015, il avait aussi vu dans la condamnation en 2009 à onze ans de prison pour négationnisme d’Horst Mahler, figure de l’extrême droite allemande, la « preuve que nous vivons dans une Europe juive ». Propos relevant d’une « théorie du complot », a souligné le tribunal correctionnel.
Dans ce dossier, il a été condamné à 100 jours-amende à 80 euros, soit 8 000 euros. Une peine de jours-amende implique que le condamné voit cette peine transformée en emprisonnement s’il ne s’acquitte pas de la totalité de l’amende.
Puis, en février 2016, Jérôme Bourbon avait tweeté : « Fabius président du Conseil constitutionnel. Après Badinter et Debré le petit-fils de rabbin. Le Palais-Royal est un territoire occupé. » Propos qui pour les juges ne peut être perçu que comme une « stigmatisation » et un « appel au rejet de la communauté juive ». Ces derniers l’ont condamné, dans ce dossier, à une peine de 3 000 euros d’amende.
Il a déjà été condamné à neuf reprises pour des infractions du même ordre.

Le Monde.fr avec AFP | 14.12.2016

Contre l’antisémitisme, contre le rejet des musulmans

Alfred Grosser
Le milieu dirigeant français se veut à la tête de la lutte contre l’antisémitisme. Parmi les huit cents convives du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), en mars dernier, figuraient le premier ministre et nombre de membres du gouvernement, presque tous les leaders de l’opposition, les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, le préfet, le procureur général, l’archevêque de Paris. Quelques mois plus tard, Jean-Pierre Chevènement était nommé président de la Fondation pour l’islam de France. Imagine-t-on un chrétien nommé à la tête du Crif ? Parfois il semble que le rejet de l’antisémitisme efface le nécessaire rejet de l’anti-islamisme. Le 19 mars 2012, Mohamed Merah a horriblement assassiné quatre adultes et enfants dans une école juive, dont une fillette de 8 ans. Il est juste et bon que ce crime demeure dans les mémoires. Mais les 11 et 15 mars, à Toulouse et à Montauban, il avait aussi tué un militaire, puis deux autres. Un survivant à cette dernière tuerie est resté tétraplégique. Où et quand évoque-t-on ces victimes-là, dont deux étaient musulmanes ?
L’antisémitisme n’est pas mort pour autant. Il a plusieurs sources, plusieurs dimensions. Il existe une forme qu’il n’a pas, mais qui est sans cesse dénoncée par le Crif : toute critique d’Israël et de sa politique, toute défense des Palestiniens opprimés seraient déjà de l’antisémitisme. En fait, la plupart de ces critiques sont inférieures à celles énoncées par nombre d’intellectuels israéliens. Ils font leur la formule employée par le laudator de l’un d’entre eux, David Grossman, lorsque celui-ci a reçu le prix de la paix à Francfort, en octobre 2010 : « Right or wrong, my country. If it is right, let us keep it right. If it is wrong, let us set it right (”Qu’il ait raison ou tort, c’est mon pays. S’il a raison, efforçons-nous de le garder ainsi ; s’il a tort, efforçons-nous de le mettre à raison”). »
Il existe encore un antijudaïsme traditionnel qu’évoquait la déclaration de culpabilité des évêques français en 1995. Il existe aussi, à l’extrême gauche et à l’extrême droite, en accord en la matière, un antisémitisme nouveau, avec tendance à la négation de l’horreur nazie. Les noms de Dieudonné, d’Alain Soral ou d’Éric Zemmour sont ici représentatifs. Les condamnations pour incitation à la haine raciale ont été sans effet.
On peut percevoir aussi une nouvelle crainte, parfaitement légitime, chez des Français juifs, crainte cependant aujourd’hui plus largement répandue en Allemagne, parce que l’Allemagne a accueilli et accueille beaucoup plus de réfugiés. Les arrivants en provenance du Moyen-Orient, Syriens et autres, n’ont-ils pas été élevés dans une haine à l’égard tout ensemble d’Israël et du judaïsme en général ? Même s’ils sont minoritaires parmi les demandeurs d’asile, ne risquent-ils pas de contaminer des citoyens du pays d’accueil ?
Le risque est faible si ces arrivants sont mis en contact et sont influencés par l’islam tolérant, renforcé dans sa tolérance par les échanges cordiaux interconfessionnels. À Sciences-Po, il existe une formation commune pour prêtres, pasteurs, rabbins et imams. L’introduction de ceux-ci à la laïcité se fait en partie à l’Institut catholique. Les écoles chrétiennes accueillent de nombreux élèves musulmans. Le travail du Centre d’étude du fait religieux contemporain est pleinement interconfessionnel. À la tête de l’Observatoire de la laïcité, Jean-Louis Bianco combat les dérives dont la pire est peut-être la dénonciation de l’islam, avec appel à la fermeture de la frontière, de la part de gens qui confondent constamment Arabes et musulmans, comme si tous les Arabes étaient musulmans et comme si le plus grand État musulman, l’Indonésie, était arabe !
Pour les amener à la réflexion par l’émotion, il faudrait continuer à représenter et à faire connaître la pièce bouleversante qu’est Pierre et Mohamed,écrite en 2011 par un dominicain à la mémoire d’un autre dominicain, Pierre Claverie, évêque d’Oran, assassiné en 1996 avec son chauffeur et ami, un jeune musulman acceptant de sacrifier sa vie aux côtés de l’ami chrétien. Ce sont ces amitiés-là que les assassins reprochaient à l’évêque.
Pourquoi ne pas mettre sur le même plan les deux racismes ? Pendant la campagne électorale qui va s’ouvrir, les candidats rejetteront tous l’antijudaïsme. Le rejet des musulmans ne sera guère proclamé, mais trop souvent insinué. Il faudra s’opposer à cette insinuation-là.

La Croix du 09.01.2017

 






 

 

 

 

BIRMANIE


La Birmanie ouvre une enquête sur les exactions commises contre les Rohingyas

Le gouvernement d’Aung San Suu Kyi a annoncé le 2 janvier l’ouverture d’une enquête sur les violences commises par les militaires sur les Rohingyas. Une première pour les autorités birmanes qui niaient jusque-là les exactions commises par l’armée.

Lundi 2 janvier, le gouvernement birman a annoncé l’ouverture d’une enquête sur les exactions commises par l’armée birmane sur les Rohingyas, minorité musulmane de Birmanie. Cette annonce survient après la diffusion d’une vidéo montrant des militaires frapper avec violence des jeunes hommes de cette communauté.

C’est une première pour le pays qui, depuis octobre 2016, s’est lancé dans une campagne punitive dans le nord-ouest de la Birmanie en représailles à une attaque de postes frontières qui a causé la mort de neuf policiers. Ces dernières semaines, 50 000 personnes ont fui l’État d’Arakan, où se concentre l’essentiel de l’ethnie apatride musulmane, et qui est interdite d’accès aux journalistes.

Incendies volontaires et viols collectifs

Réfugiés au Bangladesh, de nombreux Rohingyas ont fait le récit de violences commises par l’armée contre des villages entiers. Un rapport d’Amnesty International fait état de plus de 1 200 habitations brûlées, de viols collectifs et de l’incarcération de plusieurs centaines d’hommes. Six au moins sont morts en détention, ce qui fait craindre l’usage de torture en prison selon l’ONG.

Depuis quelques semaines, les pressions se sont multipliées à l’encontre d’Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix 1991, et de son gouvernement jugé passif, voire « irréfléchi et insensible » selon le commissaire aux droits de l’Homme des Nations unies, Zeid Ra’ad Al Hussein.

Aung San Suu Kyi pointée du doigt

Début décembre, la Malaisie et l’Indonésie, partenaires économiques de la Birmanie au sein de l’Association des pays d’Asie du Sud-Est (ASEAN), avaient pris part aux critiques, qualifiant les actions de l’armée birmane de « génocide ».

Ces deux pays, dont la population est majoritairement musulmane, reçoivent sur leur sol de nombreux membres en fuite de la communauté Rohingya. Ces accusations avaient toujours été réfutées par les autorités birmanes, dont Aung San Suu Kyi, sur qui se concentre l’essentiel des critiques de la communauté internationale.

Les violences commises contre les Rohingyas ne sont pas récentes. Alors que cette communauté s’était vue octroyer la nationalité birmane en 1948, la junte militaire qui a pris le pouvoir dans les années 1960 en a ensuite fait des apatrides, au nom d’une politique de « birmanisation » et de rejet des minorités ethniques.

Représentant 5 % de la population birmane, les Rohingyas n’ont pas accès au marché de l’emploi, ni aux soins hospitaliers. Ils sont victimes de violences depuis les affrontements interethniques de 2012 qui les ont opposés aux nationalistes bouddhistes.

La Croix du 02.01.2017

En Birmanie, une reconnaissance en demi-teinte des violences envers les Rohingyas

Tout en reconnaissant les violences commises par les militaires sur la minorité musulmane des Rohingyas, une commission mise en place par le gouvernement d’Aung San Suu Kyi nie l’existence d’un génocide en cours.

Mercredi 4 janvier, la commission gouvernementale chargée d’enquêter sur les troubles dans le nord-ouest de la Birmanie a nié qu’un génocide était en cours contre les musulmans rohingyas. Elle a notamment affirmé que la présence de mosquées dans le pays « prouve qu’il n’y a pas eu de cas de génocide ni de persécution religieuse ».

Cette annonce survient deux jours après celle de l’ouverture d’une enquête sur les exactions commises par l’armée birmane sur la communauté rohingya. La diffusion d’une vidéo montrant des militaires frapper avec violence des hommes de la minorité musulmane de Birmanie, avait poussé le gouvernement birman à réagir pour la première fois sur ce dossier. Très critiquée pour son inaction, Aung San Suu Kyi, prix Nobel 1991, a affirmé que quatre coupables identifiés par la vidéo avaient été arrêtés.

Incendies volontaires et viols collectifs

Depuis octobre 2016, l’armée s’est lancée dans une campagne punitive dans le nord-ouest de la Birmanie en représailles à une attaque de postes frontières qui a causé la mort de neuf policiers. Ces dernières semaines, 50 000 personnes ont fui l’État d’Arakan, où se concentre l’essentiel des ressortissants de cette ethnie apatride musulmane, et qui est interdite d’accès aux journalistes.

Réfugiés au Bangladesh, de nombreux Rohingyas ont fait le récit de violences commises par l’armée contre des villages entiers. Un rapport d’Amnesty International fait état de plus de 1 200 habitations brûlées, de viols collectifs et de l’incarcération de plusieurs centaines d’hommes. Six au moins sont morts en détention, ce qui fait craindre l’usage de torture en prison selon l’ONG.

Une population marginalisée depuis longtemps

Depuis quelques semaines, les pressions se sont multipliées à l’encontre d’Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix 1991. Son gouvernement est jugé passif, voire « irréfléchi et insensible » selon le commissaire aux droits de l’Homme des Nations unies, Zeid Ra’ad Al Hussein.

Début décembre, la Malaisie et l’Indonésie, partenaires économiques de la Birmanie au sein de l’Association des pays d’Asie du Sud-Est (ASEAN), avaient pris part aux critiques, qualifiant les actions de l’armée birmane de « génocide ». Ces deux pays, dont la population est majoritairement musulmane, reçoivent sur leur sol de nombreux membres en fuite de la communauté rohingya. Ces accusations avaient toujours été réfutées par les autorités birmanes.

Les violences commises contre les Rohingyas ne sont pas récentes. Alors que cette communauté s’était vue octroyer la nationalité birmane en 1948, la junte militaire qui prit le pouvoir dans les années 1960, en a ensuite fait des apatrides, au nom d’une politique de « birmanisation » et de rejet des minorités ethniques.

Représentant 5 % de la population birmane, les Rohingyas n’ont pas accès au marché de l’emploi, ni aux soins hospitaliers. Ils sont victimes de violences depuis les affrontements interethniques de 2012 qui les ont opposés aux nationalistes bouddhistes.

La Croix du 05.01.2017



 

 

 

 

BOKO HARAM


Attentat par deux fillettes kamikazes : au moins un mort

Hier matin, deux fillettes se sont fait exploser sur un marché très fréquenté de Maiduguri, dans le nord-est du Nigeria, faisant au moins un mort et 18 blessés. L’âge des kamikazes a été estimé à 7 ou 8 ans par les autorités. Les fillettes sont descendues d’un pousse-pousse, l’une d’elle s’est dirigée vers des vendeurs de volailles et a déclenché sa ceinture d’explosifs. La seconde s’est fait exploser alors que des vendeurs du marché apportaient de l’aide aux blessés. L’attentat n’a pas été revendiqué, mais le procédé utilisé est celui du groupe djihadiste nigérian Boko Haram.

Le Bien Public du 12.12.2016



 

 

 

 

CHINE


Les représentants de l’Église officielle de Chine se réunissent

Cette réunion, la première du genre depuis 6 ans, devrait permettre d’« avancer l’intégration des activités catholiques au sein de la société et de la culture chinoises » d’après le ministère chinois des Affaires étrangères.

L’Église catholique officielle de Chine organise cette semaine sa première réunion depuis six ans, une assemblée scrutée de très près par le Saint-Siège en plein processus de rapprochement avec la Chine, a annoncé Pékin lundi 26 décembre.

La IXe Assemblée des représentants catholiques se déroulera de mardi 27 à jeudi 29 décembre à Pékin, a déclaré lors d’un point de presse la porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, Hua Chunying. « Nous pensons que cette assemblée peut faire avancer l’intégration des activités catholiques au sein de la société et de la culture chinoises », a-t-elle commenté.

Le Vatican et la Chine, qui n’entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 1951, négocient actuellement un rapprochement historique. La douzaine de millions de catholiques chinois est divisée entre une « Association patriotique », dont le clergé est choisi par le Parti communiste, et une Église non officielle, dont les évêques nommés par Rome sont tolérés mais pas reconnus par Pékin.

Aux termes d’un accord en préparation, le pape reconnaîtrait quatre évêques de l’Association patriotique sur les huit qu’il refusait de consacrer jusqu’à présent. Le rapprochement ne devrait pas s’accompagner d’un rétablissement des relations diplomatiques, même si le pape François rêve de se rendre un jour en Chine.

Le Saint-Siège attentif

Lors de la précédente assemblée des représentants catholiques en 2010, des évêques nommés par Rome mais non reconnus par le régime communiste avaient été physiquement contraints d’y participer alors que le Vatican leur avait interdit, rapporte l’agence de presse Églises d’Asie, rappelant que le Saint-Siège avait alors condamné cet acte hostile.

Six ans plus tard, le ton a changé. « En ce qui concerne l’Assemblée des représentants catholiques, le Saint-Siège attend de juger sur la base de faits avérés », a écrit avant Noël dans un communiqué le porte-parole du Saint-Siège, Greg Burke. « Il est certain que tous les catholiques en Chine attendent avec impatience des signaux positifs, qui puissent les aider à avoir confiance dans le dialogue entre les autorités civiles et le Saint-Siège et à espérer en un avenir d’unité et d’harmonie », a-t-il ajouté. Ce qui signifie que le Vatican n’interdit pas à ses évêques d’y participer, relève le vaticaniste proche du pape Andrea Tornielli sur son blog « Vatican Insider ».

La Croix du 26.12.2016

Pékin veut une Église catholique « indépendante » de Rome

Plus de 350 délégués de l’Église catholique officielle chinoise se sont réunis à Pékin du 27 au 29 décembre, sous la direction de responsables gouvernementaux.

En quoi a consisté la réunion de Pékin ?

La « IXe Assemblée nationale des représentants catholiques » a réuni du 27 au 29 décembre à Pékin 365 délégués de l’Église officielle chinoise, dont 59 évêques, à l’appel de « Front uni », l’instance gouvernementale qui veille sur les religions reconnues en Chine. Ils avaient pour tâche de désigner les dirigeants de l’Association patriotique des catholiques chinois et de l’épiscopat « officiel » chinois, réuni en un « Conseil des évêques catholiques de Chine » qui n’est pas reconnu par le Vatican.

Cette réunion est bien « une institution voulue et dirigée par le gouvernement chinois », analyse Églises d’Asie, l’agence de presse des Missions étrangères à Paris. Sur les huit évêques ordonnés sans l’aval de Rome, six figurent désormais parmi les instances dirigeantes du Conseil des évêques et de l’Association patriotique.

Quel message Pékin cherche-t-il à délivrer ?

Les catholiques doivent « mieux s’intégrer dans la société », « combiner le patriotisme à leur ferveur pour l’Église », et « s’unir pour contribuer à la construction du socialisme à caractéristiques chinoises », a martelé au cours de cette réunion Yu Zhengsheng, haut responsable du régime communiste et président du « Comité national de la Conférence politique consultative du peuple chinois » (CPCPC), cité par l’agence officielle Chine nouvelle. L’Église chinoise « doit adhérer au principe de l’administration autonome, s’occuper elle-même des affaires religieuses de façon indépendante et pousser les fidèles à adhérer au processus de "sinisation" de la religion », a-t-il ajouté.

« Derrière ces deux notions d’indépendance et de sinisation se trouve l’idée qui est à la base de la politique religieuse du Parti communiste, à savoir que les religions en Chine n’ont droit de cité que si elles sont autonomes par rapport à toute puissance étrangère », explique Églises d’Asie. La Chine « espère que le Vatican pourra adopter une approche plus flexible et pragmatique afin de créer les conditions favorables à une amélioration de nos relations, au travers d’actions concrètes », a insisté cette semaine Wang Zuo’an, responsable du gouvernement pour les cultes, appelant à « un dialogue constructif » avec Rome.

Comment le Vatican réagit-il ?

Le Vatican n’avait pas, dimanche, officiellement réagi à ces déclarations. Mais dans une déclaration rendue publique 10 jours plus tôt sur la situation de l’Église catholique en Chine, le Saint-Siège avait souligné que « tous les catholiques en Chine attendent avec impatience des signaux positifs ».

Le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, Greg Burke, avait dit attendre les déclarations de la IXe assemblée nationale des catholiques chinois, témoignant ainsi de la bonne volonté du Saint-Siège. « Le Saint-Siège attend de juger sur des faits prouvés », avait-il souligné.

Où en sont les relations diplomatiques entre Pékin et le Vatican ?

Les nouvelles déclarations de Pékin viennent clairement contrecarrer les tentatives de rapprochement multipliées par le Vatican ces derniers mois.

Officiellement, le Vatican et la Chine n’entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 1951. Depuis son élection, le pape François a multiplié les gestes envers la Chine, en faisant l’une des priorités diplomatiques de son pontificat. Depuis janvier 2016, des émissaires de Pékin et du Vatican se sont rencontrés à au moins quatre reprises pour tenter de s’entendre sur l’épineuse question des nominations d’évêques. Selon le Wall Street Journal, une proposition d’accord aurait même été soumise au pape à son retour de Suède, début novembre, prévoyant l’approbation par Rome de huit évêques de l’Église officielle non encore reconnus par Rome.

Début décembre ont émergé de nouvelles crispations après la participation, imposée par le régime communiste, de Mgr Lei Shiyin à deux ordinations épiscopales approuvées par Rome. Or, Mgr Lei Shiyin est un évêque « officiel » illégitime ordonné en 2011 sans autorisation du pape, et donc théoriquement excommunié.

La Croix du 01.01.2017



 

 

 

 

CHOI GATE


Les évêques de Corée du Sud demandent la démission de la présidente

Les évêques sud-coréens ont appelé la présidente du pays Park Geun-Hye à démissionner, dans un texte publié samedi 7 janvier, alors que des centaines de milliers de personnes ont manifesté le même jour pour demander son départ.
Le 9 décembre, le Parlement sud-coréen votait la destitution de la présidente du pays, Park Geun-Hye. Cette décision doit encore être validée par la Cour constitutionnelle, qui a 180 jours à partir du vote parlementaire pour statuer. Au cœur d’un scandale où se mêlent abus de pouvoir, manquement à ses devoirs, violation de la liberté de la presse et corruption, Park Geun-Hye, depuis la décision du parlement, refuse de se présenter aux audiences de son procès, tout en clamant son innocence.
Un mouvement populaire d’une ampleur sans précédent, avec des manifestations rassemblant plusieurs centaines de milliers de personnes, a largement influencé la décision des parlementaires et se poursuit jusqu’à aujourd’hui. C’est justement à l’occasion d’un rassemblement de 800 000 personnes à Séoul, la capitale, samedi 7 janvier, que les évêques sud-coréens ont publié un texte demandant à leur tour le départ de Park Geun-Hye. Celle-ci, âgée de 61 ans et première femme présidente, à la tête du pays depuis 2013, est catholique elle-même.
Dans ce texte intitulé « La justice coule comme un torrent pérenne », les évêques expliquent vouloir « protéger et développer la démocratie de manière pacifique et mûre ». Ils expliquent que leur prise de position est le fruit d’un « discernement visant à interpréter les signes des temps dans une attitude prophétique ». « Nous désirons que la paix et la justice coulent comme un fleuve et nous prions pour que Dieu bénisse » la Corée, qui connaît une phase de crise et de grande tension politique et sociale, expliquent-ils.
Une présidente formée dans des écoles catholiques
Appelant explicitement à la démission de Park Geun-Hye, les évêques expriment également leurs regrets liés au parcours personnel de la présidente, formée dans des écoles catholiques et passée par une université jésuite. « Il faut former les consciences plus attentivement », reconnaissent les évêques, qui promettent de lancer un parcours de formation dans tout le pays centré sur la doctrine sociale de l’Église pour « assurer le passage de l’Évangile à la vie et de la vie à l’Évangile ».
Lors des manifestations à Séoul, on avait vu une implication croissante des catholiques qui représentent 12 % de la population. Des prêtres, des religieuses et des paroissiens étaient descendus dans la rue invoquant les principes de justice et de défense du bien commun.
Malgré les absences aux deux dernières audiences de la présidente, le procès de cette affaire de trafic d’influence doit se poursuivre, mardi 10 janvier, avec l’audition de Choi Soon-sil, sa conseillère occulte également au centre du scandale.

La Croix du 09.01.2017



 

 

 

 

CHRISTIANOPHOBIE


Le Saint-Siège souligne l’augmentation des actes antichrétiens en Europe

L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe a organisé mercredi 14 décembre une conférence sur la lutte contre l’intolérance et la discrimination, au cours de laquelle le représentant permanent du Saint-Siège auprès de cette organisation a évoqué les actes antichrétiens.
Mgr Janusz Urbanczyk, représentant permanent du Saint-Siège auprès de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), est intervenu au sujet de la lutte contre l’intolérance et la discrimination à l’égard des chrétiens, mercredi 14 décembre, au cours de la conférence qui s’est tenue à Vienne (Autriche) sur la lutte contre l’intolérance et la discrimination.
L’éducation à la « culture de la rencontre », la promotion d’un climat de meilleure confiance envers les religions, la reconnaissance qu’« avec leurs valeurs et traditions », elles puissent contribuer « de façon significative » au développement de la société. Ce sont les clés pour prévenir l’intolérance et la discrimination antichrétiennes en Europe, et donc garantir la sécurité dans le continent, tel était le fil conducteur de l’intervention de Mgr Urbanczyk, rapporte Radio Vatican. L’OSCE, qui s’occupe de la protection des droits humains et de la démocratie, avait organisé cette conférence.
Des phénomènes souvent sous-évalués
Dans sa première intervention, le représentant du Saint-Siège a rappelé que si, heureusement, l’on n’assiste pas en Europe aux brutales persécutions subies aujourd’hui par tant de chrétiens dans d’autres parties du monde, on remarque une augmentation des manifestations d’intolérance, des crimes de haine et des épisodes de vandalisme à leur encontre, ainsi que les offenses et les insultes à cause de leurs convictions. Des phénomènes qui sont souvent sous-évalués, notamment, selon lui, par les médias. Est tout aussi préoccupante l’agressivité de certaines campagnes de dénigrement contre les chrétiens, taxés de bigoterie et d’intolérance parce que leurs opinions ne sont pas en ligne avec les idéologies aujourd’hui en vogue. Contre ces phénomènes, le Saint-Siège demande des « mesures législatives adéquates » et des déclarations officielles analogues à celle adoptée en 2004 par le Conseil ministériel de l’OSCE sur la lutte contre l’antisémitisme.
Pour contrer la discrimination et l’intolérance, a souligné Mgr Urbanczyk, il faut intervenir surtout sur l’éducation. « Le Saint-Siège, a-t-il affirmé, est fermement convaincu que l’éducation est un instrument important pour construire des ponts de paix et de stabilité, et pour faire de nos jeunes des constructeurs de paix et des promoteurs d’une authentique tolérance ». La promotion du dialogue interreligieux, et plus largement d’un dialogue respectueux dans le débat public, est indispensable pour faire progresser cet état d’esprit.
Dans sa dernière intervention, le représentant du Saint-Siège a insisté encore sur l’importance du dialogue, de la compréhension et de la confiance réciproque, et sur la reconnaissance par les États européens de la contribution des religions au développement de la société. Il a donc invité les gouvernements, les croyants des diverses religions et de tous les acteurs sociaux à unir leur voix en défense de la tolérance et à redécouvrir la « culture de la rencontre » invoquée par le pape François.

La Croix du 16.12.2016

Le Bien Public du 11.01.2017

Les persécutions antichrétiennes progressent dans le monde, selon une ONG

Pour la quatrième année consécutive, les persécutions antichrétiennes ont augmenté dans le monde, selon l’index 2017 publié mercredi 11 janvier par l’ONG chrétienne « Portes ouvertes ».

Si la Corée du Nord, qui détient cette place depuis seize ans, se maintient à la tête du classement des pays où les chrétiens subissent le plus de persécutions, la Somalie, l’Afghanistan, le Pakistan et le Soudan semblent la talonner de manière de plus en plus appuyée. Suivent la Syrie, l’Irak, l’Irak, le Yémen ou encore l’Érythrée.

C’est ce qu’indique l’index mondial de persécution des chrétiens 2017, diffusé comme chaque année par « Portes ouvertes », ONG internationale chrétienne évangélique en faveur des chrétiens persécutés. Dans le monde, ce sont 215 millions de chrétiens qui vivraient la persécution, soit presque un chrétien sur douze. L’une des principales causes, relève les responsables de l’organisation, demeure l’islam radical, même si elle n’est pas l’unique.

Selon ce document (dont les chiffres concernent la période allant du 1er novembre 2015 au 31 octobre 2016), rendu public mercredi 11 janvier, les points de persécution révélés à travers un questionnaire portant sur différents aspects (violences physiques, restrictions concernant la vie familiale, discriminations…) ont progressé de 1,7 % au total.

Moins de chrétiens tués

Pourtant, on dénombre six fois moins de chrétiens tués que l’année précédente (948 en 2016 contre plus de 5 700 en 2015). Selon l’organisation, cela s’explique notamment par le recul de certains groupes extrémistes (comme Boko Haram au Nigeria, où le nombre de chrétiens tués reste toutefois le plus élevé au monde) et le départ ou la mort de très nombreux chrétiens originaires de pays où de graves crises ont eu lieu sur la période précédente (en Irak par exemple).

Quoique militante et à la sensibilité confessionnelle affirmée, cette organisation livre chaque année un rapport qui fait de plus en plus référence en matière de persécution des chrétiens. « Portes ouvertes », marquée par une communication à l’anglo-saxonne, dispose en effet de très nombreux relais sur le terrain. Les experts estiment que les chiffres donnés se situent dans des fourchettes acceptables et confirmées par la plupart des observateurs.

L’Asie rattrape l’Afrique et le Moyen-Orient

Parmi les enseignements de l’index 2017, on constate notamment que l’Asie pourrait bientôt rattraper le Moyen-Orient et l’Afrique en termes de persécutions. Lors de la présentation de ces chiffres à la presse, à la veille de leur publication, Michel Varton, directeur de « Porte Ouvertes France », a souligné qu’en Asie du Sud-Est, la situation des chrétiens connaissait une « dégradation en raison de plusieurs facteurs : la montée de l’islam extrémiste, le nationalisme religieux, le communisme ».

Selon l’ONG, le rejet des minorités, notamment en Asie, est le fruit des replis dans un contexte troublé par les inégalités, la mondialisation, l’immigration et le ralentissement de la croissance. La poussée de l’hindouisme, particulièrement marquée en Inde, s’inscrit ainsi dans une vague de nationalismes religieux. Les autres pays du continent où les persécutions ont considérablement augmenté sont le Bangladesh, le Laos ou encore le Vietnam.

À l’occasion de cette conférence de presse, un regard particulier a été porté sur l’Iran, grâce à la présence de Mansour Borji, Iranien, pasteur à Londres et engagé au sein de l’association « Iranian christians for religious freedom ». La République islamique, qui se trouve au 8e rang de l’index, se trouve parmi les pays les plus restrictifs concernant les minorités, même si elle tolère par exemple les chrétiens assyriens sur son sol, en tant que minorité historique. La conversion et le prosélytisme sont en revanche formellement interdits. Les persécutions concernent donc avant tout les chrétiens des Églises protestantes. Pour Mansour Borji, en dépit d’un discours officiel d’ouverture, depuis l’accord sur le nucléaire, en 2015, « la situation des droits de l’homme a empiré » dans le pays.

La Croix du 11.01.2017





 

 

 

 

COLONIA DIGNIDAD


A lire




 

 

 

 

COMPLOTISME


Apocalypse : non, la planète X ne foncera pas sur la Terre en 2017

Certains sites conspirationnistes prévoient - encore - la fin du monde pour octobre 2017, avançant qu'une mystérieuse planète détruira alors la Terre. Quelques clés pour se rassurer.
C'est un serpent de mer : la planète X, objet céleste censé provoquer la fin du monde, refait périodiquement surface. En 2012, elle était associée à l'apocalypse Maya, à laquelle nous semblons bien avoir échappé. Naturellement, à chaque échec d'une prédiction, ceux qui propagent ces théories les remettent au goût du jour pour une date ultérieure.
Aujourd'hui, certains sites conspirationnistes prévoient la catastrophe pour 2017 - d'aucuns plus précisément pour octobre -, dans un beau mélange de genres qui met dans le même sac étoiles, planètes et comètes. En revanche, des scientifiques (des vrais) recherchent bien une planète aux confins du système solaire. Explications.
La "planète 9", découverte imminente ?
Si l'on a découvert Neptune, c'est grâce aux calculs du mathématicien français Urbain le Verrier, qui avait noté des perturbations dans l'orbite d'Uranus qu'il expliquait par la présence d'une autre planète géante dans les environs.
Et c'est aujourd'hui le même raisonnement qui a conduit deux astronomes de Caltech (USA) à prédire l'an dernier l'existence de la "planète 9". Selon Mike Brown et Konstantin Batygin, les orbites de plusieurs corps célestes situés au-delà de Pluton seraient influencées par une planète plus de 10 fois plus massive que la Terre. C'est cette Planète 9 qu'ils cherchent désormais à repérer visuellement.
Planète 9, planète X, Nibiru, quelle est la différence ?
L'appellation de Planète X ne date pas d'aujourd'hui. On l'utilisait déjà pour rechercher la neuvième planète du système solaire après la découverte de Neptune (en 1846). C'est d'ailleurs cette quête d'une planète située au-delà de l'orbite de Neptune qui a amené la découverte de Pluton en 1930. Si la planète X définie au début du 20e siècle n'a pas été trouvée, la théorie de Brown et Batygin laisse espérer une "neuvième planète" et non pas une dixième, vu que l'union astronomique internationale a depuis pris la décision (contestée) de rétrograder Pluton au rang de planète naine.
Quant à "Nibiru", (du nom d'une divinité sumérienne), c'est une appellation utilisée par les sites conspirationnistes pour désigner la fameuse planète mystère, bien que sous ce vocable se cachent des définitions diverses et qui ne correspondent pas à la réalité des observations. Ceux qui évoquent "Nibiru" mélangent allègrement et sans grande cohérence des morceaux d'éléments scientifiques en les assaisonnant souvent d'une sauce vaguement religieuse et pseudo-historique.
La planète 9 peut-elle menacer la Terre ?
La planète 9 est loin, très loin : elle se situerait 20 fois plus loin du Soleil que Neptune, et si elle perturbe en effet quelques planètes naines et autres objets lointains, elle ne fonce pas pour autant vers la Terre. Elle aurait cependant pu avoir une influence notable dans un lointain passé : selon une étude récente, la forte inclinaison de l'orbite de cette - pour l'instant - hypothétique planète 9 pourrait expliquer que le plan des orbites des autres planètes (dont la Terre) soit incliné de 6 degrés par rapport à l'axe de rotation du Soleil. Mais c'était il y a quelques milliards d'années...
Le danger des comètes... et des astéroïdes
Un autre danger attribué à la planète X par les conspirationnistes concerne les comètes, dont elle provoquerait une pluie mortelle sur la Terre. Il ne faut pas nier le danger représenté par les astéroïdes et les comètes, c'est d'ailleurs pour cela que les agences spatiales développent des programmes pour de meilleures détections des objets spatiaux potentiellement dangereux, et que l'ONU a désigné en décembre la date du 30 juin comme journée internationale des astéroïdes.
Une comète peut toujours se rapprocher d'une planète, comme on l'a vu avec Siding Spring, qui a frôlé Mars fin 2014, ou Shoemaker-Levy, qui a plongé dans l'atmosphère de Jupiter en 1994. C'est d'ailleurs pour ces raisons qu'il faut continuer les efforts entrepris pour prévenir d'éventuelles collisions dans l'avenir. Mais à l'heure actuelle, aucun objet détecté ne présente de menaces potentielles avant un bon siècle.
Et si c'était une étoile ?
Dans leur continuelle quête de risques imaginaires, certains conspirationnistes ont mis en avant une nouvelle théorie : "Nibiru" ne serait plus seulement une planète, mais un système solaire entier, qui se dirigerait vers nous, annonçant bien sûr de nombreuses catastrophes dans la foulée. Là aussi, il y a une vérité scientifique (bien) cachée : les étoiles se déplacent, et certaines peuvent se rapprocher les unes des autres.
Une étoile passant suffisamment près du système solaire pourrait le perturber, notamment en délogeant certaines comètes du nuage d'Oort, un "réservoir à comètes" qui l'englobe à une très grande distance. Mais si quelques comètes se détachent de ce nuage pour plonger vers l'intérieur du système solaire, cela ne signifie pas qu'elles vont être sur une trajectoire de collision avec la Terre, d'autant plus que Jupiter pourrait les dévier avant qu'elles n'arrivent.
Si l'on en croit une étude publiée en février 2015, le dernier passage de ce genre serait celui de l'étoile de Scholz, un système double situé aujourd'hui à une vingtaine d'années-lumière de la Terre. En se rapprochant à 0,8 années-lumière du Soleil, l'étoile double aurait pu légèrement perturber l'extérieur du nuage d'Oort, mais aurait eu un impact négligeable sur les comètes de cette région. Et, surtout, le passage en question aurait eu lieu... il y a 70.000 ans.
Deux étoiles connues des astronomes pourraient passer dans notre voisinage. La première, Glièse 710, est aujourd'hui à 64 années-lumière de nous. Elle pourrait passer à 0,2 années-lumière de distance, et serait alors aussi lumineuse que Mars ou Jupiter vue de la Terre. Elle provoquerait alors probablement le déplacement de nombreuses comètes... La bonne nouvelle ? Cela se produirait dans environ 1,35 million d'années.
L'autre candidate à une approche est HIP 85805, qui se situerait actuellement à une vingtaine d'années-lumière. Selon certaines études, elle pourrait passer entre 0,15 et 0,65 années-lumière de nous, on ne sait pas exactement quand... mais ce serait dans une fourchette de 270.000 à 465.000 ans.
Une étoile, c'est (relativement) lent
Bien sûr, les conspirationnistes vous diront qu'il peut y avoir des étoiles que l'on n'a pas encore détectées, et qui fondraient sur nous subrepticement. S'il est toujours possible de découvrir des étoiles très faiblement lumineuses dans notre voisinage immédiat, elles se situeraient cependant à une distance respectable.
Même si l'on détectait aujourd'hui une étoile se trouvant aussi près que Proxima du Centaure (l'étoile la plus proche de nous), à 4,25 années-lumière, et qui se dirigerait vers nous, la rencontre potentielle ne se produirait pas avant quelques milliers d'années. Car même si la vitesse d'une étoile comme le Soleil est importante à l'échelle humaine (le Soleil tourne autour du centre galactique à 240 km/s), il lui faudrait pas loin de 5.000 ans pour parcourir quatre années-lumière. De quoi nous laisser le temps de souffler. Pour 2017, il y a bien plus de raisons de s'inquiéter du possible résultat de la présidentielle à venir que d'une sombre menace venue des confins du système solaire...

http://tempsreel.nouvelobs.com/sciences/20170105.OBS3432/apocalypse-non-la-planete-x-ne-foncera-pas-sur-la-terre-en-2017.html
8 janvier 2017

La fin du monde en octobre, selon un conspirationniste

Un conspirationniste soutient qu’une étoile se dirige vers la Terre et va l’anéantir d’ici 10 mois
Avec le Nouvel An naissent souvent de nouvelles théories à propos de l'anéantissement de notre précieuse planète Terre. Si l'on se fie à l'auteur conspirationniste David Meade, il nous resterait environ 10 mois à vivre...
L'auteur en question est convaincu qu'une étoile, qu'il appelle «la jumelle du soleil» ou Planet X, se dirige tout droit sur la Terre.
En fait, ce serait l'une des énormes planètes en orbite autour de cette étoile qui détruirait la nôtre, lorsque les deux entreraient en contact en octobre, comme le rapporte Daily Mail.

Cette théorie circule depuis plus de 10 ans.
Nibiru, aussi connu sous le nom de «Destroyer», est une supposée planète indétectée aux abords de la Voie lactée. Des conspirationnistes croient que l'influence magnétique du système Planet X a affecté les orbites d'autres planètes il y a quelques centaines d'années.
Pour sa part, David Meade estime que Nibiru foncera dans la Terre en octobre, après avoir été attiré par l'étoile jumelle du soleil dont l'existence n'a jamais été prouvée.
Selon lui, «l'étoile est difficile à déceler en raison de l'angle avec lequel elle approche la planète bleue».

Sur son site web, planetxnews.com, Meade fait état de «preuves accablantes sur l'arrivée de Planet X en 2017». Cependant, ces propos ne semblent que des déclarations sans aucun fondement scientifique.
«Nous vivons sur une planète cataclysmique. [...] Plusieurs preuves démontrent que l'arrivée de l'étoile et de son système est imminente. Il y a plus de 40 volcans en action sur la planète. Les tremblements de terre ont augmenté de façon drastique, tant en nombre qu'en intensité. Les élitistes se construisent des caches souterraines à un rythme effréné. Les autorités n'informent pas le public pour éviter la panique générale. Les tempêtes se multiplient, tant leur genre, leur intensité et leur grosseur. Des trous et des fissures apparaissent dans la croûte terrestre. Les vagues de chaleur sont plus fortes et durent plus longtemps», écrit-il sur son site web.

On peut lire, tout au bas de l'article, que «les opinions exprimées dans ce texte sont celles de l'auteur seulement».
Les opinions...

Les critiques de son livre peu flatteuses

David Meade a rédigé le livre «Planet X: The 2017 Arrival», qui traite de cette théorie.
Or, les lecteurs affirment qu'après quelques pages de contenu scientifique, les arguments sont ensuite fortement influencés par les croyances religieuses de Meade.
Un critique littéraire souligne que Meade «attire les gens vers son livre en produisant du contenu scientifique et astronomique sur son site web, mais qu'après une douzaine de pages de son bouquin, le reste du livre fait état de visions et de rêves».
Il ajoute que le conspirationniste justifie ses propos en disant que «c'est ce que Dieu a dit dans la Bible».

Un constructeur de caches souterraines convaincu

Un entrepreneur du nom de Robert Vicino estime que cette théorie pourrait se concrétiser.
En entrevue au Daily Star, il se demande «pourquoi la Russie vient tout juste de faire un exercice avec 40 millions de personnes».
Il n'a aucun doute que la collision arrivera, et que ce sera «épique et tout droit sorti de la Bible».
Selon son site web, M. Vicino est lui-même un conspirationniste qui oeuvre dans le domaine de la construction de «bunkers».

La NASA dément
La NASA a auparavant affirmé que ces théories sont farfelues: «Nibiru et les autres théories à propos de planètes imprévisibles sont des théories erronées issues d'internet. Évidemment, elles ne sont pas réelles.»

Le Daily Mail ajoute que Nibiru était censée frapper la Terre en 2015, mais aussi en 2012 et en 2003.

Aux dernières nouvelles, nous sommes encore vivants et la Terre n'a toujours pas été démolie par une autre planète...

http://www.journaldequebec.com/2017/01/08/la-fin-du-monde-en-octobre-selon-un-conspirationniste
8 janvier 2017




 

 

 

 

EVANGELIQUES


Brésil : un maire remet les clés de sa ville "à Dieu"

Sitôt entré en fonction, un maire socialiste brésilien a déclenché une tempête de critiques en remettant par décret les clés de sa ville "à Dieu", avant de demander pardon.
Ce décret célestial a médusé les administrés de Guanambi. Tels les pains de l'Évangile, il s'est rapidement multiplié sur les réseaux sociaux, assorti d'un déluge de commentaires outrés, atterrés ou ironiques. Le procureur local a réclamé l'ouverture d'une procédure judiciaire pour faire annuler ce décret anticonstitutionnel.
"Moi, Jairo Magalhães, désigné par Dieu, élu par le vote populaire pour le mandat de 2017-2020, décrète la remise des clés de cette municipalité de Guanambi à Dieu", a proclamé le nouveau maire de cette ville de 85.000 habitants de l'Etat de Bahia (nord-est). "Je déclare que cette cité appartient à Dieu", ajoute cet élu du Parti socialiste brésilien (PSB, centre) dans le décret municipal "numéro 1" de son mandat, publié le 2 janvier au bulletin municipal.
Soulignant que sa "décision est irrévocable", il "abroge au nom de Dieu les pactes scellés avec tout autre divinité", avertit les "puissances qui gouvernent ce monde de ténèbres qu'elles en répondront devant le seigneur Jésus Christ de Nazareth" en personne...
Le décret par lequel le scandale est arrivé a d'autant plus surpris que l'élu n'avait nullement mis en avant ses convictions religieuses pendant la campagne électorale, selon les médias locaux. Débordé par la polémique, le maire de Guanambi a rétropédalé, "demandant pardon" à ceux qu'ils auraient offensés dans un communiqué. Il a juré qu'il n'avait "aucune intention de porter atteinte à la laïcité" et promis d'administrer sa ville "pour tous (...) et sans aucune distinction".
Les élections municipales d'octobre ont été marquées par une déroute historique de la gauche brésilienne au profit de partis de centre droit et de droite parcourus par de forts courants religieux. Pour la première fois, un évangélique, Marcelo Crivella, évêque de l'Église universelle du Royaume de Dieu (néo-pentecôtiste) a été élu maire de Rio de Janeiro.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/01/05/97001-20170105FILWWW00029-bresil-un-maire-remet-les-cles-de-sa-ville-a-dieu.php
05/01/2017

Au Brésil, un célèbre pasteur évangélique est poignardé dans son église

Une personne sans doute fragile psychologiquement a gravement blessé un pasteur lors d’un culte à Sao Paolo
Le pasteur évangélique Valdemiro Santiago, l’un des plus célèbres du Brésil, a été blessé dimanche 8 janvier à coups de couteau par un fidèle, en plein culte dans un temple de Sao Paulo, selon la police locale. Le pasteur, âgé de 53 ans a été amené à l´hôpital, où il a reçu 25 points de suture, mais il en est sorti quelques heures plus tard hors de danger.
L’agresseur, âgé de 20 ans, a été maîtrisé par des agents de sécurité après avoir poignardé Valdemiro Santiago à deux reprises dans le dos et une fois dans le cou, avec une longue lame, a précisé une source policière dimanche 8 janvier, peu après les faits.
« Nous n’aurions pas imaginé qu’une chose pareille puisse arriver dans un temple : voir l’apôtre (dénomination du pasteur Valdemiro au sein de sa congrégation) se tenant la gorge, avec du sang qui coule », a décrit à l’AFP le pasteur Jorge Pinheiro, qui était en train de prêcher au moment de l´agression.
L´incident a eu lieu lors du premier culte de la journée de l´Église mondiale du pouvoir de Dieu (IMPD). Au moment du rituel où les fidèles défilent devant le pasteur, « l’apôtre s´est gentiment baissé pour embrasser un jeune homme, qui a sorti le couteau et a commencé à le frapper à la gorge », a raconté Jorge Pinheiro.
La police n’a pas fourni de détails sur les motivations de l´agresseur, mais la presse locale parle d’une personne instable, qui aurait agi après avoir été « dérangé par des mots du pasteur » lors d’un précédent culte. Il aurait ainsi déclaré que le pasteur l’aurait regardé en disant : « Nous allons le crucifier ». Il avait dès lors passé cinq mois à planifier la mort du pasteur.
Pardon du pasteur
« Que Dieu bénisse et pardonne celui qui a fait ça », a réagi la victime dans une vidéo enregistrée pour rassurer ses fidèles.
Valdemiro Santiago est un ancien membre de l’influente Église Universelle du Règne de Dieu (IURD), mais a rompu en 1998 avec son fondateur, le controversé Edir Macedo.
Cet ancien employé de la loterie de l’État de Rio de Janeiro, qui se fait appeler « l’évêque Macedo », est aussi le propriétaire de la chaîne de télévision Record, la deuxième du Brésil derrière Globo. À la tête d’une Église de plusieurs millions de fidèles, Edir Macedo, avait été inculpé par le ministère public de Sao Paulo en 2011 pour blanchiment de millions de dollars obtenus des fidèles sur de fausses promesses d’aide spirituelle.
Sa congrégation dispose d’environ 4500 temples au Brésil et à l’étranger et la plupart des cultes auxquels il participe sont retransmis en direct à la télévision, comme celui lors duquel il a été agressé. Durant ces émissions, il revendique des miracles comme la guérison du cancer, ou des aveugles qui recouvrent la vue.
Au Brésil, un habitant sur quatre se revendique évangélique, des classes populaires aux élites. Le 1er janvier, Marcelo Crivella, évêque de l´IURD, a notamment pris ses fonctions de maire de Rio de Janeiro, devenant son premier édile évangélique.

La Croix du 10.01.2017

Six leaders religieux prieront à l’investiture de Donald Trump

Six responsables religieux américains, dont le cardinal Timothy Dolan, archevêque catholique de New York, le télévangéliste Franklin Graham et le prédicateur Wayne Jackson, adepte de la théologie de la prospérité, ont accepté de venir prier à la cérémonie du 20 janvier.
C’est la première fois, depuis 1989, qu’un président des États-Unis invite autant de représentants religieux à un tel événement. Six grandes figures du monde religieux américain se sont engagées à participer, le 20 janvier, au temps de prière associé à la très solennelle cérémonie d’investiture de Donald Trump, le candidat victorieux de l’élection présidentielle de novembre.
Le milliardaire républicain devrait donc prêter serment en présence du cardinal Timothy Dolan, archevêque catholique de New York, des célèbres prédicateurs Franklin Graham et Wayne Jackson, du pasteur Samuel Rodriguez, du rabbin Marvin Hier. Considérée comme la conseillère spirituelle du président élu, la pasteure Paula White, sera également présente. Tous sont invités à y lire une prière ou un texte, seule Paula White prononcera un discours.
« Demander à Dieu de guider le nouveau président »
Outre-Atlantique, cette liste de noms – dont beaucoup se sont ouvertement positionnés contre le mariage homosexuel – ne cesse d’alimenter les controverses. Pour y couper court, plusieurs leaders religieux ont choisi de réagir publiquement à l’invitation. C’est le cas du cardinal Timothy Dolan, qui s’est vu proposer de lire un passage de l’Évangile pendant la célébration, et qui, dans un communiqué, s’est dit « honoré » de participer à un tel événement, et « impatient de demander à Dieu d’inspirer et de guider le nouveau président ».
Les relations entre les deux hommes ont été particulièrement complexes ces derniers mois. Si l’archevêque avait salué, à l’issue du scrutin, la position de Donald Trump sur les questions de défense de la vie, il avait aussi dénoncé avec virulence les propos du milliardaire en matière d’immigration, et plus particulièrement son projet de « construire un mur à la frontière mexicaine ». Dans un entretien accordé vendredi 23 décembre à la chaîne Fox News, le cardinal a par ailleurs reconnu que le mandat de Donald Trump serait certainement ponctué de « tensions ».
Méfiance sur les questions migratoires
Le leader évangélique Samuel Rodriguez, président de la National Hispanic Christian Leadership Conference, s’est lui aussi montré très méfiant, pendant la campagne, concernant les projets de Donald Trump en matière d’immigration. Il a finalement accepté de s’associer à l’équipe de transition du 45e président des États-Unis en charge de ce sujet.
De son côté, le rabbin Marvin Hier – fondateur de l’organisation de défense des droits de l’homme Simon Wiesenthal et premier religieux juif invité à prendre la parole à une investiture depuis trois décennies –, avait vivement condamné, pendant la campagne, une autre promesse du milliardaire républicain : celle d’interdire temporairement à tous les musulmans d’entrer dans le pays. Malgré ce désaccord, il s’est réjoui de participer à la cérémonie du 20 janvier. « Cela sera un honneur pour moi d’y être », a-t-il répondu au comité d’investiture qui l’avait contacté en vue de sa participation.
Des présences moins surprenantes
La présence du révérend Franklin Graham, le fils de l’évangéliste Billy Graham – lui-même invité aux investitures de trois prédécesseurs de Donald Trump : Richard Nixon en 1969, George Bush en 1989 et Bill Clinton en 1993 et 1997 – est, quant à elle, beaucoup moins surprenante. Pendant la campagne, le leader chrétien a toujours défendu le candidat républicain, même lorsque celui-ci était embourbé dans les nombreux scandales qui ont marqué sa course électorale.
Après avoir organisé des rassemblements dans tout le pays pour inviter les fidèles à prier avant de choisir leur président, Franklin Graham avait aussi souligné avec ferveur « le rôle joué par Dieu » dans le résultat du scrutin. Quelques jours plus tard, enfin, il était apparu au côté de Donald Trump lors de sa tournée de remerciements aux électeurs.

Proximité avec la théologie de la prospérité
« Dans l’histoire américaine, la Journée de l’investiture est l’une des célébrations les plus sacrées et les plus importantes que nous ayons en tant que peuple », s’est réjouie, de son côté, la pasteure Paula White dans un communiqué. Seule femme invitée à la cérémonie, elle sera également la seule à y faire un discours. Un privilège en partie lié à l’aide qu’elle avait apporté, en juin, à Donald Trump dans l’organisation de sa réunion avec des centaines de leaders évangéliques.
Considérée comme la conseillère spirituelle du président, la pasteure Paula White, en charge d’un important centre évangélique en Floride, est loin de faire l’unanimité aux États-Unis. Si elle y est populaire, beaucoup de ses détracteurs lui reprochent ses liens avec la théologie de la prospérité. Ce mouvement, issu des courants pentecôtistes et qui met sur le même plan salut chrétien et richesse matérielle, fait régulièrement l’objet de nombreuses controverses dans le pays. Les chrétiens lui reprochent notamment d’instrumentaliser Dieu, en le plaçant au service de la prospérité du fidèle. En effet, selon ses partisans, le croyant doit croire que tout, y compris la richesse, lui a été déjà acquis par le Christ.
Pendant sa campagne, Donald Trump a plusieurs fois rappelé, par sa rhétorique, sa proximité avec cette théologie. Plus d’une fois, il a cité l’influence du ministre Norman Vincent Peale, dont le concept de « pensée positive » est proche de celui de l’évangile de la prospérité. Et comme de nombreux prédicateurs, Donald Trump a placé au cœur de son discours l’importance de sa fortune personnelle. En outre, le sixième grand leader religieux invité à sa cérémonie d’investiture est le pasteur Wayne Jackson, lui aussi adepte de cette théologie et installé à Détroit, dans le nord-est du pays.

La Croix du 30.12.2016

En France, les évangéliques consolident leur croissance

Les statistiques 2017 du Conseil national des églises évangéliques (Cnef) confirment la naissance d’une nouvelle Église tous les dix jours en France.
Dans les locaux de l’Église protestante évangélique de Chelles (Seine-et-Marne), louange durant le culte dominical. / Corinne SIMON/CIRIC
Selon une étude publiée mardi 3 janvier, les Églises évangéliques poursuivent et consolident leur croissance en France. Ainsi, d’après le document, élaboré par le pasteur Daniel Liechti, président de la Commission d’implantation d’Églises nouvelles du Conseil national des églises évangéliques (Cnef), leur nombre s’élève aujourd’hui à plus de 2 500, dont environ 2 200 en métropole. Depuis 1970, ce sont ainsi 1 750 Églises qui ont été implantées.
Les statistiques de 2017 signalent une nouvelle Église tous les 9,8 jours en France. En 2016, ce chiffre était de 10,2, soit environ une Église tous les dix jours sur deux ans. En moyenne, 35 nouvelles Églises sont ainsi créées par an. Cette donnée confirme une tendance « bien présente depuis une vingtaine d’années », estime Daniel Liechti. « D’ici deux ans, on sera peut-être en mesure de dire que ce rythme s’accélère même légèrement ».
Les résultats de cette étude déduisent les Églises qui ferment et représentent donc le « gain réel », précise le pasteur. Autre précision, l’enquête prend en compte uniquement les Églises évangéliques fédérées au Cnef, qui participent toutefois aussi à cette même tendance.
Augmentation des travaux de construction
Pour Thierry Le Gall, responsable de la communication du Cnef, le « fait majeur » qui émerge de l’étude est « l’augmentation des travaux de construction et d’agrandissement ». Les Églises ne se contentent plus d’utiliser des locaux existants mais construisent de plus en plus elles-mêmes, explique le pasteur, grâce « à davantage de moyens et d’expérience ».
C’est le cas notamment à Wasquehal (Nord), où l’église Lille Métropole va s’agrandir pour passer de 800 à 2 000 places, tandis que des projets sont également en cours à Créteil (Val-de-Marne), Redon (Ille-et-Vilaine) ou Alençon (Orne).
Ponctuellement, la question de la sécurité des lieux de culte évangéliques se pose. Comme les musulmans, ces groupes en pleine expansion ont parfois du mal à trouver des locaux et doivent accepter des lieux pas toujours aux normes. C’est néanmoins plutôt le cas des communautés ethniques, pas forcément rattachées au Cnef.
Selon les chiffres 2017 du Cnef, 650 000 pratiquants réguliers sont recensés en France, dont 500 000 en métropole, soit un tiers du protestantisme français en général, mais trois quarts des pratiquants réguliers. En 60 ans, le nombre de pratiquants réguliers chez les évangéliques a été multiplié par dix, rappelle l’étude.
De toutes les Églises locales membres d’une union d’Églises, 70 % sont affiliées au Cnef.

La Croix du 04.01.2017





 

 

 

 

EXTREME-DROITE


Correctionnelle pour Serge Ayoub et 17 personnes

Dix-huit personnes, dont le nationaliste Serge Ayoub, faisant partie du milieu de l’ultra-droite, seront jugées en correctionnelle fin mars à Amiens (Somme), notamment pour violences, séquestrations et reconstitution d’un groupe de combat. Membres du groupuscule WWK (White wolfs klan, clan des loups blancs) et anciens partisans de « Troisième voie », ils sont soupçonnés de plusieurs faits commis dans la Somme entre 2012 et 2015. « Troisième Voie », fondée par Serge Ayoub, a été dissoute en juillet 2013 par le gouvernement dans le sillage de la mort du militant d’extrême gauche Clément Méric en juin 2013, après une rixe à Paris où étaient impliqués certains de ses membres.

Le Bien Public du 30.12.2016

A lire

La Vie du 5 janvier 2017




 

A lire

 

“Identitaires“ : extraits du livre-manifeste d'Erwan Le Morhedec

Dans un essai percutant à paraître le 12 janvier (Identitaire, le mauvais génie du christianisme, au Cerf), le blogueur Erwan Le Morhedec dénonce l'influence des chrétiens identitaires qui veulent recomposer la droite de la droite. Extraits.
Catholiques et tentation identitaire : deux visions, un débat
Face à la crise migratoire
« Plus que l'émotion, chez certains, la crise migratoire a attisé une véritable panique identitaire, submergeant même l'angoisse déjà présente. Les voyages du pape à Lampedusa, ses supplications de commencer par pleurer les centaines d'hommes, femmes et enfants noyés au bord des côtes européennes bousculaient les Français et inquiétaient déjà les amateurs de la théorie du "grand remplacement" de Renaud Camus ou les adorateurs du Camp des saints de Jean Raspail, effrayés à l'idée que l'Europe se montre compatissante. Alors en ce mois de septembre 2015, l'arrivée massive de migrants a sonné la mobilisation. Les catholiques identitaires ont abandonné toute précaution, lâché leurs coups et acté leur divorce avec le pape François. En témoignent les propos de Robert Ménard, mais surtout nombre de posts Facebook, de billets et de tweets de la France identitaire. "J'étais étranger et tu m'as accueilli" est ignoré, balayé, récusé : le Christ ne pouvait vouloir dire cela, il y a nécessairement un contexte. Constater que des catholiques aient pu mêler leurs voix au torrent d'immondices qui s'est déversé en ligne, qu'ils aient pu consacrer toute leur énergie à écarter rageusement la compassion que de non-croyants étaient, eux, capables de démontrer m'a rempli d'une honte profonde, et d'une certaine douleur en y trouvant des proches. Voir des amis partager les billets fébriles de ces sites qui s'affichent catholiques – telle l'antichambre identitaire du Salon beige –, mais qui se sont employés à discréditer et salir le propre père de deux petits enfants noyés sur nos plages, à dénigrer ses motivations, le décrire comme un passeur, les voir encore publier depuis leurs profils en ligne – ornés du visage du Christ ou de l'icône de la Sainte Famille – les élucubrations funestes des plus virulents sites d'extrême droite affirmant, par principe, que le corps du petit Aylan aurait été déplacé m'a violemment confronté à la dérive d'un milieu catholique. »
Comment les « identitaires » veulent peser en politique
Pourquoi il faut se démarquer
« Il y a fort à craindre que les chrétiens se trouvent rapidement confrontés au noyautage de leurs événements par des militants d'extrême droite qui, tout en rejetant les fondamentaux même du christianisme, s'emploient à enrôler les chrétiens dans leur idéologie identitaire et entendent s'ériger en défenseurs de la chrétienté contre l'islam, en lieu et place de chrétiens aux valeurs décidément trop timorées. Je refuse de me trouver demain contraint d'expliquer l'évidence, de me "désolidariser" de ce que tout chrétien sincère rejette pourtant fondamentalement, d'être obligé d'expliquer que le christianisme est "une religion de paix", que ces actes violents "n'ont rien à voir" avec la foi chrétienne et de réclamer que l'on ne fasse "pas d'amalgames". Un tel scénario paraît impossible ? Pour un chrétien, aujourd'hui, probablement, mais l'inculture religieuse médiatique et populaire de notre société aura tôt fait de nous y conduire. Nous devons être clairs maintenant pour ne pas devoir, demain, expliquer l'inconcevable. »
La France est-elle chrétienne ?
« On peut s'étonner qu'un milieu qui juge habituellement que la France est en déclin, soumise à la gauche – la "gauche tarée", selon le hashtag qui ponctue nombre de ses tweets –, au "lobby LGBT" et à la franc-maçonnerie puisse affirmer dans le même temps que cette France est chrétienne. Regardons même, simplement, autour de nous : est-il donc vraiment manifeste, dans ses débats, ses positions, sa culture contemporaine, que la France soit chrétienne ? À la vérité, cette affirmation ne tient que par référence à une France fictive, théorique, entité séparée des Français, susceptible de rester chrétienne quelles que soient l'évolution effective du pays et la politique menée. Et c'est bien cette fiction, ce fantasme sécurisant que revendique Alain Escada lorsqu'il se prévaut de la "France véritable". Affirmer que la "France véritable" serait chrétienne suppose acquises deux vues de l'esprit : qu'un pays en lui-même puisse être chrétien, ce qui paraît aussi faux d'un point de vue spirituel que culturel, et qu'il existe une "France véritable" à laquelle il serait possible de se référer. Il n'est guère nécessaire de tirer le raisonnement trop loin pour comprendre qu'il remet en cause la légitimité même de ceux qui ne correspondraient pas à cette vision d'une France chrétienne. Il n'y a dès lors qu'un pas à faire pour quitter l'implicite : considérer qu'ils sont "traîtres à la France", ou ne sont pas de vrais Français. Dans cette conception, la France se trouve assignée à une identité figée, insusceptible d'évoluer : quoi qu'elle fasse, la France véritable est chrétienne. Cela va donc jusqu'à la possibilité pour la France d'être encore chrétienne quand bien même sa culture, sa législation, ses habitants auraient cessé de l'être. Soit dit en passant, à quoi servons-nous donc – et à quoi servent-ils, eux ? – si la France véritable, quoi qu'on dise, quoi qu'on fasse, est et reste invariablement chrétienne ? Eux qui clament que le Christ est vainqueur et la France de toujours, chrétienne, pourquoi se montrent-ils alors si fébriles et vindicatifs ? Autre interrogation : à qui nous adressons-nous, à quel monde parlons-nous, lorsque nous vivons dans la conviction que la France véritable – pas celle que nous avons pourtant sous les yeux – est chrétienne ? Quelle pertinence peut avoir notre évangélisation, quel sens peuvent avoir nos déclarations, portées sur un tel mirage ? Le seul pays réel, la seule France véritable, est la France présente, qui s'anime et s'incarne sous nos yeux, y compris dans ses composantes hostiles. »
Un universalisme français
« Comment ne pas voir que l'invocation de l'identité se fait plus pressante quand le présent se dérobe et qu'a disparu la confiance en l'avenir ? Mais comment imaginer que l'on puisse trouver une issue en se donnant le passé pour horizon ? Si toutefois on se résout à se référer aux leçons du passé, c'est à l'inspiration de notre pays de 1946 en refondation qu'il faudra se reporter. Plutôt que de regretter l'oubli de toute référence à son identité, il faudra puiser aux sources de cet esprit français. Car il n'est pas moins marquant que notre pays puise une identité profonde dans une vision à la fois unitaire, unificatrice et universelle du pays. La France est une et indivisible, elle garantit les mêmes droits à tous sans distinction, droits qu'elle considère même attachés à tous, et pas exclusivement aux citoyens français, et c'est cela qu'elle choisit de mettre en avant dans son texte fondamental. Voilà peut-être ce à quoi porte atteinte le réflexe identitaire, du seul point de vue politique : finalement, au génie et à l'élan de notre pays. Parce qu'il fracture et fragmente une France qui se veut une et indivisible. Parce qu'il racornit une France qui, elle, aspire à l'universel sous l'influence conjointe, quoique parfois concurrente, du christianisme et des Lumières. Et ce réflexe politique identitaire s'accompagne d'un rapt auquel nous devons nous soustraire et que nous devons dénoncer et combattre : l'accaparement et la récupération du christianisme à des fins étrangères. In fine, sa trahison et sa subversion. »

La Vie du 5 janvier 2017


Norvège- Nouveau salut nazi provocateur de Breivik devant les juges

La justice se penche sur l’appel déposé par l’Etat norvégien après sa condamnation inattendue pour traitement « inhumain » envers le néo-nazi Anders Behring Breivik, auteur de la tuerie qui a fait 77 morts en 2011.
Le nouveau un salut nazi provocateur d'Anders Behring Breivik, qui s'est attiré un rappel à l’ordre des juges.
L’extrémiste de droite norvégien Anders Behring Breivik, auteur d’une tuerie qui a fait 77 morts en 2011, a fait un nouveau salut nazi provocateur ce mardi au premier jour du procès en appel visant à déterminer si ses conditions de détention enfreignent les droits de l’homme.
L'Etat condamné en première instance
Dans une décision qui avait provoqué la stupeur, notamment parmi les proches des victimes, l’État norvégien a été condamné en première instance en avril 2016 pour traitement « inhumain » et « dégradant » de Breivik en violation de l’article 3 de la Convention européenne des Droits de l’Homme. Il a fait appel.
En prison, l’extrémiste âgé de 37 ans dispose de conditions confortables avec trois cellules où il peut regarder la télévision, jouer aux jeux vidéo ou encore utiliser des appareils de musculation.
La juge avait cependant pointé son isolement prolongé - il est détenu à l’écart des autres prisonniers depuis cinq ans et demi pour des raisons de sécurité - et l’insuffisance des mesures mises en place pour compenser ce régime sévère.
77 morts le 22 juillet 2011
Le 22 juillet 2011, Breivik avait traqué pendant plus d’une heure les participants d’un camp d’été de la Jeunesse travailliste piégés sur l’île d’Utøya, abattant 69 d’entre eux, pour la plupart adolescents. Un peu plus tôt, il avait tué huit autres personnes en faisant exploser une bombe près du siège du gouvernement à Oslo.
Un geste "blessant"
Au premier jour de l’examen de l’appel dans le gymnase de la prison de Skien (sud) où il est détenu, l’extrémiste, coutumier des provocations, a adressé un salut nazi à la presse, un geste blessant pour les familles des victimes, qu’il avait déjà effectué en première instance.
Comme dans le passé, cela lui a immédiatement valu les remontrances du tribunal. « C’est un comportement insultant à l’égard de la dignité de la Cour et perturbant pour ce que l’on doit examiner ici », a déclaré le juge Øystein Hermansen chargé de conduire les débats pendant les six jours de procédure.
En costume sombre, le crâne rasé et la barbe touffue, Breivik s’est engagé d’une voix quasi inaudible à ne pas reproduire son geste.

Le verdict est attendu en février.

Le Progrès / janvier 2017

Cinq ans après la tuerie d’Utoya, l’extrémiste Breivik continue de hanter la Norvège

La justice se penche ce mardi sur l’appel déposé par l’Etat norvégien après sa condamnation inattendue pour traitement « inhumain » envers le néo-nazi.
Pour l’Etat de droit norvégien, le procès en appel, qui s’ouvre mardi 10 janvier, à la prison de Skien, au sud d’Oslo, est une nouvelle mise à l’épreuve. Le 20 avril 2016, en première instance, il avait été condamné pour le « traitement inhumain » d’Anders Behring Breivik, auteur de la tuerie du 22 juillet 2011, qui a fait 77 morts, dont 69 sur l’île d’Utoya. Le jugement avait alors provoqué la consternation des Norvégiens, posant la question du sort réservé à l’homme le plus détesté du royaume.
En première instance, Breivik avait critiqué le café froid et les plats réchauffés au four à micro-onde : un traitement « pire que le waterboarding », avait-t-il déclaré, jugeant que son nouveau penchant pour les émissions de téléréalité était une indication des « dommages cérébraux » causés par ses conditions d’incarcération. Son avocat, Oystein Storrvik, avait fait valoir que le terroriste passait entre vingt-deux et vingt-trois heures par jour à l’isolement, qu’il était soumis à des fouilles corporelles jusqu’à quatre fois par jour et avait été menotté plus de 3 000 fois ¬depuis son arrestation.
Dans sa décision, la magistrate Helen Andenaes Sekulic avait constaté qu’« un seuil de gravité [avait] été dépassé ». L’interdiction des traitements « inhumains et dégradants », avait-elle rappelé, s’applique « dans n’importe quelles circonstances – y compris dans le traitement des terroristes et les meurtriers ». L’avocat Thomas Horn, spécialiste des droits de l’homme, avait salué une décision « courageuse », constatant qu’« on ne peut tout simplement pas exclure certaines personnes de l’humanité ».
« Le pire serait de changer la loi »
Randi Johansen Perreau refuse, comme la plupart des proches des victimes, de nommer le terroriste. Le 22 juillet 2011, ses deux fils se trouvaient à Utoya. L’aîné, Christopher, 25 ans, n’en est jamais revenu. Pour elle, il est « difficile d’accepter que quelqu’un qui n’a montré aucun respect pour la démocratie, demande à être traité en fonction de ses principes ». En même temps, son fils, qui participait au camp d’été de la jeunesse travailliste, avait fait de la lutte pour les valeurs démocratiques la base de son engagement en politique : « Après ce qui est arrivé à notre famille et à notre pays, il est donc extrêmement important de ne pas y renoncer. »
Présidente du groupe de soutien aux familles des victimes, Lisbeth Kristine Royneland, dont la fille a été tuée à Utoya, approuve : « Le pire serait de changer la loi pour lui, car ce serait lui reconnaître un statut spécial et c’est exactement ce qu’il veut. » Elle espère, cependant, que les trois juges de la cour d’appel annuleront la décision prononcée en première instance.
« Chaque fois, c’est comme si on remuait un couteau dans la plaie », confie le Français Claude Perreau, le père de Christopher, qui vit en Norvège depuis une trentaine d’années. Pour lui, cette procédure judiciaire montre que « l’Etat de droit ne dispose plus des outils nécessaires pour répondre au problème actuel que présente le développement du terrorisme ». Pourquoi, autrement, « un terroriste, qui a assassiné froidement 69 personnes en une heure, ¬serait-il autorisé à se plaindre de maux de tête ou de problèmes de concentration ? »
Lire aussi : De Breivik aux terroristes, les tueurs de masse à travers l’histoire
Aucun remords
Le défi pour les Norvégiens est de vivre avec cette présence, qui continuera de revenir les hanter. « Il n’a plus sa mitraillette et son pistolet, alors il utilise ses avocats et le système judiciaire », résume Claude Perreau, qui regrette que le terroriste ait été capturé vivant. Sa mort, pourtant, n’aurait rien résolu, oppose l’éditorialiste d’Aftenposten, Harald Stanghelle : « Elle aurait seulement contribué à le diaboliser, à en faire quelque chose de plus important qu’il n’est. »
Cinq ans et demi après les faits, il ne manifeste aucun remords. « C’est toujours le même tueur narcissique », assure la journaliste Asne Seierstad, qui lui a consacré un livre et reçoit depuis ses missives. Ses manifestations publiques, dit-elle, ont le mérite de saper ses soutiens potentiels : « A chaque fois qu’il ouvre la bouche, il se ridiculise et devient indéfendable pour les milieux auprès desquels il se veut un héros. »
Au cours du procès qui doit durer six jours, les juges examineront aussi les restrictions imposées à Breivik dans ses commu¬nications avec l’extérieur, le deuxième volet de sa plainte dont il fait appel, après avoir été débouté en première instance.

Le Monde du 09.01.2017

L’Église allemande face à l’extrême droite

Face à la montée du populisme de droite, l’Église catholique allemande cherche des moyens d’action.

Le groupe de travail formé en 2015 pour sensibiliser « l’Église et la société en général » s’est réuni mi-décembre.

Quel rôle l’Église catholique doit-elle jouer dans la lutte contre l’extrémisme ? La question a pris une ampleur particulière outre-Rhin depuis la crise migratoire, la menace terroriste, la montée en puissance du mouvement islamophobe Pegida et le succès électoral du parti populiste Alternative pour l’Allemagne (AfD). Cette formation est créditée de 13 % des intentions de vote et vise une entrée au Bundestag en septembre prochain (lire ci-dessous).

Pour répondre à cette question, la Conférence des évêques allemands et le Comité central des catholiques d’Allemagne ont créé en 2015 un groupe de travail, au sein de la commission Justice et Paix, qui a organisé une journée de débats, le 16 décembre, à Berlin.

« Ce groupe de travail cherche à sensibiliser à la fois au sein de l’Église et dans la société en général », explique Daniel Legutke, chargé de mission pour Justice et Paix. « L’Église est une partie du problème mais elle est aussi une partie de la solution. »

21,5 % des catholiques allemands manifestent des sentiments xénophobes

L’attrait de certains catholiques pour les thèses populistes est un sujet central pour cette commission. D’après une étude de l’université de Leipzig, 21,5 % des catholiques allemands manifestent des sentiments xénophobes, contre 17,9 % des protestants et 15,7 % des personnes sans religion. « Nous devons prendre en compte le fait qu’il y a des membres de l’Église qui soutiennent des mouvements autoritaires et antidémocratiques », reconnaît le P. Karl Jüsten, directeur du bureau catholique de Berlin, instance chargée des relations entre l’Église allemande et le monde politique. « Un catholique ne peut pas se sentir chez lui au sein de l’AfD mais je ne peux pas lui interdire d’y adhérer », remarque-t-il. « En tant qu’Église, nous devons entrer dans ces milieux difficiles. Nous devons réagir avec des arguments. »

C’est ce que tente de faire Andreas Fisch. Ce théologien travaille pour le diocèse de Paderborn (centre de l’Allemagne) et intervient, à la demande des autorités ou des travailleurs sociaux, auprès de personnes en contact avec l’extrémisme de droite. « Je leur donne des techniques pour répondre. Comment expliquer les choses de manière à désorienter l’interlocuteur ? Répondre par des faits bruts fonctionne assez mal. Il faut privilégier des petites histoires, surprendre, provoquer. Il est impossible de convaincre un démagogue », explique-t-il. Ce théologien voit la demande pour ses séminaires exploser depuis un an : selon lui, les participants « flirtent avec l’extrême droite », sans être encore totalement convaincus.

Ne pas laisser le débat public aux mains des extrémistes de droite

Ces techniques dites d’empowerment prennent de l’ampleur au sein des institutions ecclésiastiques outre-Rhin, souvent prises à partie par des paroissiens aux opinions radicales. « Les salariés de la Caritas qui travaillent au contact des réfugiés doivent faire face à de nombreuses critiques », constate ainsi Andreas Belz. Ce travailleur social œuvre pour le diocèse de Mayence et intervient, entre autres, auprès du personnel de cette organisation caritative pour les aider à réagir dans de telles situations. « Il est important que la Caritas soutienne ses salariés ».

Ne pas laisser le débat public aux mains des extrémistes de droite est l’une des priorités mise en avant par ce groupe de travail. Le politologue Wilhem Heitmeyer de l’université de Bielefeld (Rhénanie du Nord) plaide aussi pour que l’Église s’intéresse davantage à ses paroissiens les plus âgés, « qui ont un rôle de modèle » mais qui sont aussi plus tentés, à ses yeux, par les thèses populistes.

Privilégier plutôt l’action et l’exemple

Le P. Oliver Potschien, lui, ne souhaite plus débattre. « Je n’ai plus le temps et l’envie de convaincre les gens », explique ce prêtre qui officie dans la paroisse de Petershof, près de Duisbourg. Lui qui a reçu le prix catholique 2015 contre la xénophobie et le racisme, décerné par la Conférence des évêques allemands, privilégie désormais plutôt l’action et l’exemple.

L’an dernier, devant l’arrivée de réfugiés, il a ouvert la porte de l’église et du centre paroissial, suscitant des réactions négatives de la part de certains paroissiens. « Chaque semaine nous accueillons un millier de réfugiés grâce à nos 140 bénévoles. J’essaie de faire travailler ensemble des gens totalement différents, de les faire se rencontrer. Cela fonctionne », assure-t‑il. « Le rôle de l’Église est de donner une voix à ceux qui n’en ont pas. Il faut le rappeler sans cesse. »

De récents succès électoraux

Le populisme de droite est représenté en Allemagne par le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) et par le mouvement Pegida (Européens patriotes contre l’islamisation de l’Occident).

Fondé en 2013, l’AfD était à l’origine un parti anti-euro. La nomination à sa tête en 2015 de Frauke Petry a marqué un virage à droite alimenté par la crise migratoire et par une ligne ouvertement anti-islam. Ce parti a fait son entrée dans 10 des 16 régions allemandes et a obtenu ses meilleurs scores dans l’est du pays. Il est crédité de 13 % d’intentions de vote et espère entrer au Parlement fédéral en septembre 2017. Pour l’archevêque de Cologne, Mgr Rainer Maria Woelki, « certaines positions de l’AfD ne sont pas compatibles avec l’Évangile ».

Quant à Pegida, il ne brigue aucun mandat électoral mais organise chaque lundi des rassemblements dans la ville de Dresde, en Saxe.

La Croix du 01.01.2017


Les papys du franquisme font de la résistance

Des élus de la coalition de la gauche radicale ont déposé une résolution pour l’interdiction de toute fondation qui « exalte le dictateur Franco ».

Il est invraisemblable qu’existe la Fondation Francisco Franco, de la même manière qu’il serait impensable qu’il y ait une fondation Adolf Hitler en Allemagne ! », s’est insurgé le député Antón Gómez-Reino, de la coalition de la gauche radicale Unidos Podemos, le 3 janvier. Ce jour-là, sa formation a déposé au Parlement espagnol une proposition de résolution pour demander l’interdiction de toute fondation qui « exalte le dictateur Franco, le régime franquiste et tout responsable de crimes de guerre et crimes contre l’humanité ».

Créée dès 1976, un an après la mort du dictateur, afin de « diffuser la connaissance de la figure de Francisco Franco dans toutes ses dimensions, ainsi que les réussites menées à bien par son régime », la structure a fait parler d’elle ces dernières semaines, en Espagne.

La polémique a commencé le 16 décembre 2016. Ce jour-là, un camion-grue se fraye tant bien que mal un passage dans les ruelles pavées de Callosa de Segura, petite ville de 18 000 habitants située dans la province d’Alicante, pour arriver près de la place de l’église.
Là, une centaine de personnes, cheveux gris, dos courbés, voix chevrotantes – 70 ans de moyenne d’âge – entonnent des chants religieux. Pas question de laisser l’engin enlever la Cruz de los caídos (« croix des tombés »), hommage de la phalange aux « morts pour Dieu et la Patrie » tombés durant la guerre civile (1936-1939) aux côtés des putschistes menés par Franco.

Une loi de mémoire historique difficile à appliquer

Pour ne pas obliger la police à déloger des vieillards, le maire socialiste, élu en 2015, finit par renoncer à appliquer la loi de mémoire historique qui, depuis 2007, oblige en théorie les administrations à retirer les symboles franquistes des lieux publics.

En théorie seulement, car l’épisode de Callosa de Segura est loin d’être un fait isolé. En Espagne, la société demeure divisée sur la manière d’affronter son sombre passé. D’un côté, les défenseurs de la mémoire des républicains se battent pour que soient jugés les crimes du franquisme et qu’ils puissent récupérer le corps de leurs aïeux – jetés dans des fosses par les fascistes – afin de cicatriser, enfin, leurs plaies. De l’autre, la droite traditionnelle, représentée par le Parti populaire (PP ; droite, au pouvoir), considère qu’il faut se garder de « rouvrir de vieilles blessures ». De vieux franquistes, qui ont encore pignon sur rue, exaltent quant à eux la figure du dictateur et son combat pour « sauver l’Espagne du communisme ».

La résistance de Callosa de Segura a donc remis cette division sur le devant de l’actualité. L’avocat Eduardo Ranz, spécialiste de la défense de la loi de mémoire historique de 2007, en a profité pour dénoncer l’envoi par la Fondation Francisco Franco de courriers à 335 communes espagnoles refusant elles aussi de supprimer des symboles franquistes. L’institution offre à ces mairies insoumises une assistance légale « à bas prix », voire gratuite, pour éviter « que ne gagnent ceux qui ont perdu la guerre il y a quatre-vingts ans ».

Au passage, l’Espagne a également appris que la Fondation Franco avait décerné des prix à trois élus du PP, lors de son dîner de Noël, le 2 décembre 2016. Le député régional d’Estrémadure Juan Antonio Morales, ainsi que les maires de Guadiana del Caudillo, Juan Antonio Pozo, et d’Alberche del Caudillo, Ana Rivellas, ont été remerciés pour « leur travail en défense de la vérité historique et de la mémoire du Caudillo et de sa grande œuvre ». Unidos Podemos et le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) ont demandé leur démission. En vain.

Leurs noms ont rapidement été effacés du site de la Fondation Franco. Reste pour les associations de mémoire républicaine un goût amer. Et une anomalie à corriger : l’existence d’une fondation à la gloire d’un dictateur, avec ce que cela implique en matière de déductions d’impôts. Pour l’avocat Eduardo Ranz, « des fonds publics sont donc utilisés pour l’incitation à la haine et l’exaltation du franquisme ».

Le Monde du 13.01.2017

 

 

 

 

 

HARE KRISHNA


En Inde, Hare Krishna construit le plus haut temple hindou

La Société internationale pour la conscience de Krishna (Iskcon) est en train d’élever, dans l’Uttar Pradesh, le Vrindavan Chandrodaya Mandir, dédié à Krishna. Ce temple immense, qui devrait être achevé en 2022, atteindra 210 mètres de hauteur.
« Plus grand que le Taj Mahal, haut de 73 mètres. Plus grand aussi que la basilique Saint-Pierre du Vatican qui fait 128 m de hauteur. Le futur temple hindou Vrindavan Chandrodaya Mandir, qui devrait être achevé en 2022, culminera à 213 m et comptera 70 étages », peut-on lire sur le site dédié à cet édifice.
Ce temple est actuellement en construction à Mathura, une ville de l’Uttar Pradesh (au nord de l’Inde), l’État le plus peuplé du pays avec environ 200 millions d’habitants. Dédié à Krishna, la divinité hindoue la plus vénérée en Inde, ce temple apparaît sur les images de synthèse comme une pyramide colorée, mélange entre le style « Nagara » (largement diffusé en Inde du nord, avec un sanctuaire surmonté d’une tour en pain de sucre) et l’esthétique moderne.
Espaces verts, massifs de fleurs et plans d’eau
C’est le cabinet d’architectes indiens InGenious Studio et le cabinet américain de consultants en ingénierie Thornton Tomasetti qui ont conçu cet édifice et devraient en achever la construction en 2022. Il est construit sur un terrain d’environ 250 hectares, avec « une grande variété végétale, des espaces verts et des massifs de fleurs, des plans d’eau avec nénuphars et lotus, et même une cascade artificielle », sans oublier un immense parking et même un héliport.
« Le temple est prévu pour être un lieu vivant pour tous les hindous, avec des animations, des festivals, des activités culturelles et sociales tout au long de l’année », peut-on lire sur le site Web de Vrindavan Chandrodaya Mandir.
Il est précisé également que son coût sera de 42 millions d’euros, « ce qui en fera le temple le plus cher construit par Iskcon ». Cette Société internationale pour la conscience de Krishna, plus connue sous le nom de mouvement Hare Krishna, a été fondée en 1966 à New York par Bhaktivedanta Swami Prabhupada (1896-1977), maître spirituel hindou originaire du Bengale occidental.
Dans le courant hippie
À partir des États-Unis, le mouvement Hare Krishna s’est développé en Occident en même temps que le courant hippie. Le mouvement compte aujourd’hui environ 400 centres, 150 temples consacrés à Krishna, 90 restaurants et 50 écoles (dont une « École libre » à Londres, financée par l’Éducation nationale anglaise depuis septembre 2011).
La société Iskcon a son siège à Vrindavan (Uttar Pradesh), lieu où Krishna, selon la mythologie, passa sa jeunesse il y a 5 000 ans, avec sa compagne éternelle Râdhâ et ses amis pâtres. Son but, tel que défini par Swami Prabhupada, est de « propager la connaissance spirituelle de Krishna ».
Plus de quarante ans d’attente
C’est en 1972 que Swami Prabhupada lança l’idée de « construire un gratte-ciel pour Krishna ». Mais il a fallu plus de quarante ans pour passer à la réalisation de cette idée… La première pierre a été posée par le président de l’Inde, Pranab Mukherjee, en grande cérémonie, le 16 mars 2014, à la veille de la fête hindoue de Holi, date considéré comme propice.
Alors qu’en Inde, le mouvement Hare Krishna est considéré par les hindous comme une branche de l’hindouisme, en Occident, et notamment en France, il est classé comme secte depuis 1995. Il est difficile de savoir combien d’adeptes compte le mouvement Hare Krishna. Selon le spécialiste italien des nouveaux courants religieux, Massimo Introvigne, ils ne dépasseraient pas 20 000 membres dans le monde.

La Croix du 07.12.2016




 

 

 

 

INTEGRISME CATHOLIQUE


Fraternité Sacerdotale Saint Pie X

La Porte Latine du 16.12.2016


 

 

 

 

ISLAMISME


Le Bien Public du 24.12.2016

« 70 % des détenus radicalisés que nous avons traités se sont distanciés du djihadisme »

Directeur d’un programme pilote de déradicalisation de djihadistes détenus en France, Jean-Luc Marret, maître de recherche à la FRS, pointe du doigt les retards français en matière de standards de sécurité carcérale.
Maître de recherche à la Fondation pour la recherche straté¬gique (FRS), Jean-Luc Marret a dirigé, en 2016, un programme pilote de prévention de la récidive djihadiste en milieu carcéral dans deux maisons d’arrêt de la région parisienne.
Les détenus sélectionnés étaient le plus souvent condamnés ou en détention provisoire pour des affaires de terrorisme liées à la Syrie. La direction de l’administration pénitentiaire a financé ce programme avec l’objectif d’avoir, à terme, un impact mesurable sur les personnes détenues, un outil d’évaluation robuste et des éléments reproductibles pour des programmes à venir.
L’équipe d’intervenants comprenait moins de dix personnes (religieux, travailleurs sociaux, psychologues et psychiatres cliniciens). Le programme a été réalisé pendant quatre-vingt-dix jours complets cumulés de détention, de février à fin juin.
Selon les services de renseignements, près de 700 djihadistes ¬français sont encore dans les rangs de l’organisation Etat islamique. Que préconisez-vous pour lutter contre cette menace potentielle ?
Jean-Luc Marret.- On sait que c’est difficile d’avoir une idée précise et judiciarisable de ce que ces personnes ont fait sur place. Cela conditionne pourtant le cadre de ce qui peut être fait. Pour autant, le passage à l’acte violent n’est pas forcément une question de profil de personnalité, mais d’opportunité.
La question des femmes et des enfants est aussi un sérieux défi. Il faudrait peut-être à l’avenir prendre garde aux conséquences d’un certain aventurisme diplomatique : après l’Irak, l’Afghanistan et la Syrie, on devrait mieux évaluer les effets sécuritaires et humains d’un activisme susceptible de cristalliser une nouvelle terre de djihad ici ou là.
Parler de « radicalisation » et de « déradicalisation » est-il approprié ?
C’est devenu un label obligatoire pour les politiques et les commentateurs. C’est aussi un raccourci faussé. Les opérationnels, les chercheurs et l’administration pénitentiaire parlent de « prévention ». Parce que les personnes détenues ne se voient pas comme radicales et qu’on passe parfois un temps précieux à justifier ce label lors de nos interventions en face-à-face ou en groupe. Ou alors car cela renvoie à une sorte d’imprégnation religieuse déviante, tandis que l’engagement peut relever d’abord de problèmes de structuration individuelle psychologique ou sociale.
Nous avons donc préféré contre-communiquer en disant que nous voulions aider les personnes détenues à ne jamais récidiver en vertu du principe que la place d’un bon mari, fils, père, croyant et citoyen n’est pas d’être en prison. Notre approche a mêlé des bonnes pratiques employées en Europe, en Amérique et dans le monde arabe et a associé dialogue ¬interreligieux, résolution des conflits, face-à-face psy, justice restaurative, ¬ travail en groupe, méthode de réin¬sertion socio-professionnelle. Nous avons associé le corpus islamique de gestion de la colère et les méthodes comportementalistes-cognitivistes.
Nous avons travaillé, y compris avec un imam et un théologien musulman, sur ce que j’appelle le « chemin individuel de distanciation » des personnes détenues, pratiquantes et conservatrices. Nous avons débattu interreligieusement du danger de se perdre dans la religiosité en oubliant Dieu, de l’humilité et de l’arrogance dans la foi, de l’interprétation.
Nous avons aussi travaillé sur l’adoption de pratiques argumentaires non agressives dans leur vie quotidienne avec le personnel surveillant et sur d’autres sujets : la fonction d’une organisation comme Daech [acronyme arabe de l’organisation Etat islamique] ou un parti démocratique, les caractéristiques ethnico-tribales du conflit syrien, l’hégire intérieure, le devenir de la crise syrienne après Daech, l’islam français, la sensibilité de la question du takfir [anathème], le malékisme – l’une des quatre écoles classiques du droit musulman sunnite fondé sur l’enseignement de l’imam Malik ibn Anas (711-795).
En quoi votre mission est-elle ¬différente des autres programmes de déradicalisation dont les -autorités ont annoncé l’arrêt ?
C’est le plus long jamais entrepris et avec possiblement des détenus plus « difficiles » en théorie que dans les autres programmes pilotes mis en place dans les unités spécialisées. Tout s’est bien passé avec les détenus et les personnels surveillants. Notre programme ne s’est pas fait malgré les surveillants, mais avec eux, et plusieurs ont une connaissance très fine de nos sujets. Pour le reste, nous estimons que tout programme avec des détenus djihadistes prend du temps et doit être interdisciplinaire. Voir des experts qui passent deux heures en détention et qui se survendent médiatiquement n’est pas sérieux.
Idem pour un programme de déradicalisation d’une semaine. Dans toute cette affaire, il est d’autant plus facile de faire semblant que la déradicalisation est devenue un fromage et une politique publique. J’ai quelques craintes de ce point de vue sur le développement à venir des programmes locaux. Les collectivités locales vont peut-être prendre des gens qu’elles connaissent, qui dans le pire des cas vont relabelliser leur travail habituel pour s’adapter au marché.
Une de nos recommandations est qu’il est vital de travailler avec les personnes détenues pendant et après la détention, à leur sortie, y compris avec leur entourage. De même, il faut au ¬départ un fort ratio détenus/intervenants, quitte à ce que cela s’allège ensuite. Je suis aussi un peu circonspect sur une sensibilisation générale aux signes de radicalisation : plus on forme de monde, plus il y a des erreurs, voire des dénonciations calomnieuses. De même, il y a un excès de volontarisme étatique et technocratique.
Lire aussi : Un centre pour des jeunes « en voie de radicalisation » ouvre en Indre-et-Loire
Après n’avoir rien fait pendant dix ans, tout un tas de choses se mettent en place, dont une partie aussi un peu pour affichage, puisque la radicalisation et le terrorisme sont des enjeux sociétaux. Mais à vouloir aller trop vite, on met parfois la pression sur les opérationnels, qui peuvent du coup commettre des erreurs par impréparation. En outre, il y a un peu une sur-création de structures de « déradicalisation », mais je n’ai pas l’impression qu’on se pose beaucoup la question de l’évaluation à la sortie des programmes, quels qu’ils soient. Or, cet aspect-là est complexe.
Le principal espace d’endoctrinement est-il la prison ou Internet ?
Les travaux de recherche en Europe définissent la radicalisation comme un processus multivariable et non linéaire, qui peut amener toute personne à recourir à la violence physique. En l’espèce, le discours djihadiste, c’est la pointe de l’iceberg. Les variables décisives et actionnables sont plus profondes dans les individus et leur existence.
L’explication « sociale » unique me paraît très limitative, non scientifique et militante. Idem pour l’explication uniquement religieuse. Plusieurs des personnes détenues considèrent de surcroît que l’explication sociale revient à déconsidérer l’indépendance rationnelle de leur engagement. Ils souhaitent que j’évoque ici comme facteur polarisant la durée de l’instruction judiciaire – dans les faits, nous avons passé des heures aux côtés des surveillants à gérer le ressentiment profond induit par ce problème chez certains détenus.
Lire aussi : « La radicalisation a lieu dans les prisons, non dans les mosquées »
Les conditions de détention ont aussi un impact sur la radicalisation : manque de sommeil, bruit. Mais je ne suis pas naïf : ce que nous avons fait a pour but légitime d’alléger le travail de la police en faisant sortir des personnes du circuit djihadiste. Nous n’opposons pas prévention et sécurité. Un facteur fondamental est la difficulté de gérer la frustration et la colère.
Il y a aussi une dimension démographique diasporique décisive, avec des identités hybrides, et possiblement aussi une dimension psychologique liée au surinvestissement maternel du garçon dans certaines cultures. Sans oublier que certaines positions de politique étrangère ont un impact direct sur la radicalisation djihadiste – dire qu’aller combattre Assad est un devoir, par exemple.
Quel était le profil de vos interlocuteurs actuellement détenus ?
Dans la maison d’arrêt A, 29 % des personnes détenues avaient un niveau bac, 29 % un niveau licence/BTS ; les niveaux 5e, 3e et 2de représentaient chacun 14 %. Dans la maison d’arrêt B, 50 % avaient un niveau 2de, 25 % un niveau 3e et 25 % un niveau bac.
Comment peut-on identifier un cas « difficile » ?
Un cas difficile peut-être celui d’un détenu qui ne sait pas canaliser son comportement violent, physique ou verbal, ou qui serait inapte à travailler en groupe. Nous avons dû sortir un ou deux détenus pour les aider à se contrôler. Il y a aussi la violence physique, mais pas avec nous. A notre avis, plus un détenu est détecté/évalué comme radicalisé, plus il faut individualiser l’approche. La France a d’ailleurs des standards de sécurité carcérale très inférieurs à ceux en vigueur dans les prisons néerlandaises, par exemple.
Ces programmes de déradicalisation sont-ils efficaces ?
Notre évaluation conclut que 70 % de nos détenus se sont distanciés du djihadisme, avec in fine une adhésion active à notre prise en charge, une capacité autocritique accrue à se contenir, une exclusion de recourir à la violence, voire une légitimation de l’interlocuteur institutionnel. Mais, en particulier pour les plus jeunes, la question de la stabilisation se pose. D’où l’intérêt vital d’un suivi systé¬matique post-détention, prenant en compte leur famille. En fin de parcours, nous leur avons fait rédiger une charte, moins pour leur faire adopter à tout prix un discours qui nous convient à tous que pour voir jusqu’où ils voulaient aller.
Comment peut-on être sûr que des individus, une fois évalués comme déradicalisés, peuvent retrouver leur place dans la société sans ¬menacer la sécurité publique ?
Il n’y a pas une méthode universelle. L’approche « atelier de citoyenneté », dix détenus par dix détenus, a des limites évidentes. Il ne s’agit pas de les « civiliser », ce qui est à mon avis une approche « républicaine ». Il s’agit de partir de ce qu’ils expriment pour les aider à se distancier. Il faut passer beaucoup de temps opérationnel et c’est du travail en face-à-face, individualisé, interpersonnel, interdisciplinaire ; partir de la colère, de la rage, de la violence et distancier, relativiser, confronter, proposer.
Il y a toujours une possibilité de récidive, même si, d’un point de vue criminologique, l’évolution de certaines personnalités les éloigne de la ¬récidive. Il n’y a pas de risque zéro. Cela dit, le suivi post-détention est vital, car une « rechute » est envisageable si des influences négatives surviennent avec des déclencheurs psychosociologiques.
Que préconisez-vous pour ¬améliorer ce travail de distanciation à l’égard du djihadisme ?
Pour ce type de détenus, une durée un peu plus longue – huit mois, deux jours par semaine au moins et un suivi post-détention de plusieurs mois. C’est aussi leur souhait, d’ailleurs. Je pense que nous avons une bonne méthode d’évaluation avec plusieurs outils « semi-actuariels », qualitatifs et quantitatifs, bilans ¬socioprofessionnels, autoperception des détenus, bilan clinique, sensibilité à l’évolution judiciaire.
Il y a un intérêt évident et des possibilités pour la standardisation d’un certain nombre de pratiques. Le défi, c’est la distanciation envers la théologie djihadiste, mais encore une fois, cet aspect est la pointe de l’iceberg qui repose sur des variables plus profondes, lourdes et existentielles, sur lesquelles il faut travailler d’une manière interdisciplinaire, avec une équipe obligatoirement adaptative.

Le Monde du 23.12.2016

Djihad, comment faire face au retour des mineurs ?

Hier, Paris a rendu hommage aux victimes des attentats de janvier 2015 contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher. Deux ans après la tragédie, le retour de nombreux mineurs nés, vivant ou combattant dans la zone irako-syrienne représente un défi pour les autorités françaises.
Interrogé fin mai par les députés sur « les 400 enfants qui se trouvent en Syrie avec leur famille, nés de parents français et qui représentent, à terme, un vrai danger potentiel », le patron de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), Patrick Calvar, ne faisait pas de langue de bois. « Honnêtement, je ne sais pas comment nous ferons », admettait-il.
Il s’agit pourtant d’un phénomène non négligeable : il y aurait désormais là-bas 460 mineurs et 290 femmes « avec un taux de natalité très élevé », estime Muriel Domenach, secrétaire générale du comité interministériel de la prévention de la radicalisation. Les deux tiers de ces enfants sont partis avec leurs parents, le tiers restant est composé d’enfants nés sur place et qui ont donc moins de 4 ans.
« Je vous laisse imaginer les problèmes de légalité que posera leur retour avec leurs parents (…), sans compter les réels problèmes de sécurité », complétait Patrick Calvar devant une commission du Sénat. Il expliquait que ces enfants sont « entraînés, instrumentalisés par Daech ». Dans les vidéos de propagande, ils sont mis en scène en tenue militaire.
« Conditionnés », ils sont formés dès le plus jeune âge au maniement des armes. « Nous disposons de vidéos montrant des enfants qui exécutent des prisonniers », achève Patrick Calvar, en référence à l’une d’entre elles où l’on voit un Français « de 11 ou 12 ans » tirer une balle dans la tête de quelqu’un « sans manifester la moindre émotion ».
Comment prendre en charge ces jeunes qui n’ont connu que la guerre et les cours dispensés dans les écoles de Daech ? Que faire de ceux qui ont commis ou, à tout le moins, assisté à des exécutions ? « Pour les parents comme pour les mineurs, la priorité sera à la judiciarisation des parcours et éventuellement au placement en détention, car l’enjeu est de protéger la société française », tranche Muriel Domenach. Pour les plus jeunes, ceux qui n’ont pas combattu, le juge des enfants pourra être saisi et prendre des mesures de placement ou encore décider de suivis éducatifs stricts.
« On place les enfants le temps d’évaluer leur degré d’embrigadement, de voir s’ils ont subi des maltraitances », explique un juge des enfants de Bobigny, qui a eu à connaître quelques dossiers récemment. L’éloignement de la mère peut s’inscrire ou non dans la durée, en fonction de l’évolution familiale, poursuit ce juge, qui vient de remettre à une jeune femme ses deux enfants, quelques mois seulement après l’arrestation de la famille à la frontière turco-syrienne.
« Cette mère évolue bien, elle donne des gages de réinsertion, explique-t-il. Elle accepte par ailleurs d’être hébergée chez ses parents avec ses petits et d’être suivie de près par un éducateur. »
Mais la gestion de ces retours doit aussi s’envisager à beaucoup plus long terme. « Nous travaillons d’ores et déjà avec le ministère de la justice et celui de la famille pour trouver le bon équilibre entre protection à court et à long terme de la société », explique Muriel Domenach.
Le premier ministre a annoncé, le 7 novembre, la création d’un centre mère-enfant qui pourra accueillir des femmes radicalisées en France ou de retour de Syrie. « L’approche psychologique y sera essentielle pour les plus petits. Nous travaillons à la formation des psychologues et des pédopsychiatres. »
Le psychiatre Serge Hefez, qui a déjà reçu des familles à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, sera associé à la réflexion. Tenant une consultation de familles de radicalisés à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, il y a reçu récemment une famille revenue de Syrie.
« Il y avait cinq enfants de 18 mois à 13 ans, raconte-t-il. Ce qui m’a frappé, c’est leur silence et leur docilité. Clairement, ils avaient reçu la consigne de ne pas piper mot. Cela donne un aperçu de l’ampleur du travail qu’il va falloir accomplir. Le conflit de loyauté que vivront ces mineurs par rapport à leurs parents, à la manière dont ils ont été élevés et aux valeurs qui leur auront été inculquées sera énorme. »
Face à eux, le travail psychologique sera double : comme avec des adeptes de sectes, il faudra les aider à développer un esprit critique et d’autres visions du monde. « Pour cela, on peut s’appuyer sur des membres de la famille élargie : un oncle, une tante… »
Comme pour des enfants-soldats ou ayant connu la guerre, il faudra aussi les aider à dépasser leur traumatisme. « La guerre est une matière sur laquelle on a de la littérature en France, mais pas d’expérience de terrain, donc il va falloir former des praticiens, prévient Serge Hefez. Sur le plan quantitatif, ce n’est pas forcément énorme. En revanche, ce seront des prises en charge longues et denses. »
Parallèlement, la France doit d’ores et déjà gérer les premiers retours de mineurs combattants – il y en aurait actuellement une vingtaine dans la zone irako-syrienne. Les autorités font face à un double défi : juger ces adolescents et mettre hors d’état de nuire les plus dangereux, sans pour autant obérer totalement leur avenir, étant donné leur jeune âge.
Le premier procès de mineurs poursuivis pour terrorisme s’est tenu en juin. Il concernait deux Toulousains de 15 et 16 ans ayant séjourné quinze jours en Syrie en janvier 2014. Évoquant une « erreur de jeunesse », le tribunal a condamné les deux adolescents à de la prison avec sursis. « L’un d’eux a retrouvé le chemin du lycée, renoué avec les bonnes notes et tient aujourd’hui un discours très dissuasif vis-à-vis de ceux tentés par un départ », assure son avocate Agnès Dufétel-Cordier. Mais l’autre s’est procuré de faux papiers et a de nouveau rallié la Syrie…
À leur retour en France, ces jeunes font quasiment tous l’objet d’une procédure judiciaire. Neuf ont même été immédiatement placés en détention provisoire. Les autres, quelques dizaines, font l’objet d’un contrôle judiciaire serré et de toute une série de mesures socio-éducatives, avant leur procès comme après.
« On les suit avec d’autant plus d’attention que Daech mise sur eux pour passer à l’action, explique un avocat. Il les considère comme plus opérationnels que les adultes. À leur retour chez nous, quand ils se font prendre, ils sont en effet moins souvent et moins longtemps incarcérés. »
Le cas d’un des deux jeunes qui ont tué le père Hamel à Saint-Étienne du Rouvray est tristement emblématique de la menace qu’ils représentent. Placé en détention provisoire pour avoir tenté par deux fois de se rendre en Syrie – en vain –, il avait été relâché sous contrôle judiciaire et bracelet électronique, au grand dam du parquet qui avait fait appel. Il ne pouvait sortir que quatre heures chaque matin. Il ne lui en a pas fallu plus.
Des commémorations dans la discrétion
De courts et sobres hommages, avec dépôts de gerbes et minutes de silence, ont eu lieu hier à Paris en mémoire des victimes des attentats de janvier 2015 contre l’hebdomadaire Charlie Hebdo et le magasin Hyper Cacher, qui avaient fait 17 morts. Les cérémonies, conduites par la maire de Paris Anne Hidalgo en présence du ministre de l’intérieur Bruno Le Roux, se sont déroulées tour à tour sur les différents lieux des attentats avec le même cérémonial : dépôt de gerbe et minute de silence, sans aucune prise de parole.

La Croix du 06.01.2017


L’Église catholique d’Éthiopie combat les mutilations génitales féminines

Les évêques de ce pays d’Afrique de l’Est s’engagent contre ces pratiques à l’encontre des femmes.

Les mutilations génitales féminines doivent cesser. C’est le message envoyé fin décembre par l’Église catholique d’Éthiopie lors d’un séminaire organisé à Addis-Abeba, et auquel ont participé des directeurs d’école et des enseignants. Une réunion à laquelle a pris part la commission épiscopale pour le développement de l’épiscopat éthiopien, selon Radio Vatican.

Parmi les causes de ces mutilations, les représentants des évêques ont notamment évoqué les pressions sociales maintenant ces pratiques. La « crainte de la stigmatisation » et la peur que leurs filles soient considérées comme « inadéquates » pour le mariage poussent les mères à accepter ces mutilations, malgré la conscience du danger qu’elles représentent.

Trente pays africains concernés

Les écoles catholiques ont à ce titre un rôle à jouer dans la sensibilisation des populations contre les mutilations, afin de favoriser une « prise de conscience sociale » du problème.

Ce n’est pas la première fois que les évêques d’Éthiopie s’expriment sur la question. Ce fut déjà le cas en 2013. Selon l’Unicef, 74 % des femmes éthiopiennes ont été soumises à des mutilations génitales.

Selon l’ONU, 200 millions de jeunes filles et de femmes vivant aujourd’hui ont déjà été victimes de mutilations sexuelles. Trente pays dans le monde sont concernés, principalement en Afrique. Cette pratique est particulièrement développée en Somalie, en Guinée, à Djibouti, en Égypte et en Érythrée.

La Croix du 06.01.2017

Les vœux de Noël et du Nouvel An divisent les musulmans

Des imams et des institutions musulmanes reconnaissent avoir été questionnés par leurs fidèles sur la possibilité pour eux d’adresser leurs vœux à des non-musulmans. Des sites Internet et des imams d’influence salafiste les mettent en garde à ce sujet.

► Quel est le problème des vœux de fin d’année pour les musulmans ?

« Certains jeunes musulmans profitent des fêtes de fin d’année pour relancer la polémique sur la question : le musulman a-t-il le droit de présenter ses vœux à l’occasion de fêtes de Noël et du nouvel an ? », écrivait Azzedine Gaci sur Facebook le 21 décembre. Le recteur de la mosquée de Villeurbanne (Rhône) reconnaissait avoir « beaucoup hésité à écrire ce post pour ne pas alimenter la polémique ». « Mais comme je reçois beaucoup de questions dans ce sens, je me suis décidé à le faire pour aider la majorité silencieuse », ajoutait-il.

Dans leurs commentaires, de nombreux internautes s’étonnent d’ailleurs de ce débat sur un sujet qui leur semble relever du simple « bon sens », de la « courtoisie », de « l’ouverture » ou du « vivre ensemble ».

Dans un long article publié le 22 décembre sur le site de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), le Conseil européen de la fatwa et de la recherche, lié aux Frères musulmans reconnaît avoir reçu, lui aussi, de « nombreuses questions » à ce sujet. « Il s’agit sans doute d’une question importante et sensible en particulier pour les musulmans résidant en Occident. (…) Quelle attitude doit adopter le musulman à l’égard de ces non-musulmans pacifiques, qui ne manifestent aucun racisme antimusulman, ne les ont pas combattus pour leur religion, ne les ont pas chassés de chez eux ? », résume cette instance chargée de délivrer des avis juridiques (fatwas).

► Quels sont les arguments des salafistes ?

Plusieurs sites Internet expliquent avec force arguments tirés de la tradition islamique, pourquoi il est interdit de souhaiter « joyeux Noël », « bonne année », mais aussi Halloween, voire les anniversaires, et même certaines fêtes musulmanes populaires comme la célébration de la naissance de Mohammed, le prophète de l’islam.

La manière de poser la question (« a-t-on le droit » « est-il halal ou haram ») tout comme le sujet lui-même (les rapports avec les non-musulmans) témoignent de l’influence de l’islam wahhabite, et donc du salafisme, sur les auteurs de ces mises en garde. Dans un article au titre explicite – « Une fête qui n’est pas la nôtre, Halloween c’est pour les autres » – publié le 27 octobre 2016, le site ajib.fr rappelle que cette fête est « purement et simplement chrétienne, aux origines païennes alliant ainsi mécréance, polythéisme et associationnisme, qu’Allah nous en préserve ! »

L’argumentaire puise abondamment à la Sunna, ces paroles ou ces actes prêtés au prophète de l’islam. « Toute nation a ses festivités et voici les vôtres », aurait dit Mohammed. Aux Médinois qui lui indiquaient qu’ils avaient l’habitude jusqu’ici de défiler chaque année pendant deux jours, il aurait par ailleurs répondu : « À la place de ces deux jours, Allah vous a choisi deux autres jours qui sont meilleurs, ceux de l’Aïd al-fitr et de l’Aïd al-Adhâ. »

Les sites salafistes repoussent donc un à un les arguments avancés par les partisans de l’autorisation : « faire plaisir aux enfants », « faire comme les autres pour suivre le mouvement »… « Nous ne devons pas ressembler aux non-musulmans. Au-delà de cela, nous devons faire en sorte de nous différencier d’eux, pour ne pas faire partie d’eux », affirme ainsi le site ajib.fr. « Pourquoi "faire comme les autres" si c’est pour se retrouver avec eux dans le feu éternel ? »

Tout en reconnaissant que « ceux qui font preuve de laxisme dans ces affaires » sont mus le plus souvent par « la courtoisie ou parfois par la pudeur », le site L’islam en questions et réponses rappelle qu’il « n’est pas permis d’étendre la courtoisie à ce qui est faux. Bien au contraire, il faut condamner ce qui est condamnable et s’efforcer de (le) changer ».

► Que répondent les institutions musulmanes ?

Comme Azzedine Gaci, nombreux sont les imams conscients qu’ils ne parviendront « pas à changer l’avis » des partisans de l’interdiction. « Je m’adresse ici à tous ces musulmans qui ont des parents, des conjoints, des enfants ou tout simplement des amis non musulmans et qui sont mal à l’aise avec cette question », écrit-il. Lui choisit de retenir les avis de juristes musulmans qui ne voient « aucun inconvénient » à cela, à condition que les formules utilisées ne contiennent pas de « mentions ou d’expressions que récuse la foi musulmane, à l’instar du crucifix par exemple ».

Signifiant là aussi leur volonté de se démarquer du discours salafiste, la plupart des institutions musulmanes - Conseil français du culte musulman en tête - ont envoyé leurs vœux dans des communiqués. Le CFCM a adressé « ses meilleurs vœux à tous les chrétiens de France et dans le monde » et souhaité également « une joyeuse fête de Hannouka à nos compatriotes de confession juive ».

« Les musulmans partagent l’attachement à Jésus, à sa mère et à son illustre famille (que la Paix et les Bénédictions de Dieux soient sur eux). Que la commémoration de sa naissance nous rappelle l’importance de s’entre-connaitre et de continuer à dialoguer ensemble », a souligné de son côté l’UOIF.

La Croix du 03.01.2017






 

 

 

 

ISLAMOPHOBIE


Les actes antisémitismes et antimusulmans en nette baisse

Les actes antisémites ont baissé de 61 % et les actes antimusulmans de 52 % sur les dix premiers mois de l’année.
C’est alors qu’il intervenait lors des « Entretiens de Royaumont », vendredi 2 décembre, que le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve a annoncé une importante baisse des actes antisémites et antimusulmans entre janvier et octobre 2016, par rapport à la même période en 2015.
Les actes antisémites ont diminué de 61 %, tandis que les actes antimusulmans ont baissé de 52 %. Des chiffres que Bernard Cazeneuve attribue à la politique gouvernementale, et qui confirment la tendance observée au premier trimestre 2016. Au début du mois de mai, ces mêmes actes étaient alors en baisse de 80 % par rapport au premier trimestre 2015.
« Ça veut dire qu’il y a dans ce pays, malgré l’ardeur de ceux qui ont la haine au cœur (…), des volontés de fraternité et de solidarité, qui comme souvent dans l’histoire de notre pays l’emportent sur le pire », s’était alors félicité Bernard Cazeneuve.
Concernant les actes antimusulmans, le chiffre donné par le ministre est presque identique à celui publié quelques semaines pus tôt par l’Observatoire national contre l’islamophobie. Fin octobre, cet organisme membre du Conseil français du culte musulman (CFCM) annonçait une baisse de 53,9 % de ces actes, et en comptabilisait 149 entre janvier et septembre 2016. L’Observatoire notait toutefois une forte hausse des propos antimusulmans sur Internet.
Vigilance et plans d’action gouvernementaux
Le ministre de l’intérieur voit dans ses chiffres les résultats d’une vigilance accrue depuis plusieurs mois. Il a notamment rappelé que les préfets saisissent désormais « systématiquement » les procureurs de la République pour « tous les actes antisémites, antimusulmans ou antichrétiens dont ils ont connaissance ».
Il voit également dans ces chiffres en baisse les fruits d’un plan interministériel de lutte contre le racisme et l’antisémitisme « d’une ampleur sans précédent », chiffré à 100 millions d’euros, lancé en 2015 par le gouvernement.
« Près de 2 800 églises et temples », « plus de 1.000 mosquées » et « près de 800 sites juifs » (synagogues, écoles…) ont été placés sous la protection des forces de sécurité et des forces armées « afin de répondre à la menace terroriste qui en a fait des cibles », a-t-il également rappelé. Neuf millions d’euros de crédits publics ont été dégagés pour financer des équipements de sécurité, notamment en vidéoprotection, pour l’ensemble de ces sites cultuels ou scolaires.

La Croix du 04.12.2016

Le veto du président slovaque à une loi « discriminatoire » sur les communautés religieuses

Le président slovaque a mis, mardi 20 décembre, son veto à une loi votée par le Parlement le 30 novembre. Cette loi rendrait difficile l’obtention d’un statut officiel pour la communauté musulmane du pays.

Votée par le Parlement le 30 novembre, une loi jugée « discriminatoire » par le président slovaque Andrej Kiska a été frappée de son veto, mardi.

Proposé par le Parti nationaliste slovaque (SNS), ce texte impose un quota du nombre de fidèles nécessaires à l’enregistrement officiel d’une communauté religieuse dans le pays. Ouvertement antimusulman, le Parti nationaliste slovaque tente d’empêcher l’islam d’obtenir le statut de religion officielle. Son texte exigeait qu’une religion ait 50 000 fidèles pour être reconnue. Auparavant une religion nécessitait 20 000 fidèles pour accéder à ce statut.

Les effets de cette loi « portent atteinte aux droits fondamentaux constitutionnels et établissent une discrimination significative dans la mise en œuvre de la liberté fondamentale de religion et de croyance à l’avenir » a déclaré le président Andrej Kiska.

La communauté musulmane non reconnue

La Slovaquie compte 5,4 millions d’habitants et les musulmans n’y sont que 2 000 à 5 000. Cette communauté ne dispose pas de statut officiel permettant de recevoir des subventions de l’État destinées aux lieux de cultes, aux écoles et à l’enseignement de la religion.

Les funérailles et les mariages musulmans sont considérés comme illégitimes. « Les musulmans ne peuvent pas établir leurs propres écoles religieuses et les enfants musulmans ne peuvent même pas apprendre la religion en tant que matière optionnelle dans les écoles publiques », a déclaré à l’AFP Mohamad S. Hasna, président de la Fondation islamique de Slovaquie. En outre, il n’y a aucune mosquée dans le pays.

Robert Fico, premier ministre et président du parti social démocrate, a formé une coalition avec le parti d’extrême droite SNS. Ce rapprochement explique en partie ses positions nationalistes et sa stigmatisation de l’islam. « Tant que je serai premier ministre, je ne donnerai jamais mon accord à la création d’une communauté musulmane intégrée », a-t-il déclaré devant la presse mardi.

Au total, 18 religions sont reconnues officiellement en Slovaquie, la plus grande étant le catholicisme avec 3,3 millions de fidèles. L’an dernier, l’État a accordé 40 millions d’euros de subventions à l’ensemble de ces communautés.

La Croix du 22.12.2016

Le Bien Public du 16.01.2017

 

 

 

 

ISRAEL


Cisjordanie : les colons de l’avant-poste d’Amona acceptent la main tendue de Nétanyahou

La colonie sauvage construite sur des terres privées palestiniennes devait être détruite d’ici au 25 décembre, selon un jugement de la Cour suprême.
L’affrontement avec l’armée a été évité. Les 40 familles juives résidant dans l’avant-poste d’Amona, en Cisjordanie, ont fini par accepter, dimanche 18 décembre, une ultime proposition très généreuse du gouvernement pour être relogés. A une semaine de la date butoir à laquelle la colonie sauvage – illégale, même au regard du droit israélien – devait être évacuée, la crainte de violences lors du démantèlement d’Amona a conduit Benyamin Nétanyahou à des efforts extravagants, pour ne pas s’aliéner la base nationale religieuse.
La tension était montée de plusieurs crans ces derniers jours, tandis que des centaines de jeunes avaient afflué sur la colline, située au-dessus de la colonie d’Ofra, pour veiller sur les maisons mobiles. Vendredi, dans un message vidéo posté sur sa page Facebook, M. Nétanyahou s’était adressé aux familles de l’avant-poste, et plus largement aux quelque 380 000 colons juifs vivant en Cisjordanie. « Chers résidents d’Amona, mon cœur est avec vous », avait-il déclaré. M. Nétanyahou a voulu rappeler les efforts consentis pour aboutir à une issue non violente. « Nous avons consacré des jours et des nuits à cela, des dizaines de discussions, nous avons imaginé des solutions créatives, non conventionnelles, mais hélas ces suggestions n’ont pas été acceptées », avait-il reconnu à ce moment-là.
Tractations de la dernière chance
Le premier compromis qui avait été négocié au sein du gouvernement, puis avec le procureur général Avichai Mandelblit, consistait à déplacer les maisons mobiles sur quatre autres lots de terrains, considérés comme abandonnés, situés non loin du périmètre actuel d’Amona, pour une durée de deux ans. Lors de cette période, les autorités s’engageaient à trouver une solution définitive, en créant une nouvelle colonie. Mais après de longs palabres, les habitants ont refusé de croire à ces promesses. Des s de la dernière chance ont donc eu lieu.
Dimanche, les habitants de l’avant-poste se sont réunis pour étudier la nouvelle offre des autorités, et l’accepter au cours d’un vote : ce ne sont plus 12, mais 24 familles qui seront juste déplacées de quelques dizaines de mètres. Pendant ce temps, en ouverture du conseil des ministres, Benyamin Nétanyahou clamait son « amour » des colonies, qui justifiait tous les efforts entrepris. Il estimait qu’il avait « fait le maximum », avec Naftali Bennett, le leader du parti extrémiste le Foyer juif, pour trouver une solution. Mais le feuilleton est loin de sa conclusion, sur le plan judiciaire. La Haute cour de justice doit se prononcer sur un délai supplémentaire d’un mois, au-delà de la date butoir du 25 décembre, nécessaire pour organiser le déménagement. Or selon l’ONG Yesh Din, qui assiste les familles palestiniennes dépossédées à Amona, la solution trouvée est « illégale, immorale et déraisonnable » car l’un des lots retenus pour accueillir les familles a un propriétaire privé palestinien.
Dans son message aux colons, M. Nétanyahou a promis que de nombreuses constructions arabes illégales en Israël seraient massivement détruites dans les prochains jours. Le premier ministre voulait éviter tout affrontement entre les jeunes colons et l’armée pour des raisons sécuritaires et politiques. Un précédent a motivé tous ses efforts. Le 1er février 2006, des violences spectaculaires ont émaillé une intervention militaire et policière dans ce même avant-poste d’Amona, en vue de la destruction de neuf maisons. Près de 200 personnes, dont plusieurs députés venus en soutien, avaient été blessées.
Des avant-postes aux colonies
Cet épisode marqua tellement les esprits, six mois après l’évacuation de 8 000 colons de la bande de Gaza, qu’aucune autre opération de cette envergure ne fut conduite pas la suite. Pourtant, en 2005, dans un rapport commandé par le gouvernement d’Ariel Sharon, l’avocate Talia Sasson avait prôné l’éradication des avant-postes. M. Sharon avait promis de suivre la recommandation du rapport, mais n’en fit rien. Au contraire : depuis, près d’un tiers des avant-postes, sur la centaine qui existent, ont été légalisés ou sont en voie de l’être, reclassés comme simples quartiers excentrés de colonies existantes. Amona n’est qu’une micro-histoire à la résonance hors norme. Le tableau d’ensemble, lui, montre une avancée constante des idées de la droite nationale religieuse.
Celle-ci prône l’annexion pure et simple, à terme, de la zone C, qui représente 60 % de la Cisjordanie. L’étape intermédiaire est l’adoption éventuelle par la Knesset d’un projet de loi qui marquerait une rupture historique. En proposant de légaliser tous les avant-postes, la droite - avec le consentement silencieux de M. Nétanyahou – tente pour la première fois depuis 50 ans de légiférer au sujet des terres occupées. Or depuis 1967, ce sont les ordres militaires qui s’appliquent en Cisjordanie. Le projet de loi a déjà été adopté en première lecture. Son examen suivant est pour l’heure ajourné. Benyamin Nétanyahou tient à éviter ce choc tant que Barack Obama n’a pas quitté la Maison Blanche, pour ne pas l’encourager à une ultime initiative diplomatique inconfortable pour Israël.
Sur le chemin des députés se dresse la Haute cour de justice, qui n’a pourtant pas été un farouche adversaire de la colonisation. Mais ses magistrats considèrent qu’un pas grave serait franchi avec ce projet de loi, exposant même ses initiateurs à des poursuites internationales. Leur rejet de ce texte est presque une certitude, selon les experts. La question est d’autant plus cruciale et urgente que près de 2 000 habitations ou structures commerciales, bâties sur des terrains privés appartenant à des Palestiniens, seraient concernées par une démolition si les critères d’Amona étaient appliqués rigoureusement partout. A commencer par une dizaine de maisons dans la colonie voisine d’Ofra, dès janvier.

Le Monde | 18.12.2016

Israël expulse une responsable du COE en raison de son engagement « anti-occupation »

La secrétaire générale adjointe du Conseil œcuménique des Églises (COE), Isabel Apawo Phiri, a été expulsée d’Israël après avoir été interrogée à son arrivée à l’aéroport Ben Gourion, lundi 5 décembre.
Elle s’y rendait dans le cadre d’un programme jugé anti-israélien par les autorités, ce que le COE récuse.
« Dans une atteinte sans précédent contre la direction du Conseil œcuménique des Églises (COE) et le mouvement œcuménique, la secrétaire générale adjointe, Isabel Apawo Phiri, a été appréhendée, interrogée et expulsée de l’aéroport international Ben Gourion. » Dans un communiqué publié mardi 6 décembre, au lendemain de l’expulsion inédite de l’une des principales responsables du COE, cette institution « regrette profondément l’antagonisme israélien face (à ses) initiatives pour une paix accompagnée de justice pour les Palestiniens et les Israéliens ».
Isabel Apawo Phiri, originaire du Malawi, se rendait à Jérusalem afin de participer à des concertations avec des responsables ecclésiaux sur le Programme d’accompagnement œcuménique en Palestine et en Israël (EAPPI).
Selon la presse locale, c’est précisément ce programme qui pourrait être en cause dans la décision des autorités israéliennes de ne pas accepter l’entrée de la responsable du COE dans le pays. En effet, l’EAPPI déclare que sa mission est de « témoigner de la vie sous l’occupation, d’engager avec les Palestiniens et les Israéliens une paix juste, et de changer la participation de la communauté internationale dans le conflit contre l’injustice dans la région ».
Positions « anti-israéliennes »
Un positionnement jugé anti-israélien, voire proche du mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions). Une partie de la presse de l’État hébreu estime qu’Isabel Apawo Phiri s’inscrit dans cette initiative, affirmation que le COE rejette.
« Les accusations portées contre le COE et le programme EAPPI dans l’interrogatoire de Mme Phiri et publiées ce jour dans les médias sont entièrement fausses », a ainsi déclaré le pasteur Olav Fykse Tveit, secrétaire général du COE. « Je suis très surpris et consterné que le ministère de l’intérieur israélien ait apparemment fondé ses décisions sur des sources incorrectes et peu fiables. »
Le COE souligne par ailleurs dans son communiqué que la secrétaire générale adjointe était « le seul membre africain de la délégation » et « le seul à qui l’entrée a été refusé ». Il relève ainsi que le motif invoqué a été de l’ordre de « considérations de lutte contre l’immigration clandestine », justifiant la décision du COE d’introduire, par le biais de ses représentants légaux, un recours contre « cette action manifestement injuste et discriminatoire à l’encontre de Mme Phiri ».
Au mois de mai, le COE avait déjà protesté contre le traitement infligé à une délégation se rendant en Israël, et dont plusieurs membres avaient été expulsés. D’autres avaient subi de longues heures d’interrogatoires.

La Croix du 07.12.2016

 

Le Bien Public du 24.12.2016

Proche-Orient : Trump et ses gros sabots

Donald Trump vient de désigner comme prochain ambassadeur des Etats-Unis en Israël l’un de ses avocats, M. Friedman. Un
choix tout sauf anodin puisque ce dernier est activement engagé auprès de l’extrême-droite israélienne, favorable à la colonisation de la Cisjordanie par Israël et ouvertement opposé à la création d’un Etat palestinien. Si cette nomination est
confirmée par le Sénat, elle marquera une rupture brutale dans la politique américaine au Proche-Orient, certes alliée d’Israël,
mais qui a toujours considéré l’implantation de colonies comme un « obstacle à la paix » au-delà de leur caractère illégal sur le
plan du droit international.

Golias Hebdo n° 461 du 29 décembre 2016

Résolution à l’ONU sur les colonies israéliennes : un signal politique fort mais symbolique

Le texte voté par le Conseil de sécurité condamnant la colonisation dans les territoires occupés palestiniens ne devrait pas être appliqué, aucune sanction n’étant prévue. Décryptage.
Pour la première fois depuis trente-six ans, le Conseil de sécurité de l’ONU a condamné la colonisation israélienne dans les territoires occupés et à Jérusalem en demandant à l’Etat hébreu d’arrêter « immédiatement et complètement » de telles implantations. La résolution 2334 a été votée vendredi 23 décembre par quatorze voix et une abstention, celle des Etats-Unis, qui n’ont pas usé, comme à l’accoutumée, de leur droit de veto sur ce sujet très sensible pour Israël.
L’administration Obama sur le départ voulait ainsi montrer son exaspération face au double discours du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou. « On ne peut en même temps défendre l’expansion des colonies israéliennes et une solution à deux Etats », a rappelé l’ambassadrice américaine à l’ONU, Samantha Power. Il s’agit donc d’un tournant, mais largement symbolique.
• La résolution sera-t-elle appliquée ?
Non, même si les responsables palestiniens, à commencer par le président Mahmoud Abbas, ont salué « un coup sévère contre les politiques israéliennes ». D’entrée de jeu, juste après l’annonce du vote, Benyamin Nétanyahou a affirmé qu’Israël « rejet[ait] cette résolution honteuse et ne s’y conformera[it] pas ».
Rien dans le texte du document onusien ne l’y oblige. Aucune sanction n’est prévue dans la résolution 2334 en cas de non-respect du texte. En effet, la résolution n’a pas été adoptée sous le chapitre VII – qui autorise le recours à la force pour assurer la paix et la sécurité. Ce texte, par ailleurs, condamne aussi explicitement « tout acte de violence, y compris les actes terroristes », et dénonce « les appels à la haine » et « la rhétorique inflammatoire », prenant ainsi en compte des griefs israéliens.
Le signal politique n’en est pas moins très fort. Aussi bien la France que le Royaume-Uni, en votant le texte, que les Etats-Unis, par leur abstention, ont très clairement voulu rappeler leur attachement – comme la grande majorité de la communauté internationale – à la solution à deux Etats, c’est-à-dire un Etat israélien et un Etat palestinien vivant côte à côte.
Le texte de la résolution ne reconnaît aucun des “faits accomplis” établis par Israël dans les territoires occupés depuis 1967 ; au contraire, elle « réaffirme » que ceux-ci n’ont « aucun fondement en droit ». La poursuite de la colonisation – quelque 590 000 personnes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est annexé par Israël – morcelle toujours plus le territoire palestinien, rendant impossible, à terme, la création d’un Etat viable. Et, sur ce plan, rien ne va changer.
• Pourquoi la réaction israélienne est-elle alors aussi forte ?
« C’est le chant du cygne du vieux monde empreint d’hostilité contre Israël », a lancé Benyamin Nétanyahou, qui dénonce un texte « honteux ». Ce camouflet diplomatique n’en montre pas moins l’isolement croissant de ce gouvernement, qui est le plus à droite de l’histoire d’Israël. Les autorités de l’Etat hébreu dénoncent ouvertement un « oketz » américain, c’est-à-dire « un coup pourri », une vengeance de M. Obama contre un premier ministre israélien avec lequel il a toujours eu des rapports difficiles.
Selon ce dernier, le président américain a rompu un engagement pris en son temps par le président Jimmy Carter, « de ne pas dicter les termes de la paix à Israël au Conseil de sécurité ». Un engagement toujours respecté jusqu’ici… y compris par l’administration Obama, qui, en 2011 encore, bloqua un texte onusien sur la colonisation.
Le président sortant a par ailleurs été tout au long de ses huit ans de mandat au diapason de la relation stratégique entre les deux pays, et il a notamment validé un accord d’aide militaire d’ampleur sur dix ans pour un montant record de 36,3 milliards d’euros.
Donald Trump, selon toute probabilité, renforcera encore ces liens, d’autant que l’ambassadeur qu’il va nommer en Israël, David Friedman, est très proche de la droite israélienne et assure vouloir déménager l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, promesse récurrente de campagne des présidents américains, mais qui pourrait devenir désormais réalité.
Les autorités israéliennes n’en montrent pas moins une certaine inquiétude, car ce texte pourrait avoir des conséquences économiques bien réelles. En s’inspirant d’une recommandation de l’Union européenne, la résolution appelle ainsi à établir une politique de différenciation dans « tous les domaines opportuns » entre le territoire israélien et la Cisjordanie occupée. Et, surtout, elle pourrait enclencher une dynamique diplomatique.
• Que peut faire la communauté internationale ?
Elle ne peut pas faire grand-chose sans, ou a fortiori contre, les Etats-Unis, une fois que Donald Trump se sera installé à la Maison Blanche. Mais, d’ici là, l’administration Obama, comme, par ailleurs, Paris, lanceront plusieurs initiatives. Le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, devrait rappeler, lors d’un grand discours d’adieu, les paramètres d’une solution négociée avec les Palestiniens.
« Il faut fixer de grands principes par écrit avant d’entrer dans une période d’incertitude totale », explique un diplomate français, alors que doit se tenir à Paris, le 15 janvier, la deuxième conférence internationale pour le Proche-Orient, organisée cette année par la France, avec 70 pays. Ils étaient une trentaine en juin. Ce sera une occasion de rappeler haut et fort que le statu quo actuel n’est pas tenable et ce que doit être le cadre d’un règlement global pour « une solution à deux Etats, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité ».
Pour arriver à lancer un message commun, les participants à la réunion de Paris en juin avaient évité les questions les plus sensibles – les frontières, le statut de Jérusalem, le retour des réfugiés, la sécurité, ainsi que le partage de l’eau – pour mettre en avant les références qui ont été depuis des années au centre des diverses tentatives de paix, et notamment l’initiative arabe de 2002 pour une paix globale.
Cette fois-ci, le ton du communiqué final pourrait être plus ferme. Il s’agira certes, à nouveau, comme au printemps, « d’une conférence de témoignage », en l’absence des deux protagonistes du conflit, mais le premier ministre israélien comme le président palestinien seront invités le soir à l’Elysée pour « une restitution des travaux » et pour qu’on leur en remette symboliquement le message.
Benyamin Nétanyahou a déjà annoncé qu’il ne viendrait pas. Lundi, le ministre de la défense israélien, Avigdor Lieberman, a lui comparé ce sommet à « une version moderne du procès de Dreyfus », lors d’une réunion des députés de son parti. « Il n’y a qu’une différence entre ce qu’ils prévoient à Paris [et l’affaire Dreyfus], la dernière fois qu’il n’y avait qu’un seul Juif sur la tribune et maintenant tout le peuple d’Israël et tout l’Etat d’Israël », a-t-il ajouté.
Mahmoud Abbas, lui, y sera. Mais cela n’ébranle guère M. Nétanyahou, toujours plus convaincu que la prochaine installation de Donald Trump à la Maison Blanche « inversera le cours des événements concernant Israël ».

Le Monde du 26.12.2016

Le Crif regrette les propos « excessifs et inexacts » d’Avigdor Liberman

Au lendemain des déclarations du ministre israélien de la défense, lundi 26 décembre, qualifiant la conférence de paix sur le Proche-Orient qui doit se tenir prochainement à Paris de nouveau « procès Dreyfus », le Crif a condamné des propos « maladroits ».

Des propos « excessifs et inexacts ». C’est ainsi que le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a qualifié, dans un communiqué diffusé mardi 27 décembre, les affirmations prononcées la veille par Avidgor Liberman, ministre israélien de la défense.

« Il ne s’agit pas d’une conférence de paix mais d’un tribunal contre l’État d’Israël », avait ainsi assuré le ministre lors d’une réunion des députés de son parti, Israël Beiteinou (droite nationaliste), en référence à la conférence internationale sur le Proche-Orient qui se tiendra le 15 janvier à Paris.

« C’est une version moderne du procès (d’Alfred) Dreyfus avec l’État d’Israël et le peuple juif sur le banc des accusés », avait-il dit. Il avait également appelé les juifs de France à quitter ce pays, qui n’est « pas (leur) terre », évoquant notamment les récents attentats ayant visé des cibles juives. Avidgor Liberman, un ultranationaliste réputé pour ses propos populistes, a même soutenu que la « seule réponse à ce complot » qu’est la conférence de Paris était de s’installer en Israël.

Une conférence sans Israéliens ni Palestiniens

La France a prévu de tenir cette conférence le 15 janvier, avec 70 pays mais sans les Israéliens ni les Palestiniens, afin de réitérer le soutien de la communauté internationale à une solution au conflit israélo-palestinien sur la base de deux États. Dans la foulée de la conférence, Paris compte inviter le premier ministre israélien et le président palestinien pour leur rendre compte des travaux. Cependant Benjamin Netanyahu, très hostile à toute approche internationale du conflit israélo-palestinien, a déjà rejeté l’idée d’une rencontre avec Mahmoud Abbas à Paris.

Dans son communiqué, le Crif rappelle cependant « que les juifs sont en France depuis plus de 2000 ans et qu’ils ont acquis la pleine citoyenneté en 1791 ». Il « regrette que ces déclarations maladroites puissent faire le jeu des antisémites de tous bords et participent à la désinformation sur l’attachement des Français juifs à la République ».

Pour Francis Kalifat, président du Crif, la mission de cette structure « reste de veiller à ce que les juifs continuent de vivre pleinement leur judaïsme et leur identité en France dans la sécurité et la sérénité ».

Baisse de l’immigration française en Israël

Ces déclarations interviennent dans un contexte déjà tendu entre la France et Israël. La France a en effet voté, vendredi 23 décembre, en faveur d’une résolution de l'ONU demandant à Israël la fin de la colonisation des Territoires palestiniens occupés. L’ambassadrice de France avait été convoquée au ministère israélien des affaires étrangères après ce vote.

Selon l’AFP, près de 5 000 juifs de France ont immigré en Israël en 2016, soit une baisse de plus de 30 % par rapport à 2015. En 2014 et 2015, les juifs de France avaient fourni les plus gros contingents de l’immigration juive vers Israël, avec respectivement 7 200 et 7 800 immigrants.

La Croix du 27.12.2016


 




 

 

 

 

LAICISME


Vincent Peillon veut « sortir la religion du champ politique »

Lors d’un déplacement à Toulouse, lundi 19 décembre, l’ancien ministre de l’éducation, candidat à la primaire socialiste, a déclaré en avoir « assez qu’on nous parle toujours d’identité nationale et de religion ».
Le candidat à la primaire socialiste Vincent Peillon a affirmé lundi 19 décembre lors d’un déplacement à Toulouse, « vouloir sortir la religion du champ politique » et en avoir « assez qu’on nous parle toujours d’identité nationale et de religion ».
« Nous voulons sortir la question religieuse du champ politique français, nous voulons parler d’éducation, nous voulons parler de logement, nous voulons parler du social et nous en avons assez qu’on nous parle toujours d’identité nationale et de religion », a déclaré l’ancien ministre de l’éducation nationale (2012-2014) devant la presse, lors d’une visite d’un stade dans le quartier populaire du Mirail.
« Il y a certains Français aujourd’hui qui voudraient attiser les différences ou les haines entre les uns et les autres. La France et tous les enfants de France, quelle que soit leur origine, leur religion, leurs milieux sociaux ; tous les enfants de France, en réalité, veulent le contraire », a-t-il insisté. « Il faut de l’apaisement, il faut de la confiance, il faut des mains tendues. C’est ce dont nous avons besoin. Je veux être le candidat de ce sursaut-là, de cette fraternité-là entre les uns et les autres », a-t-il ajouté dans les locaux du club de foot AS Toulouse Mirail.
Une idée « humaniste » de la laïcité
Peu après sa candidature à la primaire, le 11 décembre, Vincent Peillon avait pris ses distances avec l’ancien premier ministre Manuel Valls, également candidat à la primaire socialiste, affirmant porter « une idée humaniste de la laïcité républicaine qui est celle de 1905 ». Il avait aussi indiqué ne pas comprendre « qu’on ait pu soutenir des arrêtés contre le burkini ».
Le 16 décembre, sur BFMTV, il avait encore défendu une vision ouverte de la laïcité, estimant notamment que « Faire un État neutre et un État quand même qui se fasse respecter, ça n’est pas attaquer un certain nombre d’identités qui sont des identités historiques, qui sont des identités culturelles ».
« Si vous amalgamez les plus ultras de chaque religion avec le corps religieux, vous faites quelque chose de très dangereux », avait-il encore lancé.
Relations houleuses avec les catholiques
Par le passé, Vincent Peillon a tenu des positions beaucoup plus intransigeantes à l’égard des religions, en particulier de la religion catholique. En 2013, l’initiateur des « chartes de la laïcité » à l’école s’était affronté à l’Enseignement catholique sur la question du mariage homosexuel. À la même période, une vidéo de 2008 avait refait surface, dans laquelle Vincent Peillon déclarait « on ne pourra jamais construire un pays de liberté avec la religion catholique ». Dans cette interview réalisée par les éditions du Seuil pour assurer la promotion de son livre La révolution française n’est pas terminée, le futur ministre assimilait alors la laïcité à une « religion républicaine ». « On a laissé le moral et le spirituel à l’Église catholique, il faut remplacer ça », déclarait-il encore.

La Croix du 20.12.2016



 

 

 

 

LAICITE


 

Le Bien Public du 24.12.2016
 

 

Le P. Michel Deneken élu à la tête de l’université de Strasbourg

Ce professeur de théologie, président par intérim de l’université depuis le mois de septembre, a recueilli, mardi 13 décembre, 26 voix contre 9 pour sa concurrente. Son statut de prêtre avait fait polémique.
Il était le grand favori du scrutin, mais sa candidature avait fait débat. Élu mardi 13 décembre avec une très large majorité de 26 voix contre neuf et une abstention, le P. Michel Deneken, professeur de théologie de 59 ans, devient ainsi le second président de l’une des plus grandes universités de France.
Avec son passé d’enseignant depuis 1989 à l’Université de Strasbourg (Unistra), de premier vice-président pendant huit ans puis de président par intérim de l’établissement depuis septembre 2016, la victoire du P. Deneken n’est pas surprenante. Mais son statut de prêtre, dont le principal intéressé assure qu’« elle n’aura aucune conséquence » sur la manière dont il assumera ses fonctions, avait ravivé le débat sur la laïcité en France.
Le Syndicat national des chercheurs scientifiques et le Syndicat national de l’enseignement supérieur (SNCS et Snesup, affiliés à la FSU) avaient notamment estimé que « le fait qu’un prêtre et théologien (…) puisse être président d’une grande université de recherche, constitue un très mauvais signal envoyé à la communauté scientifique de notre pays et à une société très divisée sur la question de la laïcité ». Des arguments balayés par le syndicat étudiant de l’Association fédérative générale des étudiants de Strasbourg (AFGES), soutenant le candidat victorieux, et par le P. Deneken lui-même.
Aucune allusion à la polémique
Dans son discours prononcé mardi à l’issue du scrutin, il n’a fait aucune allusion à cette polémique, se contentant de souligner notamment son ambition de « renforcer l’attractivité » de l’Unistra « au niveau mondial ». Il a rappelé les trois grands axes de son projet : dépasser « le paradoxe apparent de l’absence de sélection à l’entrée de l’université », « favoriser la réussite » du personnel enseignant et administratif, et soutenir la recherche.
Visiblement ému, le président nouvellement élu de la seule université publique française à disposer de facultés de théologie catholique et protestante – une particularité permise par le Concordat –, a ensuite commenté les résultats de son élection devant la presse : « je ne m’attendais pas à être élu au premier tour, ni à réunir une majorité aussi large. Pour moi, c’est notamment le résultat d’une campagne de terrain. Cela nous engage aussi à gouverner dans la concertation la plus large ». Depuis l’annonce de sa candidature, il a en effet été la cible de plusieurs attaques de détracteurs jugeant que son statut de prêtre le discréditait.
« Pas d’atteinte à la laïcité »
En marge de l’élection, le P. Deneken a réagi auprès de plusieurs médias l’ayant interrogé sur une éventuelle entrave au principe de laïcité. « Il n’y a pas d’atteinte à la laïcité. Je suis un enseignant-chercheur nommé par le président de la république avec les mêmes devoirs, la même liberté que tous les enseignants-chercheurs », a-t-il fermement réaffirmé aux Dernières nouvelles d’Alsace.
« Cette polémique montre que dans certains esprits en France, on n’a toujours pas réglé de manière sereine et raisonnable ce qu’est la laïcité », a-t-il également souligné à l’hebdomadaire Le Point. « Le vrai modèle français est la neutralité », a-t-il ajouté, déplorant une conception de la laïcité qui viserait à « bannir » les religions des « espaces publics ».

La Croix du 14.12.2016

Une formation en laïcité pour tous les fonctionnaires

Selon les recommandations d’un rapport rendu public le 9 décembre, l’ensemble des agents de la fonction publique seront formés au respect de la laïcité.
Une mise en œuvre immédiate pour répondre à « l’angoisse » des fonctionnaires. Le jour même où lui était remis un rapport intitulé « Laïcité et fonction publique », la ministre Annick Girardin indiquait à l’antenne de RMC qu’elle entendait mettre en application six des vingt propositions formulées par la commission dite laïcité présidée par Émile Zucharelli, ancien ministre de la fonction publique.
Une formation pratique
Première et principale mesure : une formation initiale obligatoire à tous les niveaux et pour tous les fonctionnaires alliant connaissance de la loi et cas pratiques. Car la difficulté des agents se situe bien là, dans l’articulation entre le droit et des situations concrètes qu’il faut souvent affronter dans l’urgence, que soit demandé « un couloir spécifique pour une femme à la piscine, qu’un enfant garde la kippa alors qu’il va rentrer en salle chirurgicale ou encore qu’un agent public vienne travailler avec deux énormes boucles d’oreille en forme de croix », a précisé la ministre.
Un référent de proximité
C’est l’autre proposition majeure, qui vise à répondre à ce besoin sur le terrain d’un conseil fiable et rapide : un référent « laïcité » dans toutes les administrations, capable « de donner tout de suite une réponse », a insisté la ministre, faisant remonter le désarroi actuel des agents : « soit on a personne, soit on a un contre-ordre ». Un portail Internet commun aux trois versants de la fonction publique (État, hospitalière, territoriale) sur la laïcité complétera ce dispositif de soutien.
Réalité et ressenti
Il s’agit donc de répondre à une double crainte, sensible chez les fonctionnaires : celle « de ne pas savoir comment réagir en cas de problème » et celle « de ne pas être soutenu par leur hiérarchie, qui peut parfois leur reprocher d’adopter une attitude discriminatoire à l’égard des personnes concernées (qu’il s’agisse d’ailleurs d’agents ou d’usagers) ».
Malgré ce ressenti des agents, fait « d’angoisses et d’un sentiment d’abandon », la ministre souligne que la laïcité est globalement « bien appliquée dans la fonction publique et ne pose pas, en règle générale, de problème ». Une affirmation fondée sur le rapport, qui relève un nombre faible de « situations problématiques ».

La Croix du 09/12/2016

Laïcité à l’école, pas d’exemption de piscine pour les musulmanes, affirme la CEDH

La CEDH a débouté, mardi 10 janvier, un couple de musulmans qui refusait d’envoyer ses filles au cours de natation dans le cadre scolaire.
Les juges ont estimé que la Suisse ne bafouait pas la liberté de religion en obligeant tous les élèves à participer aux activités sportives.

C’est une décision très attendue qu’a rendu aujourd’hui la Cour de Strasbourg. Saisis par un couple d’origine turque pratiquant un islam rigoriste, les juges devaient répondre à la question suivante : le fait d’obliger des jeunes filles à participer à des cours de natation mixte dans le cadre scolaire bafoue-t-il la liberté de conscience ? La Cour a répondu par la négative. Pour elle, la Suisse est dans son droit en exigeant une participation inconditionnelle des enfants aux activités sportives.

Obligation de scolarité versus liberté religieuse

Les juges ont considéré que « les autorités suisses, en refusant d’exempter deux élèves de confession musulmane des cours de natation mixtes obligatoires, ont fait prévaloir l’obligation pour les enfants de suivre intégralement leur scolarité et n’ont pas violé le droit à la liberté de religion ».

Concédant que le droit de manifester sa religion était bien en jeu dans cette affaire, la cour a toutefois jugé que « l’ingérence des autorités suisses dans le droit des intéressés à leur liberté de religion poursuivait un but légitime », en l’espèce, « la protection des élèves étrangers contre tout phénomène d’exclusion sociale ».

« L’intérêt des enfants à une scolarisation complète, permettant une intégration sociale réussie selon les mœurs et coutumes locales » prime sur la volonté des parents, affirme ainsi la CEDH.

Éviter les dérives communautaristes

« Cette décision rappelle la large marge d’appréciation dont bénéficient les États en matière religieuse, mais pas seulement. Les juges reconnaissent par ailleurs la scolarité comme étant un facteur d’intégration et la font prévaloir sur toute forme de revendication religieuse ou communautariste », décrypte Nicolas Hervieu, spécialiste de la jurisprudence européenne.

Les juges donnent d’autant plus raison aux autorités helvétiques qu’elles ont, par souci d’apaisement, proposé une alternative aux requérants en acceptant que leurs filles portent un burkini – une proposition refusée par ces derniers.

Des exemptions possibles à la puberté

La Cour avait été saisie par un couple résidant à Bâle (nord-ouest de la Suisse) et possédant la double nationalité turque et suisse. Ces parents avaient écopé d’une amende d’un peu moins de 1 300 € pour avoir refusé, au nom de leurs convictions religieuses, d’autoriser leurs deux filles, alors âgées de 7 et 9 ans, à aller à la piscine dans le cadre de leur scolarité. Le cadre réglementaire applicable prévoyait de possibles exemptions pour des raisons religieuses, mais seulement à partir de la puberté.

Cet arrêt n’est pas définitif : les parents ont trois mois pour demander un nouvel examen du dossier par la Cour, que celle-ci n’est toutefois pas tenue de leur accorder.

La Croix du 10/12/2016

Un homme politique peut-il affirmer ses convictions religieuses ?

Il y a une semaine, le candidat LR à la présidentielle affirmait, au sujet de son projet de réforme du système de santé : « Je suis gaulliste et, de surcroît, je suis chrétien. Cela veut dire que je ne prendrai jamais une décision qui soit contraire à la dignité humaine… » François Fillon se voit reprocher de mettre sa foi en avant, y compris dans son camp, par des personnalités comme Henri Guaino ou François Bayrou.

Des propos révélateurs du retour d’une « droite des valeurs »

Jérôme Fourquet
Politologue, directeur du département opinion et stratégies à l’Ifop

Les présidents n’ont jamais cherché à cacher leurs convictions religieuses. De Gaulle, Pompidou, Giscard ou même Chirac allaient à la messe. Mais dans l’exercice de cette fonction qui exige prudence et retenue, ils prenaient soin de respecter une séparation entre vie privée et vie publique. C’est Nicolas Sarkozy qui va les décloisonner. Candidat à la présidence, il publie un livre, Libre, dans lequel il évoque son rapport à la religion puis s’engage, s’il est élu, à se retirer quelques jours dans un monastère. Il y eut ensuite le discours du Latran qui évoque la primauté du prêtre sur l’instituteur. Nicolas Sarkozy avait été très loin dans cette remise en cause de la séparation des registres. Mais, dans les faits, les catholiques y ont finalement vu une forme d’instrumentalisation de la religion par celui qui passa ses lendemains d’élection sur un yacht de milliardaire… François Fillon continue dans cette forme de décloisonnement, mais il incarne une sincérité, et beaucoup de catholiques peuvent se reconnaître en lui. Il est cet homme aux racines rurales qui s’engage auprès des chrétiens d’Orient et prend au sérieux les demandes de Sens commun sur la filiation.
L’attitude du candidat Les Républicains relève aussi d’une double stratégie. Premièrement, il a mené la campagne de la primaire en ciblant chaque segment de l’électorat de la droite, dont celui des catholiques. Il a bien senti que les milieux conservateurs étaient un enjeu important et qu’il y avait danger à laisser le champ libre à Marion Maréchal-Le Pen. Deuxièmement, cette affirmation d’une identité chrétienne est révélatrice du retour d’une « droite des valeurs » aujourd’hui décomplexée. La domination culturelle de la gauche soixante-huitarde qui a mené, selon elle, au désastre est terminée. La droite réaffirme désormais qui elle est, revendique des racines, reprend le récit de 2 000 ans d’histoire, dont la religion fait partie. La France, c’est aussi « la terre et les morts » selon la formule de Barrès. Dans un pays en proie à la peur, notamment vis-à-vis de l’islam qu’une partie de l’opinion perçoit comme conquérant, François Fillon a bien perçu qu’il faut savoir dire qui l’on est. Il ne s’agit pas d’une offensive contre le camp laïque mais d’une affirmation identitaire. De ce point de vue, les critiques de la gauche comme de la droite me semblent peu opérantes. La déclaration de François Fillon, disant « je suis gaulliste et de surcroît chrétien » est doublement habile. Il s’agit de désamorcer le procès en ultralibéralisme qu’on lui fait, en revendiquant ces héritages pour convaincre de son respect de la « dignité humaine » et de « la solidarité ». Et dans le même temps de réaffirmer son identité chrétienne alors que, sur les réseaux sociaux, il est la cible d’accusations de collusion avec l’islam.

Elles ont toujours compté dans le débat public

P. Paul Valadier
Jésuite et philosophe

Les convictions religieuses peuvent, mais surtout doivent s’exprimer dans le débat public et non se cantonner à l’intime de nos cœurs ou d’une sacristie. Un fidèle engagé en politique ne peut pas affirmer qu’il aime Dieu tout en méprisant son prochain, et proposer un programme qu’il n’inscrit pas lui-même dans la recherche de la concorde, de la justice et du bien commun. Ce sont là les vérités élémentaires de l’Évangile. S’il est convaincu qu’à travers le service de ses frères, c’est bien le service de Dieu qu’il assume, il ne peut se désintéresser du sort des autres, de son village, ou de l’Europe. Il peut dès lors affirmer sa foi publiquement.
Les récentes polémiques sur la place de la religion, qui ont agité le débat à gauche comme à droite, nous font oublier que les convictions religieuses ont toujours été présentes en politique. N’oublions pas, par exemple, que François Mitterrand devait déjà en partie son élection, en 1981, aux catholiques de gauche…
Depuis quelques mois, nous avons l’impression de découvrir la présence de catholiques dans la sphère politique. François Fillon, en se déclarant chrétien, s’est finalement exposé à une petite épreuve de vérité. Il est dans l’intérêt des citoyens de savoir aussi pour qui ils votent, mais cela ne veut pas dire pour autant que ces derniers voteront ensuite pour lui parce qu’il va à la messe. Comme tous, il sera jugé sur un programme politique, que les électeurs jugeront fécond ou non pour la nation.
Cela posé, le problème est donc désormais de savoir quel projet politique adopter, dans ce souci principal de la recherche de la justice, intrinsèque aux religions. Si les candidats peuvent afficher leurs croyances, leurs programmes n’ont pas, en revanche, à afficher de convictions religieuses explicites. Leurs projets doivent se cantonner au domaine politique, nous verrons bien ensuite s’ils ont le souci de prendre soin des plus pauvres, de répondre aux grandes questions de la société.
Contrairement à ce que certains « laïcistes » affirment, les convictions religieuses comptent et ont toujours compté en politique, même si elles ne s’expriment pas clairement dans les programmes. Affirmer qu’elles relèvent uniquement de la sphère du privé, comme l’a fait hier l’ancien premier ministre Manuel Valls, témoigne d’un aveuglement sur la place des religions dans nos sociétés et dans le monde aujourd’hui. C’est une erreur, une illusion politique.
Mais il est vrai que les candidats, s’ils se risquent à aller trop loin dans l’affirmation de leurs croyances respectives, pourraient aussi faire émerger un risque de communautarisme et des politiques explicitement religieuses dangereuses. Je ne pense pas que François Fillon soit allé, ou ira jusque-là : il a juste affirmé qu’il était catholique, ce que tout le monde savait finalement déjà. Donc je ne vois pas bien les choses se profiler vers cela.
 

La Croix du 10/12/2016

Le Bien Public du 11/12/2016

 

La vente de la burqa pourrait être interdite au Maroc

Le ministère de l’intérieur aurait sommé les commerçants d’arrêter la vente et la production de ce voile intégral. La burqa, contrairement à d’autres types de voiles intégraux, n’est pourtant presque pas portée au Maroc.

L’information s’est diffusée comme une traînée de poudre au Maroc. Selon le site Le360, souvent bien informé, le royaume aurait interdit la vente et la production de burqas. L’article publié lundi 9 janvier précise qu’« interrogée sur une éventuelle future interdiction du port de la burqa, notre source est restée évasive. » Les autorités auraient invoqué des raisons sécuritaires. La photo d’un document officiel donnant 48 heures aux commerçants pour se débarrasser de leurs burqas sous peine de confiscation semblait confirmer l’information.

Plusieurs médias marocains assurent avoir eu confirmation de l’interdiction auprès de commerçants et d’agents d’autorité locaux. Le ministère de l’intérieur marocain n’a pourtant pas confirmé l’information. Contactée par La Croix, l’AMDH, plus importante ONG marocaine de défense des Droits de l’Homme, n’avait pas non plus obtenu de confirmation.

Une présence ultra-minoritaire au Maroc

Sous l’impulsion du roi Mohamed VI, le Maroc se présente comme le héraut d’un « islam du juste milieu », tolérant et respectueux de l’égalité entre les hommes et les femmes. Une mesure d’interdiction de la burqa pourrait en être l’illustration.

Pourtant, le port de la burqa, une forme de voile intégral d’origine afghane, est ultra-minoritaire au Maroc, si ce n’est inexistante. Les Marocaines qui portent le voile mettent en général un simple hijab et certaines, notamment en milieu rural, utilisent le niqab marocain ou le hayek qui couvrent le visage. Un autre type de niqab, originaire du Golfe, est aussi apparu il y a quelques années sous l’influence de l’islam salafiste. Si l’interdiction était confirmée, il faudrait donc se poser la question de sa portée : concerne-t-elle la seule burqa ou s’étend-elle à toutes les formes de voile intégral ?

Réaction indignée des salafistes

Des prédicateurs salafistes ont vivement réagi aux rumeurs d’interdiction. « C’est inacceptable de défendre aux citoyennes de porter le niqab oriental, comme d’interférer dans sa commercialisation », s’indigne l’un des plus célèbres, Hammad Kabbadj, interviewé par le site marocain Yabiladi. Dans les milieux islamistes, l’interdiction de la burqa semblait être interprétée comme celle du voile intégral. Les partisans de cette ligne dure de l’islam considèrent généralement que le port de ce type de voile par les femmes musulmanes est recommandé.

Ces réactions n’étonnent pas Saida Drissi, président de l’Association démocratique des femmes du Maroc (ADFM) : « Les Droits de l’Homme sont indivisibles. Ces salafistes s’indignent de l’interdiction supposée de la burqa mais on ne les entend jamais quand on empêche une femme de mettre une minijupe. » Signe que la mesure, si elle était confirmée, était largement inattendue, l’ADFM n’a pas encore de position arrêtée de soutien ou non à une interdiction de la burqa.

La Croix du 10.01.2017

À Genève, deux projets de loi menacent la contribution religieuse volontaire

Les députés suisses pourraient mettre fin, en 2017, à la prestation permettant aux citoyens de verser une contribution religieuse via leurs déclarations d’impôts.

Ce projet de loi fait craindre à l’Église catholique romaine (ECR) une perte d’environ 20 % de ses revenus de dons.

Dans le canton de Genève, où il n’y a pas d’impôt ecclésiastique, elle est vitale pour les finances des trois Églises reconnues par le droit public. Mais elle pourrait bientôt disparaître. En 2017, les députés genevois vont devoir se prononcer sur deux projets de loi qui pourraient entériner la fin de la prestation permettant aux fidèles de verser une contribution religieuse volontaire directement via leurs déclarations d’impôts. La suppression de cette voie de donation, dont les montants sont ensuite perçus et redistribués par l’État aux Églises, fait craindre au clergé du canton une perte de 20 à 25 % de ses revenus de dons.

« Une inégalité de traitement »

Cette intervention de l’État dans le processus de donation est particulièrement contestée par les deux projets de loi portés par l’extrême gauche du pays. « On constate, avec cette contribution ecclésiastique, qu’il y a une différence de droit, une inégalité de traitement entre les citoyennes et les citoyens », condamne notamment le député d’Ensemble à Gauche Pierre Gauthier, sur le site de la Radio Télévision Suisse (RTS). « C’est aux Églises de faire en sorte que ce soit leurs fidèles qui les entretiennent », ajoute-t-il, jugeant que la collectivité n’a pas à offrir ce service à des Églises particulières.

Au contraire, le Conseil d’État estime qu’il faut maintenir ce service et l’ouvrir à plus d’organisations religieuses. Si cette dernière proposition est finalement retenue par les députés, une dizaine de ces dernières pourraient dès lors bénéficier, elles aussi, de cette « contribution religieuse volontaire ».

Craintes des Églises du canton

Dans le canton, les Églises désapprouvent fortement la suppression de cette prestation. « Cela aurait un impact négatif immédiat [entraînant la disparition] d’à peu près 25 % de nos revenus (…) d’un jour à l’autre », précise à la RTS le responsable des finances de l’Église protestante de Genève, Eric Vulliez, en ajoutant qu’« essayer de retrouver le chemin de ces donateurs par d’autres moyens (…) pourrait prendre beaucoup de temps et d’argent ».

L’Église catholique romaine (ECR) établit à 20 % le montant des pertes qu’elle pourrait subir si le projet de loi de l’extrême gauche est voté. « Les partis qui ont lancé cette idée considèrent que les Églises sont des associations comme les autres et qu’elles ne devraient pas bénéficier de ce genre de privilège », a indiqué au portail catholique suisse Cath.ch Guylaine Antille, la responsable communication de l’ECR. Elle a tenu à préciser, en outre, que cette voie de donation représentait un acte civique, et un gage de sécurité, pour de nombreux fidèles.

La Croix du 04.01.2017

En Inde, la Cour suprême interdit l’utilisation de la religion en campagne électorale

En affirmant, le 2 janvier, que « l’élection constitue un exercice laïque », la Cour Suprême indienne a pris une décision historique qui devrait dorénavant empêcher que des candidats mettent en avant leur appartenance religieuse.

C’est une décision historique que la Cour suprême indienne a pris lundi 2 janvier. Elle a statué qu’il est désormais interdit à tout candidat à une élection de recourir, durant le temps de la campagne électorale, à des arguments fondés sur la religion, la caste, ainsi que l’appartenance communautaire ou linguistique. Une telle recherche des suffrages est, juge-t-elle, « assimilable au délit de corruption ».

« L’État étant de nature laïque, il ne peut être identifié avec aucune religion ou dénomination religieuse. L’élection constitue un exercice laïque, tandis que le rapport entre l’homme et Dieu est un choix individuel », a argumenté le collège délibérant.

Cette décision a été émise dans le cadre d’un recours présenté en 1992 par le chef du BJP (Baratiya Janata Party, parti de droite nationaliste hindoue), Abhiram Singh. Son élection à l’Assemblée parlementaire de l’État du Maharashtra avait été invalidée en 1991 par la Haute cour de Bombay dans la mesure où ce candidat avait ouvertement appelé à voter pour lui parce qu’il était hindou.

Définition non-religieuse de l’Hindutva

En 1995, pourtant, cette même Cour suprême avait défini l’Hindutva (« hindouïté » ou « indianité ») comme un concept de « style de vie » et non de « religion », confirmant ainsi la possibilité d’utiliser ce concept dans le cadre électoral. À l’époque, cette décision avait déçu les intellectuels et acteurs socio-politiques qui défendent une nette séparation entre religion et politique.

Selon John Dayal, ancien président de l’organisation All India Catholic Union (AICU) et observateur attentif des religions en Inde, « ce sont justement des responsables du BJP, tels Lal Krishna Advani, qui ont instrumentalisé la foi en l’entraînant dans l’arène politique ». John Dayal cite la destruction de la mosquée Babri à Ayodhya, en décembre 1992, sur fond de conflit entre musulmans et hindous, ainsi que les deux milliers de personnes, majoritairement musulmanes, tuées au cours des émeutes qui avaient suivi cette destruction.

Quel effet direct sur les groupes fondamentalistes hindous ?

D’autres violences antimusulmanes au Gujarat en 2002 avaient aussi profité électoralement au BJP. « Il faudra voir, relève John Dayal, si la décision prise par la Cour suprême aura un effet direct sur les groupes fondamentalistes hindous, ou sur des partis qui se déclarent musulmans » – les chrétiens, eux, ne disposent pas de formations politiques basées sur le facteur religieux, même s’ils sont influents au sein de l’État du Kerala ou dans le nord-est de l’Inde.

« Il faudra comprendre comment cette décision historique sera appliquée dans le cadre des prochaines élections dans l’ensemble du pays », remarque prudemment pour l’agence Fides Michael Gonsalves, journaliste catholique du Financial Chronicle et ancien président de la Indian Catholic Press Association.

La Croix du 04.01.2017

L’Église luthérienne de Norvège et l’État officiellement séparés

Depuis le 1er janvier 2017, la séparation entre l’Église luthérienne de Norvège et l’État est actée.

Alors que la Norvège était l’un des derniers pays développés à avoir une religion d’État, son Parlement avait entériné en 2012 la séparation de l’Église luthérienne et de l’État après une révision constitutionnelle. Depuis le 1er janvier, c’est chose faite. Selon la nouvelle législation, les 1 250 prêtres et évêques norvégiens ne seront plus payés par le gouvernement ni nommés par le roi Harald V. Pour la presse locale, il s’agit du « plus grand changement depuis la Réforme », il y a cinq cents ans.

La loi, votée au Parlement il y a une dizaine d’années, prévoyait d’effacer de la Constitution norvégienne la phrase suivante : « la religion luthérienne restera la religion publique d’État » au profit de : « l’Église de Norvège, une Église luthérienne, demeurera l’Église nationale de Norvège et sera soutenue comme telle par l’État ».

Peu de pratiquants

Certains estiment que cette séparation ne va pas assez loin. En tout cas, elle ne devrait pas avoir d’incidence sur la fréquentation des fidèles. D’après l’Église norvégienne, 73 % des habitants sont baptisés, mais ils ne sont que très peu à pratiquer.

En août, l’Église luthérienne de Norvège, majoritaire dans le pays scandinave, avait annoncé avoir perdu près de 15 000 de ses fidèles et ce, en l’espace de quatre jours, après la mise en ligne d’une page Internet permettant à chacun de vérifier son statut, mais aussi de s’inscrire ou de se désinscrire.

En avril, l’Église avait dit « oui » au mariage entre personnes de même sexe. Elle rejoignait ainsi ses voisins, la Suède et le Danemark, où le mariage religieux pour les personnes de même sexe était déjà autorisé.

La Croix du 04.01.2017


Le gouvernement du Burkina Faso retire un projet de loi controversé sur les libertés religieuses

Ouagadougou a annoncé lundi 9 janvier le retrait d’un projet de loi très contesté sur les libertés religieuses.

Le gouvernement du Burkina Faso a annoncé lundi 9 janvier, le retrait d’un projet de loi controversé sur l’exercice des libertés religieuses.

Des voix se sont principalement élevées du côté des représentants de la communauté islamique du pays. Le Conseil des oulémas (sages musulmans) du Burkina Faso s’est réuni le 7 janvier pour discuter de la question. Le groupe a émis toute une série de réserves quant aux atteintes à la liberté religieuse qui pourraient résulter de l’entrée en vigueur de la législation proposée.

Les petits rassemblements de prière menacés ?

Les oulémas se sont notamment interrogés sur l’article stipulant que « l’exercice collectif du culte a lieu exclusivement dans des édifices destinés à l’exercice du culte public, et identifiables de l’extérieur ». Les sages musulmans craignent que les petits rassemblements de prière, par exemple au bord des routes ou dans les gares, soient rendus illégaux. Ils ont aussi demandé si un édifice de prière non identifiable de l’extérieur pourrait être frappé d’interdiction.

La Fédération des associations islamiquesdu Burkina(FAIB) a, de son côté, réclamé plus de précisions au sujet des libertés religieuses dans le cadre éducatif. Le projet de loi prévoit en effet que les membres du personnel des établissements publics d’enseignement sont libres de leurs opinions religieuses et de leurs croyances, « mais ne peuvent les manifester qu’en dehors du service ». La FAIB a craint que les enseignants musulmans ne puissent plus prier à l’école, hors des salles de classe, porter le boubou, le bonnet ou le voile.

Conséquences dommageables

« Les ulémas de la ummah islamique du Burkina, après avoir examiné article par article, le projet de loi, ont émis des inquiétudes profondes sur certaines dispositions du texte », peut-on lire dans le communiqué de la Fédération. « De toute évidence, l’application en l’état du projet de loi, va réduire la liberté de conscience et de culte telle que reconnue par notre Constitution, avec très probablement des conséquences dommageables sur le vivre ensemble apprécié de tous au Burkina Faso. »

Face à la vague de protestations, le ministre en charge des cultes, Simon Compaoré, a décidé de retirer le projet de loi. Dans son communiqué du 10 janvier, l’élu a indiqué que le texte avait été retiré « afin d’approfondir les concertations avec tous les acteurs concernés » pour aboutir à un projet de loi « consensuel, gage de paix et de stabilité sociale ».

« Nous avons à cœur de construire un Burkina de coexistence pacifique, et à aucun moment un projet de loi ne va remettre en cause cette quiétude », a ajouté Remis Fulgance Dandjinou, porte-parole du gouvernement burkinabé et ministre de la communication.

La Croix du 12.01.2017







 

 

 

 

LEGIONNAIRES DU CHRIST


Le pape invite les jeunes prêtres à être « médiateurs », pas « intermédiaires »

Il salue les Légionnaires du Christ et les séminaristes de Brescia
Audience générale du 14 décembre 2016

Lors de l’audience générale du 14 décembre 2016, le pape François a encouragé les jeunes prêtres à être « médiateurs », et non pas « intermédiaires ».
Après la catéchèse, le pape a en effet salué les séminaristes de Brescia, dans la région italienne de la Lombardie ainsi que les nouveaux prêtres de la congrégation des Légionnaires du Christ, présents avec leurs familles salle Paul VI. Trente-six Légionnaires ont été ordonnés dans la basilique de Saint-Jean-du-Latran le 10 décembre dernier, par le cardinal Secrétaire d’Etat, Pietro Parolin.
« Je souhaite, a dit le pape, que vous puissiez vivre votre sacerdoce avec authenticité, esprit de service et capacité de médiation entre la grâce de Dieu et la fragilité de la condition humaine ». « Capacité de médiation, a-t-il insisté : vous devez être des médiateurs, jamais des intermédiaires ».
Le pape a récemment invité les prêtres à être médiateurs, au cours de la messe du 9 décembre : la logique de Jésus, « c’est la logique du médiateur », différente de celle de « l’intermédiaire », qui « fait son travail et reçoit sa paie » comme un « fonctionnaire », a-t-il expliqué.
Le prêtre authentique, a soutenu le pape, « est un médiateur très proche de son peuple » et il suit la logique de Jésus qui est « de s’anéantir soi-même ». Le prix est « de donner sa vie, (…) sa fatigue, son travail » pour « unir le troupeau, pour unir les personnes, pour les conduire à Jésus ».
Le prêtre intermédiaire, a-t-il prévenu, « n’est pas heureux » : « Les prêtres intermédiaires prennent le chemin de la rigidité : si souvent, (…) ils ne savent pas ce qu’est la souffrance humaine ; (…) ils sont rigides ». Et les fidèles « sont chassés par cette rigidité ».

La Croix du 14.12.2016

Mort de Mgr Mullor Garcia, le nonce qui avait dénoncé Marcial Maciel

Les obsèques de Mgr Justo Mullor Garcia, ancien nonce apostolique au Mexique, ont été discrètement célébrées lundi 2 janvier dans la chapelle du Palais du Gouvernorat du Vatican, présidées par le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, et en présence des plus hautes autorités vaticanes.

Très discret depuis sa retraite en 2007, Mgr Mullor Garcia était celui qui, nonce au Mexique de 1997 à 2000, avait eu le courage de dénoncer à Rome les agissements du P. Marcial Maciel, le fondateur des Légionnaires du Christ.

Né en 1932 en Andalousie (sud de l’Espagne), ordonné prêtre pour le diocèse d’Alméria en 1954, Mgr Mullor Garcia était entré en 1967 au service diplomatique du Saint-Siège, travaillant dans plusieurs nonciatures avant d’être nommé, en 1975, observateur au Conseil de l’Europe.

Nommé nonce en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso et au Niger en 1979, puis observateur du Saint-Siège aux Nations unies à Genève en 1985, il était devenu, en 1991, le premier nonce en Estonie, Lettonie et Lituanie, tout en étant nommé, l’année suivante, administrateur apostolique d’Estonie.

En 1997, sa carrière diplomatique est couronnée par l’importante nonciature du Mexique où il connaît en particulier la crise du Chiapas.

« Promu » président de l’Académie pontificale ecclésiastique

Mais il se fait surtout remarquer en étant le premier à faire remonter, à Rome, les dénonciations contre les crimes du fondateur des Légionnaires du Christ, le P. Marcial Maciel.

Ce dernier, extrêmement influent au Vatican, obtient néanmoins son rappel : Mgr Mullor Garcia est alors « promu » président de l’Académie pontificale ecclésiastique, l’« école des nonces », qui forme les cadres de la diplomatie vaticane.

Il faudra attendre 2005, et l’élection du pape Benoît XVI, pour que le dossier contre le P. Maciel refasse surface grâce à la détermination du pape allemand à faire la lumière sur les agissements du prêtre mexicain.

Mgr Mullor Garcia avait quitté l’Académie pontificale ecclésiastique en 2007 et vivait depuis retiré à Rome, non loin du Vatican.

Le pape Benoît XVI avait marqué son estime pour lui en le nommant, en 2009, membre de la Congrégation des causes des saints.

Il est mort le 30 décembre dernier d’un infarctus à l’âge de 84 ans.

La Croix du 05.01.2017

La justice américaine donne son feu vert à un procès contre les Légionnaires du Christ

Un juge de Rhode Island a donné son feu vert à un procès intenté contre la congrégation fondée par le P. Marcial Maciel par un lobby pro-life qui l’accuse de détournement d’héritage.

La congrégation des Légionnaires du Christ est confrontée depuis la mort de son sulfureux fondateur, le P. Marcial Maciel (1920-2008) à de nombreuses batailles juridiques. L’une d’elles vient de connaître un nouveau développement : le lobby pro-life Americans United for Life (AUL) l’accuse d’avoir capté l’héritage d’une riche veuve, catholique fervente et sans enfant, Gabrielle Mee. Celle-ci aurait promis, en 1991, de léguer 10 % de ses biens à la cause pro-vie et aurait finalement donné toute sa fortune personnelle à la congrégation du P. Maciel, soit 60 millions de dollars, à sa mort en 2008. Soit deux ans après que le Vatican avait condamné à une vie recluse de prière et de pénitence le prêtre mexicain, reconnu coupable de nombreux abus sexuels sur des séminaristes et sur ses propres enfants.

Une précédente tentative de la nièce de Gabrielle Mee

Americans United for Life a donc décidé l’an dernier d’intenter une action en justice devant la Cour supérieure de Rhode Island. La Légion du Christ avait alors fait appel des poursuites la visant mais n’a pas obtenu gain de cause. Le juge Michael Silverstein a ainsi confirmé, au début du mois de janvier, que le procès se tiendra bien, même s’il a requalifié les poursuites, abandonnant une partie des charges, la fraude et l’influence indue, et ne retenant que la violation des obligations fiduciaires.

Il y a cinq ans, Mary Lou Dauray, la nièce de Gabrielle Mee, avait intenté elle aussi une action en justice, faisant valoir que sa tante avait été escroquée par la congrégation dont les responsables auraient tenté de lui cacher les méfaits de Marcial Maciel. Elle estimait que sa tante n’aurait jamais légué sa fortune à la Légion du Christ si elle avait eu connaissance de ces scandales. Elle affirmait également ne pas vouloir récupérer cet argent, mais souhaiter le reverser à une œuvre de charité plus méritoire. Le juge Silverstein avait rejeté la plainte, estimant que la nièce de Gabrielle Mee n’avait pas qualité pour agir.

La Légion du Christ estime avoir « agi de manière appropriée »

Interrogé par l’Associated Press sur cette nouvelle action en justice, le porte-parole des Légionnaires du Christ, Jim Fair, a fait savoir que la congrégation estimait avoir « agi de manière appropriée dans sa relation avec Madame Mee ».

Parmi les autres actions en justice auxquelles la Légion doit faire face, figure celle de deux des fils de Marcial Maciel. Ils estiment que la congrégation aurait dû savoir qu’ils auraient pu être abusés sexuellement par leur père compte tenu des connaissances bien documentées, y compris au Vatican, que le fondateur était un prédateur sexuel, un toxicomane et un menteur pathologique. Un récent document judiciaire présenté par les plaignants cite des lettres datant des années 1940, envoyées au Vatican par des responsables d’Église qui attestaient de la double vie criminelle du prêtre mexicain.

La congrégation des Légionnaires du Christ a été fondée en 1941 et compte, selon son site Internet, trois évêques, 962 prêtres et 932 frères séminaristes dans 22 pays.

La Croix du 10.01.2017






 

 

 

 

MAROC


Au Maroc, un manuel scolaire affirme que la philosophie est « contraire à l’islam »

Les professeurs de philosophie du royaume sont mobilisés contre une révision de manuels scolaires qui visait pourtant à enseigner un « islam tolérant ».
En découvrant les nouveaux manuels d’éducation islamique, les professeurs de philosophie marocains ont eu un choc. Au chapitre « Philosophie et foi » de « Manar at tarbia al islamiya », un ouvrage d’enseignement religieux destiné aux élèves de première, la philosophie est définie comme « une production de la pensée humaine contraire à l’islam » et « l’essence de la dégénérescence ». Le choc a été d’autant plus important que ce manuel scolaire a été réédité fin octobre 2016 dans le cadre d’une réforme de l’enseignement islamique visant à promouvoir « un islam tolérant ». « Le résultat de cette révision est médiocre, estime Mounir Bensalah, militant du Mouvement démocratique Anfass. C’est encore plus décadent qu’avant ».
« Nous sommes revenus dix siècles en arrière »
Réunis au sein de l’Association marocaine des enseignants de philosophie (AMEP), des professeurs ont organisé des sit-in du 21 au 23 décembre dans plusieurs lycées à travers le royaume pour dénoncer des contenus « diffamatoires », qui nuisent à leur matière, obligatoire au Maroc et enseignée dès la seconde. « Les leçons inculquées dans ce livre vont tuer la liberté de pensée », avertit Aidda Lakhlif, professeur de philosophie dans un lycée d’Assa-Zag (sud) et membre de l’AMEP. « Nous avons cru que la haine de l’Etat envers la philosophie était révolue. Mais nous sommes revenus dix siècles en arrière », regrette l’enseignant.
Le manuel scolaire s’appuie sur les propos d’une grande figure du salafisme du XIIIe siècle, Ibnou As-Salah Ach Chahrazouri, qui aurait décrit la philosophie à l’époque comme « le summum de la démence et de la dépravation », provoquant « l’angoisse et l’errance, l’hérésie et la mécréance ». Faker Korchane, journaliste spécialisé dans les questions religieuses, dénonce ce choix :
« Aujourd’hui, dans l’islam sunnite, l’idée d’imitation se développe de plus en plus. Les élèves sont incités à suivre à la lettre des textes très anciens, sans réflexion critique. On crée ainsi des automates qui risquent de développer par la suite un terreau fertile à une pensée exclusiviste et militante. »
D’autres passages enseignent aux élèves marocains à faire la distinction entre les sciences religieuses et les sciences profanes, parmi lesquelles les mathématiques, la physique ou les sciences de la vie et de la terre. Un schéma très proche des concepts utilisés dans le courant wahhabite. « Affirmer que les sciences humaines sont contraires à la religion encourage l’obscurantisme, met en garde M. Korchane. Ce passage fait croire aux élèves qu’ils ne peuvent pas être à la fois rationnels et religieux. C’est très dangereux, car cela peut amener à une lecture rigoriste de l’islam, avec tous les risques que ça engendre. »
« Ce n’est pas un enseignement doctrinal, les élèves sont incités à réfléchir, non pas à épouser une seule doctrine. Nous voulons mettre en place un débat social dans les classes ». Fouad Chafiqi, responsable de la révision des manuels scolaires au ministère de l’éducation nationale

« Islam du juste milieu »
De son côté, le ministère marocain de l’éducation nationale dénonce un « procès d’intention ». Face à la polémique, il a fait savoir le 19 décembre dans un communiqué que l’ouvrage ne sera pas retiré des écoles, malgré la requête de l’Association marocaine des enseignants de philosophie. « Les passages ont été sortis de leur contexte, se défend Fouad Chafiqi, directeur des curricula au ministère de l’éducation nationale. Nous avons fait le choix de mentionner Ibnou As-Salah Ach Chahrazouri mais ce texte est donné comme objet de réflexion. Ce n’est pas un enseignement doctrinal, les élèves sont incités à réfléchir, non pas à épouser une seule doctrine. Nous voulons mettre en place un débat social dans les classes. »
Fouad Chafiqi, 55 ans, diplômé de l’Ecole normale supérieure de Rabat et docteur en Sciences de l’éducation de l’université Bordeaux 3, a été chargé en février 2016 de mener la refonte des programmes d’éducation islamique. En sept mois, 29 manuels ont été réédités. « Je regrette que quelques lignes sur les 3 252 pages homologuées gâchent tout le travail positif qui a été fait », poursuit le directeur qui se dit personnellement « absolument convaincu que l’enseignement de la philosophie est nécessaire, comme d’ailleurs toutes les sciences humaines et sociales ». Avec une réserve, cependant : M. Chafiqi estime que ces enseignements doivent « apprendre [aux élèves] à philosopher au lieu d’apprendre les citations philosophiques par cœur ».
Le roi Mohammed VI s’était en effet engagé, lors d’un conseil des ministres, le 6 février à Laâyoune (Sahara), à réviser les programmes d’enseignement religieux, une des matières les plus controversées du système éducatif marocain, enseignée de la primaire jusqu’au baccalauréat. Le souverain affirme vouloir promouvoir un « islam du juste milieu ». Le ministère de l’éducation nationale avait alors formé une commission chargée d’expurger les manuels scolaires des textes qui pourraient renvoyer à une lecture rigoriste de l’islam. Dans les nouveaux ouvrages, les discriminations de genre, de handicap ou de géographie ont été supprimées. Mais la réforme s’est heurtée à l’hostilité des milieux conservateurs et salafistes. L’appellation « éducation islamique », qui exclut les autres confessions dans son enseignement, devait notamment être remplacée par « éducation religieuse ». Les professeurs d’éducation islamique s’y étaient eux-mêmes opposés.

Le Monde du 27.12.2016

Au Maroc, les chrétiens convertis se cachent pour prier

Alors que le Maroc met aujourd’hui en avant son exemplarité en matière de tolérance religieuse, les chrétiens marocains doivent rester discrets.

Venus à notre rencontre dans un café fréquenté de Casablanca, Mourad, son frère Mohamed et son ami Khalid (1) refusent de vivre dans la peur. En s’attablant, Mourad sort d’ailleurs une pochette ornée d’une croix colorée, pour évoquer avec les autres la prochaine séance de catéchisme. « Nous ne sommes ni dans la revendication, ni dans la soumission. Nous vivons notre foi de façon positive », affirme-t-il.

Promoteur infatigable d’un islam « ouvert », du « juste milieu », le Maroc a accueilli cette année à Marrakech une grande conférence sur les minorités religieuses. Mais, alors que la Constitution de 2011 garantit le libre exercice des cultes, il est encore impossible à un Marocain de quitter l’islam, religion d’État. « La liberté, c’est pour les juifs de longue date et les étrangers qui vivent ici, pas pour nous », résume Khalid.

Dans ce contexte ambigu, les chrétiens convertis, qui seraient entre 2 000 et 8 000 selon les estimations, se retrouvent au sein d’Églises clandestines, généralement d’inspiration évangélique. « J’anime un culte tous les dimanches dans une maison près de Casablanca, témoigne Mourad, pasteur. Cela se passe en darija – dialecte marocain, NDLR –, avec beaucoup de chants en arabe classique venus du Moyen-Orient. »

Un numéro d’équilibriste

« Les autorités nous tolèrent, poursuit-il, à condition toutefois qu’on ne fasse pas trop de bruit. Nous, nous nous efforçons de servir Dieu, d’aimer notre prochain, mais aussi de respecter la loi de notre pays, comme le prescrit la Bible. » Un numéro d’équilibriste : si se convertir n’est pas clairement interdit, le fait d’« ébranler la foi d’un musulman » l’est, et la frontière est parfois floue.

En 2014, Mourad a eu affaire à la justice. « Nous avons accompagné quelqu’un qui se disait chrétien, explique-t-il. Mais, après quelque temps, il est allé dire à la police que j’avais voulu le convertir. » Le pasteur n’a cessé d’être inquiété, jusqu’à ce que ses avocats aient prouvé l’absence de prosélytisme. « En t’interpellant, on te rappelle la règle : tu es chrétien, OK, mais reste tranquille… »

Comment vivre sa foi sans la partager ? Pour Khalid, qui a grandi en Alsace avant de s’installer au Maroc, c’est toute la question. « On nous dit : On te tolère, mais ne transmets pas le message de l’Évangile.” En gros : “Tu es le bienvenu, mais reste dans ton coin !” Où est la frontière du prosélytisme ? Quand tu as la foi, tu as envie de la transmettre. »

Soucieux de ne froisser ni l’Europe ni les pays du Golfe, le Maroc semble vouloir montrer au monde comme à une opinion intérieure largement conservatrice qu’il garantit les droits humains tout en restant ferme sur la question religieuse. « Jusqu’au début des années 1980, raconte Mourad, des convertis se réunissaient librement à Casa. Au moment où les wahhabites ont commencé à avoir de l’influence, tout s’est arrêté. »

Des lieux de culte clandestins

Aujourd’hui, aux abords des lieux de culte clandestins fréquentés par les chrétiens marocains, des policiers en civil montent la garde. « Autant pour nous protéger des extrémistes que pour nous surveiller, croit savoir Reda, qui vit dans la petite ville côtière d’El-Jadida. Mes copains militants n’aiment pas trop quand je dis ça, mais c’est la vérité : nous n’avons pas tant de problèmes avec les autorités. »

Ces dernières font néanmoins régulièrement la démonstration de leur intransigeance. En 2011, 300 étrangers ont été expulsés pour prosélytisme. « Le christianisme, disparu depuis l’époque romaine, n’est revenu qu’avec les Européens au XIXe siècle, commente le P. Daniel Nourissat, prêtre à Casablanca. D’où la crainte, compréhensible, de voir les chrétiens chercher à déstabiliser l’islam. »

« Autour de moi, j’observe en effet la peur que des hordes de missionnaires poussés par l’Occident s’en prennent à nos valeurs », déplore Reda. Si des missionnaires étrangers sont bien présents au Maroc, passant parfois par des associations linguistiques ou paramédicales pour œuvrer – bien sûr secrètement –, leur nombre reste très limité, selon plusieurs connaisseurs du sujet.

Quant aux Églises étrangères officielles, elles font preuve de discrétion et de prudence. « Nous jouissons d’une liberté de culte totale, souligne le P. Daniel Nourissat. De notre côté, nous respectons le pays qui nous accueille et ne baptisons aucun Marocain. »

Le dur regard de la société

Reste, pour les convertis, le regard de la société, le plus dur à supporter. « J’aurais moins peur de dire la vérité au procureur du roi qu’à mon oncle ! », s’amuse Reda, qui tient secrète sa conversion. « Je veux garder mon travail et mes amis. Ici, quitter l’islam, c’est impensable. On pense que tu fais ça pour mener une vie de débauche, comme dans les séries américaines à la télé ! Ou on te prend pour un fou. »

« Après que Mourad s’est converti, se souvient Mohamed, nos sœurs, qui avaient des doutes, m’ont demandé d’aller fouiller dans ses affaires. Un imam a même prononcé une fat­wa pour m’encourager à le faire ! Ils voulaient aller à la police pour le dénoncer, pensant que cela le découragerait. Mourad et notre plus grande sœur ne se sont plus parlé pendant treize ans. »

Mohamed refuse pourtant de taire ses convictions. « Je ne crie pas sur tous les toits que je suis chrétien, mais je ne veux pas non plus tricher vis-à-vis de moi-même et de Dieu. Après la naissance de mon bébé, tout le monde était choqué qu’il n’y ait pas de Coran sous son oreiller. J’ai fini par dire que je m’étais converti aussi. Et mes parents l’ont moins mal pris que je ne le craignais. », raconte-t-il, ému.

Souvent, les très proches finissent par accepter. « Quand ma mère l’a su, elle était désespérée, raconte Najat, convertie au catholicisme il y a trente-huit ans. Pour elle, c’était un échec éducatif total ! Elle et mes sœurs ont pensé que ça me passerait. Puis elles ont compris que ce n’était pas une lubie… » « Un temps d’acceptation qu’il nous faut aussi quand des chrétiens se convertissent à l’islam ! », rappelle le P. Nourissat.

Les chrétiens marocains envisagent-ils leur avenir sereinement ? « J’aime ce pays, affirme Reda, j’y ai passé une grande partie de ma vie. Je n’ai aucun problème avec la djellaba ni avec le couscous. Mais je me sens trop différent. Et ce serait compliqué de me marier avec une musulmane. Une seule solution : l’Europe, pour démarrer autre chose… »

Mourad et Mohamed ont tous les deux épousé des converties, et construit une famille. « J’élève mes enfants dans la foi, raconte Hassan, et je ne leur demande pas de se cacher. Mais d’eux-mêmes ils en parlent peu, parce qu’ils savent que c’est compliqué… Un jour, mon fils a écrit dans une rédaction qu’il était chrétien. La maîtresse est allée le voir et lui a dit gentiment : “Ça reste entre nous.” »

Chemins de conversion

Mourad

« À 18 ans, j’ai entendu une émission chrétienne en arabe diffusée depuis l’étranger. J’ai écrit à la station : un Dieu trinitaire, ça me choquait tellement ! S’en est suivie une correspondance. J’étais méfiant, mais j’ai aimé dans la Bible cette idée d’amour inconditionnel. Je suis parti étudier la théologie au Liban. Puis j’ai fait une licence en charia, pour légitimer mon choix. J’ai créé une communauté car Dieu dit : “Là où vous êtes deux ou trois en
mon nom, je suis là.” »

Reda

« Pendant mes études en Allemagne, j’ai remis en question ma religion, jusque-là incontestable. Mon colocataire m’a donné une Bible. Quand je suis rentré au Maroc, j’ai cherché des chrétiens sur Internet. Mais il m’a semblé que beaucoup cherchaient juste à s’amuser ou à avoir un visa. J’ai fini par trouver une communauté, je vais me faire baptiser dans l’océan Atlantique. Aujourd’hui,
je suis libéral : personne ne doit décider pour moi, que ce soit
le pasteur, l’imam ou le procureur. »

Najat

« Dans les années 1970, je travaillais chez des Français. Un jour,
j’ai ouvert leur Bible, à la page de la rencontre entre le Christ et Marie Madeleine. J’ai eu une révélation devant toute cette bonté ! Un prêtre faisait le catéchuménat en cachette, il m’a baptisée dans les caves de la cathédrale. Aujourd’hui, je m’occupe d’écoles dans les bidonvilles. Une mission… Je dis rarement que je suis chrétienne, pas par peur, mais pour agir plus que revendiquer. »

La Croix du 05.01.2017




 

 

 

 

MEDITATION (MINDFULNESS)


La méditation progresse au sein des écoles

Les établissements scolaires s'intéressent de plus en plus à la "mindfulness", méditation de pleine conscience laïque, développée aux Etats-Unis dans les années 70. L'AME (Association pour la méditation à l'école), créée en 2014 pour développer cette pratique en milieu scolaire, enregistre 45 à 50 demandes de formation par jour.
Effet de mode ou réel outil pédagogique, un nombre croissant d'enseignants s'engage dans des formations pour apaiser les classes et améliorer l'attention des élèves.
En l'espace de deux ans, 3.000 élèves de la maternelle au BTS ont expérimenté un programme de 10 semaines de méditation de pleine conscience, guidés par des instructeurs et une soixantaine d'enseignants formés par l'AME (Association pour la méditation), au sein de 40 établissements français. Parmi eux, le lycée Louise Michel situé à Corbeil-Essonnes (Essonne), dans le quartier des Tarterêts et le lycée Anatole France, à Toulouse (Haute-Garonne).
70% constatent avoir développé leur attention
Après 10 ans passés à Londres, où le concept est plus implanté, Candice Marro, fondatrice de l'AME, fait le constat suivant : "En France, nous sommes dans une culture qui ne nous apprend pas à prendre conscience de notre corps, de notre ressenti, et à autoréguler nos émotions ". Elle affirme que cet outil modifie le climat des classes et améliore la concentration des enfants.
Jusqu'à présent des études scientifiques ont validé la pratique de la "mindfulness" pour ses effets bénéfiques sur les troubles dépressifs, la douleur et les maladies chroniques.
D'après les premiers résultats, publiés sur le site de l'association, 52% des enfants se sentent mieux qu'avant et 70% constatent avoir développé leur attention et leur concentration grâce à la méditation. Plus de 55 % parviennent à mieux vivre et exprimer leurs émotions.
45 à 50 demandes de formations par jour
Aujourd'hui, l'association enregistre 45 à 50 demandes de formations par jour. "Je ne pensais pas que ça allait prendre aussi bien, nous devons mettre des établissements sur liste d'attente faute d'un nombre assez important d'intervenants formés", s'étonne Candice Marro.
La plupart des demandes émanent de professeurs désireux d'améliorer les capacités attentionnelles des enfants pour faciliter les apprentissages et passer moins de temps à faire de la discipline. Autre motivation, lutter contre les tensions, les violences et le harcèlement scolaire. Outre l'observation sur le terrain de classes plus unifiées, 69% des enfants reconnaissent être davantage bienveillants envers eux-mêmes et 73% envers les autres.
Deux fois par semaine, "les enfants sont invités à se concentrer sur leur corps, leur souffle, s'entraînent à produire des mouvements dynamiques simples en conscience, explique Candice Marro. Au fil des séances, les enfants sont amenés à travailler l'équilibre, l'ancrage, la concentration, l'écoute des émotions et à pratiquer des auto-massages".
Selon Candice Marro, il y a encore du chemin à parcourir avant que la méditation ne soit inscrite au programme de l'Education nationale. Cependant, l'AME est actuellement en discussion avec les rectorats de Grenoble et des différentes académies de la région Midi-Pyrénées. L'académie de Versailles aurait, elle, pour projet d'intégrer les programmes de méditation à son catalogue de formation à destination des enseignants.

http://www.leparisien.fr/laparisienne/sante/la-meditation-progresse-au-sein-des-ecoles-13-12-2016-6450552.php
13 décembre 2016







 

 

 

 

MIVILUDES


Rapport 2015 de la Miviludes

A lire

 

Sectes. Faux pasteurs, thérapeutes douteux : gare aux gourous !

Guérisons miraculeuses, séjours douteux en Afrique, induction de faux souvenirs d’inceste… la France n’échappe pas à l’émergence de thérapeutes charlatans et de faux pasteurs en recherche de vrais revenus.
Les dérives sectaires, caractérisées par la perte du libre arbitre des victimes, évoluent et se diversifient en France, comme le montre le dernier rapport d’activité de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes).
La première source constatée concerne les « médecines » alternatives dangereuses, qui ont donné lieu à 214 signalements en 2015, soit 17 % du total.

Gourou et médecines alternatives
Sous couvert de « médecine » quantique, ayurvédique ou chamanique, ou encore d’énergiologie, de reiki ou de magnétisme, se cachent parfois la manipulation mentale aux fins d’escroquerie. C’est ainsi qu’un pseudo thérapeute a été condamné à Paris en 2015 pour avoir créé de faux souvenirs dans le psychisme de patients, privés de sommeil et de nourriture. Convaincus d’avoir été victimes de maltraitance ou d’inceste ans leur enfance, ils subissaient l’emprise et les consultations ruineuses de leur gourou.
La Miviludes s’inquiète également de voir certaines de ces supposées thérapies pointer le bout du nez au sein des hôpitaux. Elle a ainsi alerté l’autorité régionale de santé en Paca à propos d’une technique de kinésie-thérapie baptisée « résonnance énergétique par stimulation cutanée ».
Le cancer, qui fragilise le psychisme des patients et peut les pousser à expérimenter tout type de thérapie alternative, constitue un terrain de chasse pour de nombreux charlatans. Outre les risques liés à l’abandon du traitement médicamenteux (préconisé notamment par une congrégation religieuse de l’ouest de la France qui a fait l’objet d’un signalement au procureur de la République), on retrouve, là encore, des cas de manipulation mentale et/où d’escroquerie, via la participation à de coûteuses « formations ». L’ « église » de scientologie reste à cet égard dans le collimateur de la Miviludes.

Mouvance évangélique
Les charlatans se revendiquant d’une mouvance évangélique sont la deuxième menace identifiée en France par la Miviludes. Pas moins de 195 signalements ont été pris en compte sur ce thème par la mission en 2015, soit 16 % du total. En faisant bien la part des choses avec certains rituels très démonstratifs, courants en Afrique et aux Caraïbes, mais qui « n’ont rien de répréhensible », la Miviludes estime qu’ « il ne faut pas sous-estimer de véritables comportements déviants dans certaines églises ».
La mission met en garde contre les « pasteurs auto-proclamés ne lésinant pas sur les techniques promotionnelles, avec des shows spectaculaires présentés dans de nombreuses vidéos et des sites Internet où les appels aux dons sont parfois plus visibles que le message religieux, avec des systèmes de paiement en ligne facilités ». La ligne rouge est franchie lorsque le gourou obtient non seulement des dons financiers, mais aussi l’abandon de traitements médicaux ainsi que des faveurs sexuelles. Des séjours à l’étranger peuvent être proposés, notamment aux jeunes, et pour la plupart en Afrique, hors de tout contrôle de la famille. Parmi les déviances observées : mise en danger sanitaire, manipulation mentale, viol, mariage blanc, chantage, maltraitance physique.

Djihadisme
Autre thématique développée dans son rapport d’activité, la radicalisation menant à l’action violente, notamment dans le djihadisme.
La mission rappelle cependant que la notion de dérive sectaire au sens strict ne peut être appliquée globalement à la radicalisation islamique et qu’elle doit être examinée par cas individuels. En effet, l’emprise mentale « se caractérise comme un état spécifique de dépendance où une perte de libre arbitre peut être mise en évidence. En ce sens, toute forme de radicalisation ne peut être assimilée à une dérive sectaire car il en va de la reconnaissance de la responsabilité de l’individu et du caractère volontaire de son engagement ». La nuance est évidemment d’importance sur un plan judiciaire.
Aux familles inquiètes quant à une radicalisation d’un proche, la Miviludes rappelle le soutien apporté par des associations telles que l’Unadfi et le CCMM-Roger Ikor.

http://www.ouest-france.fr/sante/faux-pasteurs-therapeutes-douteux-gare-aux-gourous-4706627
26/12/2016


 

 

 

 

 

MORMONS


Décrié, le temple mormon ouvrira en avril

Il est le premier construit en France par l'Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Une religion suspectée d'être sectaire.
Il devait être prêt au deuxième trimestre 2016 : il sera finalement inauguré le 7 avril. Bientôt achevé, le temple mormon du Chesnay sera composé d'un bâtiment principal agrémenté de longues fenêtres de vitraux, ainsi que d'un hôtel de 24 chambres mises à la disposition des fidèles. Des salles de mariage, des fonts baptismaux, un lieu d'accueil et d'information à l'entrée, des logements de fonction et une salle d'enseignements doctrinaux feront également partie de la construction, qui s'étendra sur 7 000 m2.

Un coût de 80 M€

A l'extérieur, un vaste jardin paysager sera agrémenté de deux plans d'eau et d'une mini-cascade. Le projet, d'un coût de 80 M€, comprendra aussi un parking souterrain de 120 places. Le projet de construction de ce temple — le premier de l'Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours construit en France — avait suscité de nombreuses contestations dès ses débuts en 2011. La religion des mormons était suspectée d'être de type sectaire, bien qu'elle ne soit pas citée dans le rapport parlementaire sur les sectes qui date de 1996, ni dans les documents de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires.

L'Union nationale de défense de la famille et des individus avait mis de l'huile sur le feu en publiant des témoignages d'anciens mormons se plaignant de pressions et d'intimidations. Une pétition lancée par le Collectif 46 en janvier 2012 avait regroupé 6 000 signatures de riverains inquiets quant à l'arrivée de nombreux fidèles dans leur commune. D'autres recours, classés sans suite, avaient été déposés par l'association des habitants et amis du Chesnay. Autant de démarches qui n'ont fait que retarder le chantier : en 2014, le permis de construire avait été validé par le tribunal administratif de Versailles, mettant fin à la polémique.

http://www.leparisien.fr/espace-premium/yvelines-78/decrie-le-temple-mormon-ouvrira-en-avril-10-01-2017-6546135.php
10 janvier 2017






 

 

 

 

NEGATIONNISME


Le directeur du journal « Rivarol » condamné pour des propos antisémites et négationnistes

Le patron du journal d’extrême droite était jugé pour de nombreux propos publiés sur le réseau social Twitter.
Le directeur du journal d’extrême droite, Jérôme Bourbon, a été condamné mercredi 14 décembre à une peine totale de 11 000 euros d’amende pour contestation de crime contre l’humanité et provocation à la haine, en raison de Tweets antisémites et négationnistes.
En juin 2015, il avait tweeté : « Triste époque : les gens ne croient pas en Dieu ni en l’enfer, mais ils croient aux chambres à gaz sans les avoir vues. » A un internaute qui lui avait envoyé en réplique des photos de l’entrée du camp de Birkenau et de corps émaciés de déportés, il avait répondu : « Ces photos ne constituent pas en elles-mêmes des preuves de l’existence des chambres à gaz homicides. »
De nombreux Tweets concernés
Début juillet 2015, il avait aussi vu dans la condamnation en 2009 à onze ans de prison pour négationnisme d’Horst Mahler, figure de l’extrême droite allemande, la « preuve que nous vivons dans une Europe juive ». Propos relevant d’une « théorie du complot », a souligné le tribunal correctionnel.
Dans ce dossier, il a été condamné à 100 jours-amende à 80 euros, soit 8 000 euros. Une peine de jours-amende implique que le condamné voit cette peine transformée en emprisonnement s’il ne s’acquitte pas de la totalité de l’amende.
Puis, en février 2016, Jérôme Bourbon avait tweeté : « Fabius président du Conseil constitutionnel. Après Badinter et Debré le petit-fils de rabbin. Le Palais-Royal est un territoire occupé. » Propos qui pour les juges ne peut être perçu que comme une « stigmatisation » et un « appel au rejet de la communauté juive ». Ces derniers l’ont condamné, dans ce dossier, à une peine de 3 000 euros d’amende.
Il a déjà été condamné à neuf reprises pour des infractions du même ordre.

Le Monde.fr avec AFP | 14.12.2016




 

 

 

 

OCCULTISME


Le Bien Public du 21.12.2016


 

 

 

 

OPUS DEI


Arrêt de la Cour d'Appel d'Amiens (27.07.2016)

après renvoi par la Cour de Cassation en date du 20 janvier 2015

"Par ces motifs

La Cour,

Statuant publiquement et contradictoirement,

Reçoit les appels du ministère public et de la partie civile,

Sur l'action publique :

Confirme le jugement rendu par le tribunal correctionnel de Paris le 24 novembre 2011 en ce qu'il a renvoyé des fins de la poursuite :

- [X. et Y.] des chefs de travail clandestin par dissimulation de salariés par omission de procéder à la déclaration nominative préalable à l'embauche de Catherine Tissier, des élèves et des stagiaires de l'Ecole de Dosnon, de travail clandestin par dissimulation d'activité par défaut de déclaration aux organismes de protection sociale ou à l'administration fiscale en ayant eu recours à Catherine Tissier, aux élèves et aux stagiaires de l'Ecole de Dosnon et de rétribution contraire à la dignité concernant 31 élèves de l'Ecole de Dosnon,

- l'Association de Culture Universitaire et Technique des chefs de travail clandestin par dissimulation de salariés par omission de procéder à la déclaration nominative préalable à l'embauche de Catherine Tissier, des élèves et des stagiaires de l'Ecole de Dosnon et par dissimulation d'activité par défaut de déclaration aux organismes de protection sociale ou à l'administration fiscale en ayant eu recours à Catherine Tissier, aux élèves et aux stagiaires de l'Ecole de Dosnon et de rétribution contraire à la dignité concernant 42 élèves de l'Ecole de Dosnon, et également en ce qu'il a constaté l'extinction de l'action publique à raison de la prescription des faits poursuivis contre l'ACUT antérieurement au 23 novembre 1998;

Infirme le jugement pour le surplus et, statuant à nouveau :

Déclare [X et Y] coupables du délit de dissimulation de salariés par défaut de mention sur les bulletins de paye d'un nombre d'heures de travail inférieur à celui réellement effectué...

Condamne [X et Y], chacune, à une amende de 2000 €,

Déclare l'Association de Culture Universitaire et Technique coupable du délit de dissimulation de salariés par défaut de mention sur les bulletins de paye d'un nombre d'heures de travail inférieur à celui effectué... pour la période allant du 22 novembre 1998 au 31 août 2005 et de rétribution contraire à la dignité concernant Catherine Tissier pour la période allant du 1er septembre 1999 au 11 janvier 2001,

Condamne l'Association de Culture Universitaire et Technique à une amende de 30 000 €;

Condamne [X et Y] et l'Association de Culture Universitaire et Technique, chacune, au paiement du droit fixe de procédure liquidé envers l'Etat à la somme de 169 €;

Sur l'action civile :

Infirme le jugement rendu par le tribunal correctionnel de Paris le 24 novembre 2011,

Condamne l'Association de Culture Universitaire et Technique à payer à Catherine Tissier la somme de 6918 € en deniers ou quittances valables au titre de son préjudice financier, et celle de 20 000 € au titre des conséquences psychologiques et morales, de la dépression et de la rectocolite hémorragique,

Condamne l'Association de Culture Universitaire et Technique à payer à Catherine Tissier la somme de 12 000 € sur le fondement de l'article 475-1 du code de procédure pénale...




 

 

 

 

ORDRE DE MALTE


Crise constitutionnelle à l’Ordre de Malte

Le grand chancelier de l’Ordre de Malte vient d’être brutalement démis de ses fonctions par le grand maître.
Le 6 décembre, le grand maître de l’Ordre souverain de Malte, Fra’Matthew Festing, a convoqué dans son bureau son grand chancelier, Albrecht von Boeselager. Équivalent du ministre de l’intérieur et des affaires étrangères de l’Ordre, un sujet de droit international reconnu par 106 États, ce dernier se voit reprocher une « situation extrêmement grave et intenable », le grand maître exigeant sa démission. Albrecht von Boeselager refusant, le grand maître, en présence du cardinal Raymond Burke, cardinal protecteur et représentant du pape, « n’a d’autre choix, au nom de la promesse d’obéissance, que de lui ordonner de démissionner », rapporte un communiqué. Albrecht von Boeselager refusant à nouveau, le grand maître juge ce refus d’obéissance « disgracieux » et le démet de ses fonctions.

Un « catholique libéral » qui « refuserait l’enseignement de l’Église »
Officiellement, le grand maître fait valoir de « graves problèmes » à l’époque où Albrecht von Boeselager fut grand hospitalier, c’est-à-dire responsable des questions humanitaires d’un Ordre qui agit dans plus de 120 pays. Selon l’hebdomadaire britannique The Tablet, on lui reprocherait la distribution de préservatifs à des malades du sida en Afrique. Dans un courriel adressé à des amis, Albrecht von Boeselager explique avoir été renvoyé du fait qu’il serait un « catholique libéral » qui « refuserait l’enseignement de l’Église ».
Issu d’une grande famille allemande qui s’est illustrée dans la résistance au nazisme et très liée à l’Église (son frère vient d’être nommé au conseil d’administration de l’IOR), Albrecht von Boeselager jouit d’une excellente réputation dans l’Ordre où il fut grand hospitalier pendant 25 ans avant d’être élu grand chancelier par le chapitre général de 2014. « Un homme de grande valeur que je respecte profondément », confie un responsable français, d’autres parlant d’un catholique « pieux » et « fervent ».

« Violation » des règles constitutionnelles
La décision brutale du grand maître a donc surpris. Selon un responsable, la crise tournerait à l’affrontement entre les branches britannique et allemande, cette dernière étant très influente en Europe de l’Est. Dans une lettre que La Croix a pu consulter, un responsable tchèque n’hésite d’ailleurs pas à dénoncer une « violation » des règles constitutionnelles par le grand maître qui pourrait « mettre gravement à mal » l’Ordre ; il appelle à un « chapitre général extraordinaire » pour trancher la question. Des accusations rejetées par le grand maître qui souligne que les critiques qui lui sont adressées « illustrent le même irrespect » que celui manifesté par Albrecht von Boeselager en refusant de démissionner.
Comme l’explique en effet un chevalier français, « les membres” en obédience” ont fait promesse d’obéissance et ont donc l’obligation d’obéir à tout ordre venant d’un supérieur ». C’est au nom de cette obéissance que le grand maître, dans un courrier aux responsables nationaux de l’Ordre, souligne que ceux qui ne sont pas d’accord avec sa décision sont « libres de démissionner » et que, s’ils continuent à objecter, « ils feront l’objet d’une procédure disciplinaire ».

La Croix du 20.12.2016

Le pape institue une commission d’enquête sur l’Ordre de Malte

La commission nommée par le pape, jeudi 22 décembre, sera chargée d’informer le Saint-Siège sur la crise en cours à l’Ordre de Malte.

Alors qu’une grave crise institutionnelle secoue l’Ordre de Malte, après que le Grand chancelier Albrecht Freiherr von Boeselager a été démis par le Grand maître Fra’Matthew Festing, le pape François a décidé, jeudi 22 décembre, de mettre en place une commission d’enquête pour recueillir des éléments permettant d’informer le Saint-Siège sur cette affaire.

Les membres de la commission sont Mgr Silvano Tomasi, ancien nonce apostolique et délégué du nouveau dicastère pour le développement humain intégral, le jésuite canoniste Gianfranco Ghirlando, l’avocat Jacques de Liedekerke et enfin Marc Odendall et Marwan Sehnaoui.

Le rôle du cardinal Leo Raymond Burke, légat du pape pour l’Ordre de Malte, est notamment à approfondir. Certains observateurs estiment qu’il aurait favorisé la démission d’Albrecht Freiherr von Boeselager, considéré comme trop « libéral ».

Situation « extrêmement grave et intenable »

Le 6 décembre, le grand maître de l’Ordre souverain de Malte avait convoqué dans son bureau son grand chancelier, plus haut laïc de cette institution pluriséculaire, l’Allemand Albrecht von Boeselager. Ce dernier s’est vu reprocher une « situation extrêmement grave et intenable » en raison de laquelle il lui est demandé de démissionner.

Albrecht von Boeselager refusant, le grand maître, en présence du cardinal Raymond Burke, cardinal protecteur et représentant du pape, « n’a d’autre choix, au nom de la promesse d’obéissance, que de lui ordonner de démissionner », a rapporté peu après un communiqué. Albrecht von Boeselager refusant à nouveau, le grand maître a jugé ce refus d’obéissance « disgracieux » avant de le démettre de ses fonctions.

La Croix du 22.12.2016

Le pape « n’a jamais parlé de renvoyer » le grand chancelier de l’Ordre de Malte

Un échange de lettres entre le Secrétaire d’État du Saint-Siège et le grand maître de l’Ordre de Malte met en cause le rôle du cardinal Raymond Burke dans le renvoi du grand chancelier Albrecht von Boeselager

L’hebdomadaire catholique britannique The Tablet a rendu publique, jeudi 5 janvier, une lettre du cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, au grand maître de l’Ordre de Malte, qui révèle que – contrairement aux déclarations du cardinal Raymond Burke, représentant du pape auprès de l’Ordre – le Saint-Siège n’a jamais demandé le renvoi du grand-chancelier.

Le 6 décembre, le grand maître de l’Ordre souverain de Malte, Fra’Matthew Festing, avait convoqué dans son bureau son grand chancelier, Albrecht von Boeselager, exigeant sa démission, en présence du cardinal Raymond Burke, cardinal protecteur et représentant du pape auprès de l’Ordre, qui aurait expliqué que cette demande était faite « en accord avec les vœux du Saint-Siège ».

Selon une lettre envoyée quelques jours après par le cardinal Parolin à Fra’Matthew Festing, il apparaît que le pape n’a jamais voulu le renvoi du grand-chancelier.

« Je tiens tout d'abord à rappeler que ces mesures ne doivent pas être attribuées à la volonté du pape ou à ses directives », écrit le cardinal dans une lettre adressée du 21 décembre au grand-maître.

Le cardinal Parolin demande que le renvoi soit « suspendu »

«Comme je vous l'ai dit dans ma lettre du 12 décembre 2016, continue le cardinal Parolin, ‘’En ce qui concerne l'utilisation et la diffusion de méthodes et de moyens contraires à la loi morale, Sa Sainteté a demandé le dialogue comme moyen de traiter et de résoudre les éventuels problèmes’’. Mais il n'a jamais parlé de renvoyer quelqu'un ! »

Il demande en outre que le renvoi d’Albrecht von Boeselager soit « suspendu » jusqu’à ce que la commission instituée par le pape pour statuer sur cette affaire rende ses conclusions.

Une commission dont le grand-maître a contesté la compétence, estimant que sa décision de renvoyer le grand chancelier relève d’un « acte de gouvernement interne » de l’Ordre souverain.

Mais, dans sa lettre, le cardinal Parolin rappelle que l’Ordre de Malte est aussi un « ordre religieux laïc (agissant) au service de la foi et du Saint-Père », et que, par conséquent, le Saint-Siège est bel et bien compétent en la matière.

Reste à savoir pour quelles raisons le cardinal américain Raymond Burke – opposant notoire au pape François – a engagé la responsabilité du Saint-Siège dans cette affaire, quelques jours seulement avant l’annonce de la nomination du frère d’Albrecht von Boeselager au conseil de surintendance de l’Institut pour les œuvres de religion (IOR), la « banque du Vatican ».

Avec deux autres banquiers, Georg von Boeselager a en effet été nommé par le pape pour remplacer plusieurs responsables de l’IOR qui, défendant l’idée de créer un fonds d’investissement au Luxembourg auquel s’opposait le pape, avaient démissionné en mai dernier.

Selon Albrecht von Boeselager, son renvoi a été motivé par la distribution de préservatifs dans le cadre de trois projets de l’Ordre en Birmanie alors qu’il était grand hospitalier de l’Ordre (chargé de l’action humanitaire), charge qu’il a quittée en 2014.

«Lorsque cela a été découvert au cours de l'audit de routine, deux de ces projets ont immédiatement pris fin, a-t-il écrit au Tablet. La fermeture immédiate du troisième projet aurait entraîné la fin brutale de tous les services médicaux de base dans une région extrêmement pauvre du Myanmar, ce dilemme a donc été soumis à un comité d'éthique (de l'Ordre). Par la suite, le projet a été fermé, à la suite d'une déclaration de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. »

Quoique réglée depuis longtemps, cette affaire a brusquement resurgi avant la nomination de son frère à l’IOR, notamment dans une publication de l’Institut Lépante, un organisme dirigé, depuis les États-Unis par Michael Hichborn, laïc très impliqué dans les milieux pro-vie, mais aussi climato-sceptique et engagé contre les principales associations de promotion du développement qui, comme le pape, mettent en cause un libéralisme économique sans limite.

La Croix du 06.01.2017

L’Ordre de Malte s’oppose frontalement au pape François

Le grand maître de l’Ordre a interdit toute collaboration des membres avec la commission d’enquête nommée par le pape François.

À l’occasion de ses vœux au corps diplomatique accrédité auprès de l’Ordre souverain de Malte, mardi 10 janvier à Rome, son grand maître, Fra’ Matthew Festing, a répété que le renvoi du grand chancelier, début décembre, était « un acte d’administration interne du gouvernement » de l’Ordre.

Dans une déclaration publiée au même moment sur le site Internet de l’Ordre, le grand magistère, « compte tenu de l’inutilité juridique » de la commission d’enquête nommée par le pape, « a décidé de ne pas coopérer avec elle » afin de « protéger sa souveraineté ».

Le 6 décembre, le grand maître de l’Ordre souverain de Malte, Fra’ Matthew Festing, avait convoqué dans son bureau son grand chancelier, Albrecht von Boeselager, exigeant sa démission, en présence du cardinal Raymond Burke, cardinal protecteur et représentant du pape auprès de l’Ordre, qui aurait expliqué que cette demande était faite « en accord avec les vœux du Saint-Siège ».

« Refus d’obéissance »

Le Saint-Siège a, depuis, démenti la volonté du pape de renvoyer qui que ce soit et une commission d’enquête, dirigée par Mgr Silvano Tomasi, ancien nonce apostolique et délégué du nouveau dicastère pour le développement humain intégral, a été nommée pour faire la lumière sur cette affaire.

Alors que le grand maître de l’Ordre a, dès le départ, rejeté la compétence du Saint-Siège en la matière, Mgr Tomasi estime de son côté que, le grand maître ayant invoqué un « refus d’obéissance » du grand chancelier pour le renvoyer, cela permettait au Saint-Siège d’enquêter au sein de l’Ordre qui, tout en étant souverain, est aussi un « ordre religieux laïc ».

« Le caractère religieux de l’Ordre ne porte pas préjudice à l’exercice des prérogatives souveraines de l’Ordre dans la mesure où il est reconnu par les États comme sujet de droit international », relève néanmoins le grand maître, citant les constitutions de l’Ordre.

En outre, selon Fra’ Matthew Festing, le grand chancelier étant « chevalier de seconde classe », sa promesse d’obéissance n’aurait pas de caractère religieux.

Le grand maître rappelle enfin que l’ancien grand chancelier peut contester sa décision devant le système judiciaire de l’Ordre.

« Les dépositions ne peuvent être en contradiction avec la décision du grand maître »

Il oublie néanmoins de mentionner qu’au nom de « la promesse d’obéissance », il a sommé les membres de l’ordre de ne pas contester sa décision, soulignant que ceux qui iraient à l’encontre de celle-ci « feront l’objet d’une procédure disciplinaire ».

« La position du grand magistère est que les dépositions que les membres individuels estimeraient pouvoir faire à la commission ne peuvent (…) être en contradiction directe ou indirecte avec la décision du grand maître et du conseil souverain concernant le remplacement du grand chancelier », conclut la déclaration du grand maître.

La Croix du 11.01.2017

L’Ordre de Malte en questions

Entré dans une crise constitutionnelle interne qui rejaillit sur ses relations avec le pape, l’Ordre souverain de Malte est une importante institution caritative et humanitaire de l’Église.

► Qu’est-ce que l’Ordre de Malte ?

Fondé en 1048 à Jérusalem comme un ordre religieux laïc, l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem a d’abord une vocation hospitalière auprès des pèlerins de Terre sainte. À l’instar des Templiers (dont ils hériteront des biens en 1314) ils auront aussi une fonction militaire de protection des pèlerins et des États latins de Terre sainte.

Après les Croisades, l’Ordre se replie à Chypre (1251), puis Rhodes (1310) et, enfin, à Malte (1530), Charles Quint leur concédant la souveraineté de la petite île. Le grand maître de l’Ordre souverain militaire hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte est d’ailleurs reconnu, en 1607, comme prince du Saint-Empire et, depuis 1630, jouit du même rang protocolaire que les cardinaux.

Chassé de Malte en 1798 par Napoléon Bonaparte – sans combattre : les chevaliers avaient promis de ne jamais porter les armes contre la France – l’Ordre installe définitivement son siège à Rome en 1834, y bénéficiant d’un statut extra-territorial. Il se recentre alors plus spécifiquement sur l’activité d’assistance sanitaire.

Sujet de droit international public, l’Ordre de Malte possède sa propre constitution, ses propres institutions et émet des passeports, des timbres et même une monnaie. Il entretient des relations diplomatiques avec 106 État (pas la France avec laquelle un accord de coopération a néanmoins été signé) et dispose d’un statut d’observateur à l’ONU.

► Comment fonctionne-t-il ?

Dirigé à Rome par le grand maître entouré de son conseil souverain, l’Ordre fonctionne à travers un réseau constitué de 12 prieurés et 47 associations nationales, développant à travers le monde une intense activité caritative.

Les 13 500 membres, 100 000 volontaires et 25 000 professionnels (médicaux et paramédicaux) de l’Ordre sont ainsi présents dans 120 pays, ayant une activité de premiers secours et d’ambulances dans 33 d’entre eux. Un de ses fleurons est ainsi l’hôpital de la Sainte-Famille de Bethléem, seule maternité de la ville natale de Jésus. C’est aussi lui qui assure l’assistance médicale pour les pèlerins au Vatican.

L’Ordre dispose également d’un corps d’urgence humanitaire, Malteser International, qui, fort d’un budget de 36 millions d’euros, se mobilise sur la plupart des catastrophes humanitaires dans le monde.

En France, l’Ordre de Malte gère de nombreux hôpitaux, cliniques et établissements de soins. Il y est fort de 1 800 salariés et 5 500 bénévoles, disposant d’un budget de 86 millions d’euros, dont 17 millions de dons du public.

Les membres de l’Ordre sont divisés en trois classes (profès, obédience ou laïc) suivant leur degré d’engagement religieux. Il n’est plus nécessaire d’être noble pour entrer dans l’Ordre.

► Pourquoi la crise actuelle dans l’Ordre de Malte ?

La crise actuelle provient d’un différend entre le grand maître, le Britannique Fra’Matthew Festing, qui a reproché au baron Albrecht von Boeselager, son grand chancelier (ministre de l’intérieur et des affaires étrangères) la distribution de préservatifs en Birmanie par Malteser International à l’époque où il était grand hospitalier (ministre de la coopération humanitaire).

Soulignant que cette question avait déjà été réglée, le baron Albrecht von Boeselager a refusé de démissionner, ce que le grand maître a considéré comme un refus d’obéissance entraînant le renvoi du grand chancelier.

Présent au cours de cette conversation, le cardinal Raymond Burke, cardinal-patron de l’Ordre (c’est-à-dire représentant du pape auprès de l’Ordre) aurait appuyé la demande de démission, laissant entendre que c’était « la volonté du Saint-Siège ». Un échange de lettre entre le grand maître et le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État, souligne néanmoins que le pape n’a jamais voulu le renvoi de personne au sein de l’Ordre.

Une commission a été nommée par le pape pour faire la lumière sur cette affaire dans laquelle ni le rôle ni les motivations du cardinal Burke – opposant notoire au pape – n’ont été éclaircis.
Mais le grand maître, invoquant une nouvelle fois l’obéissance qu’ils lui doivent, a interdit aux membres de l’Ordre de collaborer avec cette commission.

Estimant que la décision de renvoyer son grand chancelier était une affaire interne à l’Ordre souverain (alors même qu’il avait invoqué le manquement à la promesse d’obéissance), le grand maître rejette fermement la compétence de la commission nommée par le pape, provoquant ainsi une crise inédite entre les deux plus petits États du monde.

La Croix du 11.01.2017

Le grand maître de l’Ordre de Malte met en cause l’intégrité de la commission papale

De son côté, le Saint-Siège a réaffirmé mardi 17 janvier son soutien aux membres de la commission d’enquête nommée par le pape, rejetant « toute tentative de discrédit ».

Le Vatican a vivement réagi, mardi 17 janvier, à des déclarations du grand maître de l’Ordre de Malte, Fra’Matthew Festing, mettant en cause l’intégrité des membres d’un groupe de travail nommé par le pape François pour enquêter sur la démission forcée de son grand chancelier, Albrecht von Boeselager

Dans une lettre aux responsables de l’Ordre de Malte daté du samedi 14 janvier, le grand maître accuse en effet de « conflit d’intérêts » trois membres de cette commission, mettant en doute leur objectivité.

Le 6 décembre, il avait convoqué dans son bureau le grand chancelier exigeant sa démission, en présence du cardinal Raymond Burke, cardinal protecteur et représentant du pape auprès de l’Ordre, expliquant que cette demande était faite « en accord avec les vœux du Saint-Siège ».

Le Saint-Siège a, depuis, démenti la volonté du pape de renvoyer qui que ce soit et une commission d’enquête, dirigée par Mgr Silvano Tomasi, délégué du nouveau dicastère pour le développement humain intégral, a été nommée pour faire la lumière sur cette affaire.

Dans une lettre adressée samedi 14 janvier aux plus hauts responsables de l’Ordre, et dont La Croix a obtenu une copie, le grand maître réitère que le renvoi du grand chancelier était un « acte de gouvernement interne » de l’Ordre, sujet de droit international public, qui ne regardait pas le Saint-Siège.

« Il y a de sérieuses accusations de conflits d’intérêts concernant au moins trois des membres (de la commission) dont il a été prouvé qu’ils étaient liés à un fond à Genève », accuse le grand maître.

Si le grand maître ne cite pas de nom, il apparaît en effet que le président de la commission, Mgr Tomassi, alors nonce auprès des Nations unies à Genève, et un de ses membres, le banquier suisse Marc Odendall, avaient créé en 2011 à Genève la Fondation Caritas in veritate.

« Rien ne suggère quelque chose de fâcheux »

Parfaitement légale – le département suisse de l’intérieur siège à son conseil – cette fondation vise à soutenir l’action de l’Église catholique auprès des Nations unies à Genève, notamment en promouvant son activité caritative.

L’Ordre de Malte, observateur auprès des Nations unies, participe ainsi à ses travaux et, à ce titre, l’ancien grand chancelier Albrecht von Boeselager avait été élu à son conseil en novembre dernier, Mgr Tomasi ayant alors quitté Genève et la présidence de la fondation.

« Inutile de dire que rien ne suggère quelque chose de fâcheux, écrit le grand maître de l’Ordre, mais les liens personnels et financiers des membres de la commission les empêchent clairement de regarder objectivement la situation. »

« Les preuves qui m’ont été présentées m’ont poussé à mettre en place une commission d’enquête professionnelle », assure-t-il.

Ferme soutien du Saint-Siège à la commission

Le Saint-Siège a vivement réagi mardi 17 janvier à ces déclarations, assurant, dans un communiqué publié en milieu de journée, qu’il « confirme la confiance qu’il met dans les cinq membres du Groupe nommés par le pape François, le 21 décembre 2016, afin de l’informer sur la crise de la direction centrale actuelle de l’Ordre » et qu’« il rejette, au vu de la documentation en sa possession, toute tentative de discrédit sur les membres de ce groupe et sur leur travail ».

Soulignant qu’il « attend le rapport dudit groupe pour adopter, dans les domaines de sa compétence, les mesures propres à assurer le bien de l’Ordre Souverain Militaire de Malte et de l’Église », le Saint-Siège insiste sur « la pleine coopération de tous dans cette étape délicate ».

Et alors que, dans de nombreux pays, l’Ordre de Malte se prépare à lancer sa campagne annuelle de dons, le Saint-Siège souligne en outre « réitérer son soutien et ses encouragements pour le travail remarquable » des membres de l’Ordre pour le « service des pauvres, des malades et des personnes les plus vulnérables ».

La Croix du 17.01.2017

L’Ordre de Malte dans la tourmente

Le grand maître de l’Ordre de Malte refuse que le Saint-Siège enquête sur l’éviction de son numéro 3, et met en cause l’intégrité des enquêteurs nommés par le pape.

Les deux acteurs ont beau être petits et les communiqués feutrés, c’est bien une« crise internationale » qui oppose depuis un mois et demi le Saint-Siège et l’Ordre souverain de Malte. « Souverain », car l’ordre fondé au XIe siècle est un « sujet de droit international public », un État sans territoire qui émet timbres et passeports, entretient des relations diplomatiques avec 106 États et dispose même d’un statut d’observateur à l’ONU.

Tous deux sont aussi étroitement liés : très présent sur la scène humanitaire mondiale, l’Ordre participe activement au travail caritatif de l’Église, assurant également l’assistance médicale des pèlerins place Saint-Pierre. C’est aussi un ordre religieux, « au service de la foi et du Saint-Père », souligne sa constitution, dont une partie des membres ont prononcé les vœux de pauvreté, chasteté et obéissance – les autres, laïcs, ont juste émis une promesse.

La distribution de préservatifs en Birmanie par l’Ordre

Tout a commencé le 6 décembre quand le grand maître de l’Ordre, le Britannique Matthew Festing, convoque dans son bureau l’Allemand Albrecht von Boeselager, grand chancelier, c’est-à-dire à la fois ministre de l’intérieur et des affaires étrangères pour exiger sa démission.

Il lui reproche la distribution de préservatifs en Birmanie par l’Ordre, en 2005, quand il était grand hospitalier (en charge de l’action humanitaire). L’Allemand explique que l’affaire avait alors été promptement réglée et refuse de démissionner. Mais le grand maître n’en démord pas : considérant que le refus d’Albrecht von Boeselager va à l’encontre de sa promesse d’obéissance de membre laïc de l’Ordre, il le démet, soulignant que c’est là « la volonté du Saint-Siège ». Présent dans le bureau, le cardinal Raymond Burke, représentant du pape auprès de l’Ordre, ne dit mot et consent.

Vu du Vatican, l’affaire surprend. D’autant plus qu’elle intervient moins de dix jours avant la nomination du frère d’Albrecht von Boeselager au conseil d’administration de l’IOR pour remplacer des membres que le pape jugeait trop liés au monde de la spéculation. Le rôle du cardinal Burke, opposant notoire au pape sur les questions de morale, est loin d’être clair, Albrecht von Boeselager expliquant avoir été renvoyé pour ses vues « libérales ». Le pape se souvient aussi que, en 2008, des chevaliers de Malte avaient trempé dans un sombre complot liant les milieux les plus conservateurs de l’Église argentine au gouvernement Kirchner pour l’écarter de l’archevêché de Buenos Aires.

Le grand maître rejette la compétence de la commission désignée par le pape

Soupçonnant une tentative de déstabilisation du pape, le Saint-Siège met en place une commission d’enquête chargée de faire la lumière sur l’affaire. Mais, arguant que la démission du grand chancelier est « un acte de gouvernement interne », le grand maître rejette la compétence de la commission désignée par le pape en personne qui, explique-t-on au Vatican, « n’a jamais parlé de renvoyer » qui que ce soit dans l’Ordre.

Continuant à se draper dans la souveraineté de l’Ordre, le grand maître est même allé, samedi, jusqu’à mettre en cause l’intégrité de certains des membres de la commission papale, évoquant des « conflits d’intérêts ». Ce à quoi, lundi, le Saint-Siège a répondu vertement, rejetant « au vu de la documentation en sa possession, toute tentative de discrédit sur les membres de ce groupe et sur leur travail ».

Le grand maître poussé à la démission ?

Jusqu’où ira la crise ? Ce n’est pas demain qu’on verra les chevaliers ferrailler place Saint-Pierre avec les gardes suisses. Mais l’affaire embarrasse et les donateurs commencent à s’interroger, notamment à la veille de la Journée mondiale des lépreux, une des importantes quêtes annuelles de l’Ordre, en fin de semaine prochaine.

Dans son dernier communiqué, le Vatican prend bien soin de distinguer membres et bénévoles, dont il salue et soutient « le travail remarquable au service des pauvres, des malades et des personnes les plus vulnérables » de « la direction centrale actuelle de l’Ordre ».

Façon d’indiquer que le pape pourrait sanctionner la seconde sans porter préjudice au reste de l’Ordre. Il pourrait, par exemple, relever certains dirigeants de leurs vœux ou nommer un « commissaire extraordinaire » en charge des questions seulement religieuses, manière d’écarter le cardinal Burke et de pousser le grand maître à la démission.

L’Ordre de Malte

Fondé en 1048 à Jérusalem pour aider les pèlerins, l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem s’est successivement replié, après les Croisades, à Chypre (1251), Rhodes (1310) et Malte (1530), et dont il obtient la souveraineté en 1607 et d’où il a été chassé en 1798 par Bonaparte.

Installé à Rome en 1834, y bénéficiant d’un statut extraterritorial, l’Ordre s’est recentré sur l’assistance sanitaire.

Ses 13 500 membres (qui ne sont plus obligatoirement nobles), 25 000 professionnels de santé et 100 000 bénévoles sont présents dans 120 pays.

L’Ordre dispose également d’un corps d’urgence humanitaire, Malteser International, qui, fort d’un budget de 36 millions d’euros, se mobilise sur la plupart des catastrophes humanitaires dans le monde.

La Croix du 19.01.2017

 

 

 





 

 

 

 

ORDRE DU TEMPLE SOLAIRE


Jean Vuarnet : sa famille décimée par une secte

L'ancien champion de ski est décédé à 83 ans. En 1995, sa femme et l'un de ses fils étaient morts dans l'un des "suicides" de l'Ordre du Temple solaire.

Dans la nuit du 15 au 16 décembre 1995, seize adeptes de l'Ordre du temple solaire meurent dans une carrière du Vercors. À l'époque, Libération raconte que les corps ont été retrouvés "carbonisés" et "disposés en étoile (...) dans une mise en scène macabre". Les victimes ont absorbé des calmants, ils montrent des blessures par balles antérieures aux brûlures. Parmi les morts, Édith et Patrick Vuarnet, femme et fils du champion de ski et fondateur de la station d'Avoriaz Jean Vuarnet, mort cette nuit à l'âge de 83 ans.
Edith Vuarnet est aussi une ancienne championne de ski alpin. Patrick est lui âgé de 27 ans, il est le troisième et dernier enfant du couple. Le reste de la famille découvre leur appartenance à l'Ordre du Temple solaire lors du premier massacre sous l'égide de la secte en octobre 1994. À cette époque, des journalistes débarquent dans le chalet familial à Morzine, en 2015, le fils aîné Alain Vuarnet racontait à Paris Match la scène qui se déroule alors avec son frère et les journalistes : "Ils sont très bien renseignés. Je découvre hélas que Patrick l'est aussi. Il répond avec une incroyable précision, et se livre à la description minutieuse de la secte à laquelle... il appartient !(...) Au fur et à mesure que Patrick avance dans ses divulgations, je vois maman cligner des yeux, incliner la tête. Elle finit par nous faire comprendre que, oui, elle aussi fait partie de la secte !".
Suicide ou assassinat
Malgré leurs promesses de quitter la secte, les corps de Édith et Patrick Vuarnet seront découverts quelques mois plus tard parmi les corps calcinés du Vercors plus de huit jours après leur disparition. À l"époque, Jean Vuarnet dit sa "déception" de ne pas avoir réussi "à endiguer cette folie". Avec son fils Alain, ils se battront pour que l'enquête avance, refusant l'idée qu'il puisse s'agir d'un suicide. Ils font exhumer les corps de leurs proches plusieurs fois et dénoncent notamment la présence de phosphore sur les lieux du massacre. Pour la justice, le 14 décembre 1995, la mère et le fils ont absorbé de leur propre chef des sédatifs avant d'être volontairement abattus par deux membres de la secte et brulés. Personne n'a jamais été condamné dans l'affaire de ce rituel macabre.

http://www.lepoint.fr/sport/jean-vuarnet-sa-famille-decimee-par-une-secte-02-01-2017-2094195_26.php
02/01/2017
 




 

 

 

 

PAKISTAN


Inquiétude après la disparition d’un cinquième militant des droits de l’homme

Un militant des droits de l’homme, le cinquième ce mois-ci, a été porté disparu, ont indiqué hier ses collègues au Pakistan. Samar Abbas, dirigeant de la petite organisation Alliance civile progressiste, a été enlevé dans des circonstances mystérieuses samedi à Islamabad, capitale du pays. Son nom s’ajoute à celui des quatre blogueurs de gauche déjà portés disparus en janvier, laissant craindre une campagne de répression contre les libéraux sur les réseaux sociaux. Pour l’ONG Human Rights Watch, la quasi-simultanéité des disparitions laisse craindre une implication d’agents étatiques. L’ONU a appelé à faire de l’enquête sur ces disparitions une « priorité urgente ».

La Croix du 13.01.2017



 

 

 

 

PEDOPHILIE

 

Le Bien Public du 05.01.2017

 

Les membres de La Parole libérée élus « Lyonnais de l’année »

Cofondateurs de l’association de lutte contre la pédophilie dans l’Église, François Devaux et Bertrand Virieux ont été désignés, lundi 19 décembre, comme les personnalités lyonnaises les plus marquantes de l’année par les lecteurs de LyonMag.
Leur victoire a été sans appel. François Devaux et Bertrand Virieux, les deux cofondateurs de l’association lyonnaise la Parole libérée, qui regroupe les victimes abusées sexuellement par le P. Bernard Preynat, ont été désignés lundi 19 décembre comme les personnalités les plus marquantes de la métropole en 2016. Un scrutin, organisé par le site LyonMag, qui reflète « une véritable prise de conscience de la société » sur la questionde la lutte contre la pédophilie dans l’Église, estime son président, François Devaux.
Renforcer la crédibilité de l’association
Choisi parmi 17 autres personnalités, le tandem s’est hissé largement en tête du scrutin récompensant chaque année des Lyonnais s’illustrant dans un domaine particulier. Il devance ainsi pour cette élection Richard Richarté, le créateur de Mini World Lyon, ou encore le président de l’Association sportive de football Duchère Mohamed Tria.
« J’ai été surpris, et fier de cette reconnaissance », commente François Devaux, en tenant à souligner « le travail de toute une équipe et un mouvement » derrière lui. « Ce scrutin va renforcer la crédibilité de l’association » dans sa lutte globale contre la pédophilie dans l’Église et « contribuer à la remise en question qui s’impose sur le sujet », s’est-il ensuite réjoui.
Les deux membres de la Parole libérée succèdent au cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, distingué par les internautes ayant participé au sondage en 2015.
Une « marche en avant »
Pour 2017, « on peut souhaiter à la société de poursuivre cette marche en avant et cette parole qui se libère », a aussi confié le président de l’association, peu après son élection, dans les colonnes du site LyonMag. Avant d’ajouter espérer voir évoluer, en France, la législation sur les délais de prescription pour les cas de pédophilie dans les prochaines années.

La Croix du 19.12.2016


Le P. Bernard Preynat sera jugé canoniquement

Mis en examen le 27 janvier pour des agressions sexuelles commises sur des scouts de la région lyonnaise entre 1986 et 1991, et déchargé de tout ministère depuis l’été 2015, le P. Bernard Preynat va faire l’objet d’un procès canonique.
Pourquoi le procès canonique du P. Bernard Preynat intervient-il maintenant ?
« Le pape François (…) a accepté il y a quelques semaines » que la prescription des agressions sexuelles reprochées au P. Bernard Preynat soit levée, a annoncé dimanche 25 décembre le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, dans un entretien au Parisien.
Pour « les délits les plus graves commis contre les mœurs », la levée de la prescription (1) est possible mais passe par Rome : soit l’évêque la demande, soit le Vatican y déroge de lui-même. Dans le cas du P. Preynat, accusé d’agressions sexuelles sur des jeunes scouts entre 1986 et 1991, l’archevêque avait fait un premier signalement en 2014.
Rome lui avait alors conseillé une simple mesure disciplinaire – la suspension de ses fonctions –, expliquait-il dans La Croix le 11 février 2016. Depuis, au vu de l’ampleur des faits révélés – plus de 70 victimes – et du scandale qui en a découlé, mais aussi en raison de la lenteur de la procédure civile engagée, le cardinal a sollicité la levée de cette prescription.
Qu’en est-il de la procédure civile ?
En général, l’Église attend que la justice civile se soit prononcée pour lancer le procès canonique. Mais d’une part, les faits sont connus et le prêtre ne les a jamais niés. D’autre part, l’avocat du P. Preynat a fait appel et, bien que la Cour de cassation l’ait rejeté en octobre, il pourrait introduire un nouveau recours devant la Cour européenne des droits de l’homme. Ce qui repousserait à plusieurs années le procès civil.
Que va-t-il se passer ?
L’Église a le choix entre deux types de procès : une forme judiciaire avec un tribunal, quand les faits ne sont pas connus et que l’accusé ne les reconnaît pas ; et une forme administrative pour les autres cas. C’est cette dernière qui a été retenue pour le P. Preynat.
Il sera jugé à Lyon mais, en raison de l’ampleur du scandale, le cardinal Barbarin a confié le dossier à trois prêtres extérieurs au diocèse – dont deux juges ecclésiastiques. Ils ont pour tâche d’entendre les victimes, l’accusé, des experts et de formuler des recommandations de peine. C’est l’ordinaire du lieu – le cardinal – qui prononcera le décret de sanction.
En principe, celle-ci reste confidentielle mais, pour aider les victimes à se reconstruire et afin de réparer les dommages commis par ce scandale, le diocèse devrait rendre publique la sanction une fois prononcée. Cela pourrait prendre quelques mois, assure-t-on à Lyon. La peine la plus grave dans ce type de procès est le renvoi de l’état clérical.

La Croix du 27.12.2016




 

 

 

 

PRESCRIPTION

Les délais de prescription pénale vont être doublés

L’Assemblée nationale s’apprête à voter définitivement une proposition de loi par laquelle la justice aura vingt ans pour rattraper les auteurs de crime, et six ans pour les auteurs de délit.
C’est une réforme majeure de la justice pénale que l’Assemblée nationale s’apprête à voter définitivement, jeudi 12 janvier, dans une certaine indifférence. Selon la proposition de loi, les délais de la prescription pénale seront doublés. Cette règle de l’oubli, apparue dès le droit romain, prévoit qu’au-delà d’un certain temps, la justice n’a plus son mot à dire sur des infractions et leurs auteurs présumés, car poursuivre une personne pour des faits trop anciens créerait davantage de trouble – y compris chez la victime – que de la laisser « impunie ». Pour un délit, la prescription des poursuites devrait passer de trois à six ans et, pour un crime, de dix à vingt ans.
Sous la pression de l’opinion et de nombreuses associations de victimes, la prescription s’est trouvée de plus en plus contestée. D’autant que les règles de procédure permettant de suspendre ou d’interrompre ce compte à rebours sont extrêmement complexes. Cela fait plus de dix ans que le législateur songe à réformer les règles de la prescription pour les allonger, les simplifier et les ordonner, car cela concerne également la prescription des peines, le délai au-delà duquel une sanction judiciaire prononcée, mais non exécutée, tombe. Une personne condamnée à six mois d’emprisonnement que l’on retrouve dix ans après le jugement n’ira pas en prison.

Traitement spécifique de la délinquance financière
Les velléités du législateur ont à chaque fois buté sur une question qui divise politiquement à propos de la délinquance financière. Fallait-il profiter d’une telle réforme pour faire entrer dans la loi la jurisprudence de la Cour cassation concernant des infractions occultes ou dissimulées ? La haute juridiction estime que, pour ces délits, tels les abus de biens sociaux, manipulations comptables et autres circuits de corruption, le point de départ du délai de prescription n’est pas la commission de l’infraction, mais le jour où les faits ont pu être constatés dans des conditions permettant l’exercice de l’action publique. Ce n’est parfois qu’à la faveur d’un changement de direction d’une entreprise que des tours de passe-passe illégaux sont découverts. Certaines voix à droite se sont régulièrement élevées contre ce qu’elles considéraient comme un traitement spécifique de la délinquance financière, si ce n’est un acharnement des magistrats contre le monde de l’entreprise.
C’est une proposition de loi, d’initiative parlementaire, bipartisane qui aura eu raison des réticences à toucher des règles datant du code Napoléon de 1808. Alain Tourret, député du Calvados (PRG), et Georges Fenech, député du Rhône (LR) ont mené une mission d’information remarquablement fouillée et ouverte sur cette question aussi technique que politiquement minée. De ce travail est née leur proposition de loi commune.

La tendance à l’allongement des délais de prescription n’est pas l’apanage de la France qui, de ce point de vue, paraissait en retard par rapport à ses voisins. En Allemagne, où le temps judiciaire ne dépend pas de la nature de l’infraction (délit ou crime), mais de la durée de la peine encourue, la prescription est de trente ans pour les faits punis de la prison à perpétuité, de vingt ans si la peine encourue est supérieure à dix ans, de dix ans pour les peines comprises entre cinq et dix ans, etc. Certains crimes sont imprescriptibles comme les meurtres commis avec circonstances aggravantes (cruauté, etc.). En Espagne, les délits terroristes ayant provoqué la mort d’une personne sont exclus de la loi de l’oubli. L’imprescriptibilité est même le principe retenu par le Canada pour tous les crimes.

Prudence transpartisane
Les tentations existent en France pour aller aussi loin, comme le montre le débat relancé par l’affaire Flavie Flament sur les crimes sexuels sur mineurs. Ces crimes bénéficient déjà d’une exception qui fait partir un délai de vingt ans à partir du moment où la victime atteint la majorité. Les promoteurs du texte souhaitaient pour leur part que certains crimes de guerre puissent être imprescriptibles. Finalement, seuls les crimes contre l’humanité le resteront. « A un moment où le besoin de punir est très important, il fallait tenir sur les principes », explique Alain Tourret. De sa longue expérience d’avocat, il garde la certitude que « faire croire à une victime qu’elle ne pourra faire son deuil qu’en saisissant la justice est une profonde erreur ».
Malgré la prudence transpartisane de ses auteurs et un vote unanime en première lecture à l’Assemblée le 10 mars 2016, le texte a bien failli, comme nombre de propositions de loi, capoter. La commission des lois du Sénat a d’ailleurs voté le 5 octobre un texte sensiblement amendé, notamment concernant les délits terroristes. M. Tourret, décidé à sauver cette réforme, a convaincu le garde des sceaux d’organiser une « réunion conciliation » entre les rapporteurs du texte des deux assemblées. Jean-Jacques Urvoas a ainsi reçu place Vendôme le 11 octobre, deux jours avant le débat en séance au Sénat, cette simili-commission mixte paritaire. De l’avis des participants, c’est davantage l’ancien président de la commission des lois de l’Assemblée nationale que le ministre de la justice qu’il est devenu, en janvier 2016, qui a mis son énergie à faire prospérer cette proposition de loi, laissant les parlementaires trouver un compromis.

Engorgement des tribunaux
Deux principales concessions ont été accordées aux sénateurs. D’abord le fait de borner à douze ans le point de départ du délai de prescription pour les délits financiers dissimulés. Cela évite de les rendre imprescriptibles, sans compromettre la poursuite de fraudes complexes et tardivement mises au jour comme l’affaire de Karachi et le financement de la campagne d’Edouard Balladur en 1995. Ensuite, la question des crimes de guerre a été abandonnée, notamment en raison des inquiétudes sur le risque de poursuites contre des militaires français présents au Rwanda pendant le génocide.
Le texte issu de cette réunion inhabituelle a été voté conforme par le Sénat le 13 octobre, puis par la commission des lois de l’Assemblée, le 14 décembre. Un vote sans modification par les députés paraît probable, ce qui permettra une promulgation rapide.
Reste la question de l’engorgement des tribunaux : doubler les délais de prescription devrait augmenter le nombre d’affaires portées devant la justice. Selon François-Noël Buffet, le rapporteur LR du Sénat, « la charge de travail induite » nécessiterait 29 à 72 postes de magistrats supplémentaires (sur quelque 8 000 magistrats en exercice) et 39 à 98 postes de fonctionnaires. Rien n’a été inscrit au budget 2017.

La loi sur la presse affectée
La loi de 1881 prévoit pour les délits de presse (comme la diffamation), par définition publics et signés de leur auteur, une prescription de trois mois de nature à ne pas entraver la liberté d’expression. Un équilibre insatisfaisant pour les sénateurs François Pillet (LR) et Thani Mohamed Soilihi (divers gauche), qui ont tenté de banaliser ces infractions en les inscrivant dans le droit commun en matière de prescription, c’est-à-dire six ans. Le compromis trouvé avec la commission des lois de l’Assemblée étend à un an le délai de prescription des délits de presse pour les articles publiés exclusivement sur Internet. Reste à savoir si le Conseil constitutionnel validera deux prescriptions différentes selon le support du média.

Le Monde du 11.01.2017



 

 

 

 

PROMOUVOIR


« Sausage Party », l’association Promouvoir déboutée en justice

L’association de l’avocat catholique André Bonnet attaquait, aux côtés des Juristes pour l’enfance, le visa d’exploitation de ce film d’animation subversif et demandait son interdiction aux moins de 16 ans.
L’association catholique conservatrice « Promouvoir » n’aura cette fois pas obtenu gain de cause. Ces dernières années, l’association présidée par l’avocat André Bonnet a obtenu le retrait des visas ou l’élévation de l’âge légal pour voir un certain nombre de films, dont Nymphomaniac en 2014, La Vie d’Adèle en 2015 ou encore Antichrist de Lars Von Trier début 2016.
Mais mercredi 14 décembre, « Promouvoir » a été déboutée pour une demande similaire au sujet de « Sausage Party », film d’animation humoristique mettant en scène des aliments, et qui comporte des scènes à caractère sexuel – en particulier la scène finale, qui représente une orgie. Interdit aux moins de 17 ans aux États-Unis, le film n’a été interdit qu’aux moins de 12 ans lors de sa sortie en France, déclenchant la colère d’associations chrétiennes.
L’association Promouvoir, ainsi que l’association Juristes pour l’enfance, demandaient le retrait du visa d’exploitation et sa reclassification en film interdit aux moins de 16 ans.
« Après s’être livré à une analyse des scènes critiquées », le tribunal a estimé que « le film ne diffusait pas un message à caractère violent et que les scènes à caractère sexuel ne visaient pas à corrompre les mineurs », selon l’ordonnance du juge, qui a par ailleurs relevé « la dimension humoristique » du film ainsi que « l’univers imaginaire » dans lequel il se déroule.
L’association Juristes pour l’enfance, qui avait également demandé la suspension du visa d’exploitation du film, a annoncé son pourvoi en cassation devant le Conseil d’État ainsi que la poursuite de sa requête « au fond » devant le tribunal administratif de Paris. « Quel est donc l’intérêt pour le tribunal que des enfants de douze ans assistent à des viols, des fellations, partouze et autres pratiques sexuelles diverses, sans compter la consommation de drogues ? » demande-t-elle dans un communiqué.
Le tribunal estime également, dans son ordonnance, que « l’interdiction de la diffusion aux moins de douze ans, le titre, l’affiche et la bande-annonce du film mettent suffisamment en relief son caractère “subversif” et l’omniprésence des connotations sexuelles ».
À l’inverse, André Bonnet, avait estimé la veille que la bande-annonce « ne dit rien sur le véritable contenu du film ». En face, Jacques Molinié, l’avocat du ministère de la culture, avait moqué « la volonté de censure » de ses contradicteurs « à l’égard d’un film qui est un peu libertaire ».

La Croix du 16.12.2016



 

 

 

 

PSYS


La qualification de psychothérapeute

La Manche Libre propose une chronique intitulée "Le coin du psy" assurée par un psychiatre et psychothérapeute bas-normand. Cette rubrique est la vôtre. Posez-lui vos questions sur notre site internet.

Vous conseillez régulièrement de vérifier auprès de l'Agence régionale de Santé (ARS) la qualification des psychothérapeutes inscrits dans les annuaires. Pourquoi ?

J'ai en effet conseillé plusieurs fois (*) de vérifier auprès de l'ARS (Agence régionale de Santé) si les personnes inscrites dans les annuaires sont bien autorisées à user du titre de psychothérapeute.

Il n'y a seulement que 3 titres, qui sont, en théorie, protégés, garantissant une formation sérieuse préalable à la pratique des psychothérapies : psychiatre, psychologue et psychothérapeute (*). Malheureusement, en ce qui concerne "psychothérapeute", certains contournements peuvent encore persister et nécessitent d'être vigilants.

Nous devons au député Bernard Accoyer d'avoir porté une loi qui réglemente cet usage, même s'il a fallu des années pour que soit promulgué le décret d'application. Elle vise à protéger les patients de personnes incompétentes, mais aussi d'abus, d'escroqueries et de dérives sectaires car jusqu'alors, n'importe qui pouvait s'autoproclamer "psychothérapeute", sans justifier d'une formation. En pratique, des "dérapages" peuvent encore exister. Par exemple, certains annuaires ont créé depuis la loi des rubriques pour lesquelles, comme auparavant, aucune qualification n'est nécessaire, telle "Psychothérapie (pratique hors du cadre réglementé)"… Autre exemple sur la Manche dans un annuaire daté de 2016, 9 personnes sur les 13 usant du titre de psychothérapeute ne répondaient pas aux critères demandés…

Des appellations plus ou moins fantaisistes contournent aussi l'obligation de formation, comme thérapeute ou psychopraticien. Ajoutez un site bien présenté, des titres "ronflants" (puisés auprès d'organismes privés ou associatifs) et tout un chacun peut encore se faire passer pour un soignant…

Si vous avez besoin d'une psychothérapie, je vous recommande de contacter la personne qui gère le fichier "ADELI" à l'ARS afin de vérifier si le professionnel que vous souhaitez consulter est bien habilité à porter le titre de psychothérapeute.

Docteur Patrick Lehmann

POUR EN SAVOIR +

(*)

Vous pouvez relire les rubriques déjà parues dans "Le coin du psy" conseillant ces vérifications. Parmi celles-ci :
"Psychiatre, psychologue, psychothérapeute : comment s'y retrouver ?"
http://www.lamanchelibre.fr/actualite-122448-psychiatre-psychologue-psychotherapeute-comment-y-retrouver-.html
Et "A partir de quand doit-on consulter un professionnel pour se faire aider ?"
http://www.lamanchelibre.fr/actualite-139301-a-partir-de-quand-doit-on-consulter-professionnel-pour-se-faire-aider-.html

Dans un autre texte, j'explique la nécessité, avant d'acquérir des "outils" psychothérapeutiques, d'avoir la formation préalable nécessaire attestée par les lois réglementant l'usage des titres de psychiatre, psychologue et psychothérapeute :
http://www.lamanchelibre.fr/actualite-163965-que-peut-on-attendre-de-hypnose-pour-se-soigner-.html

Vous pouvez avoir accès à la loi de 2004 (modifiée depuis), qui réglemente l'usage du titre de psychothérapeute,

ainsi qu'au décret d'application :
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexteArticle.do;jsessionid=25689AA23CC1AA9166F40FD701A65A59.tpdila07v_

2?idArticle=LEGIARTI000031930044&cidTexte=LEGITEXT000005823063&dateTexte=20161029
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000022244482&categorieLien=id

Des associations de consommateurs restent attentifs aux risques que font courir les psychothérapeutes autoproclamés et les dérives qui en résultent.
Parmi celles-ci, "Psychothérapie Vigilance" :
http://www.psyvig.com

Concernant le risque de dérives sectaires, vous aurez profit à consulter le site gouvernemental de la Miviludes http://www.derives-sectes.gouv.fr ou celui de l'UNADFI http://www.unadfi.org.c

La Manche Libre du 28.11.2016


 

 

 

 

RACISME


« Le racisme est une maladie qui doit être soignée », écrit un évêque américain

Chargé d’une mission particulière dans la lutte contre le racisme par les évêques américains, Mgr Wilton Gregory, archevêque d’Atlanta, accuse dans une tribune la campagne de Donald Trump d’avoir fait monter les tensions raciales aux États-Unis.
Une nouvelle fois, Mgr Wilton Gregory tire un signal d’alarme sur le racisme aux États-Unis. Président, au sein de la conférence épiscopale, d’un groupe de travail sur ce sujet, l’archevêque d’Atlanta en appelle au nouveau gouvernement du pays, dans une tribune publiée vendredi 2 décembre sur le site Crux.
Il choisit, pour décrire la situation, une métaphore médicale parlante, comparant le racisme aux « maladies qui nous effraient (…) Ebola, Zika, le cancer… ». De la même manière, le racisme « est une grave maladie morale dont la récurrence, l’agressivité et la persistance devraient effrayer chacun d’entre nous », considère-t-il.
Des progrès « illusoires »
« Comme une maladie médicale grave qui semblerait avoir été maîtrisée, les gens ont pensé que le racisme était sur le déclin », poursuit-il. Selon lui, l’élection de Barack Obama, premier président noir américain, en 2008, avait créé « une confiance dans l’idée que nous étions en train de surmonter notre histoire raciste ». À tort, regrette Mgr Gregory. « Certaines réactions à notre récente élection présidentielle ont fait penser à nombre d’entre nous que les progrès que nous pensions avoir faits étaient illusoires », déplore-t-il.
« Alors qu’une importante classe moyenne noire américaine existe désormais, une classe défavorisée disproportionnée existe aussi aujourd’hui aux États-Unis », dénonce l’archevêque, lui-même noir. Des iniquités économiques qui, selon Mgr Gregory qui file la métaphore de la maladie, « affaiblissent les défenses de la population et la rendent vulnérable à la propagation du racisme ». Un risque d’autant plus important, ajoute-t-il, lorsque « le sentiment est donné à un groupe que sa situation économique résulte des privilèges d’un autre ».
« Il y a bien trop de personnes pauvres, noirs, blancs ou bruns », résume Mgr Gregory. Mais, précise-t-il, « chaque groupe souffre non du statut des autres, mais de l’exploitation de systèmes cherchant leur propre profit au détriment des pauvres », quels qu’ils soient.
Critiques à destination du camp Trump ?
À plusieurs reprises dans son texte, Mgr Gregory fait référence à Donald Trump. « Chaque fois que l’on joue sur les peurs de certaines personnes et que l’on compte sur l’ignorance des autres, le racisme prospère », écrit-il. « Utilisé comme une stratégie politique, ce discours sarcastique rapporte peut-être des voix, mais il détruit l’unité nationale et notre avenir », prévient-il. Surtout, il met clairement en cause sa campagne électorale : « Les conditions nécessaires à la propagation du racisme ont été parfaitement réunies par de telles attitudes lors du récent processus électoral. »
Mgr Gregory en appelle toutefois au gouvernement. « Notre nouvelle administration doit reconnaître et aborder les conséquences mortelles que le racisme et les comportements racistes continuent à infliger à notre nation et à ses membres. »
Mgr Gregory, à la tête du combat des évêques américains contre le racisme
La nouvelle administration « peut compter sur la constante collaboration de l’Église catholique », assure Mgr Gregory, qui estime en conclusion que « les lois seules ne peuvent éradiquer le racisme, et seul l’Évangile peut nous vacciner contre cette maladie nationale qui nous menace tous ».
L’archevêque d’Atlanta est en effet à la pointe de l’action des évêques américains contre le racisme dans la société. C’est en juillet dernier que Mgr Joseph Kurtz, alors président de la Conférence épiscopale, lui avait confié la tête d’une cellule spéciale de travail sur les tensions raciales. Après des violences raciales à Bâton Rouge, en Louisiane, à Minneapolis et à Dallas, ce groupe de travail, baptisé « Paix dans nos communautés », a été chargé de recenser toutes les initiatives existant dans les diocèses pour lutter contre le racisme et favoriser le dialogue.
Lors de l’assemblée plénière des évêques américains, mi-novembre à Baltimore, Mgr Gregory avait présenté à ses pairs les premières conclusions de son travail. Et surtout, il jugeait urgente la rédaction et la publication d’un document commun de l’épiscopat sur la question du racisme. Une urgence renforcée, déclarait-il alors, dans le contexte de « l’incertitude post-électorale ».

La Croix du 04.12.2016

Contre l’antisémitisme, contre le rejet des musulmans

Alfred Grosser
Le milieu dirigeant français se veut à la tête de la lutte contre l’antisémitisme. Parmi les huit cents convives du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), en mars dernier, figuraient le premier ministre et nombre de membres du gouvernement, presque tous les leaders de l’opposition, les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, le préfet, le procureur général, l’archevêque de Paris. Quelques mois plus tard, Jean-Pierre Chevènement était nommé président de la Fondation pour l’islam de France. Imagine-t-on un chrétien nommé à la tête du Crif ? Parfois il semble que le rejet de l’antisémitisme efface le nécessaire rejet de l’anti-islamisme. Le 19 mars 2012, Mohamed Merah a horriblement assassiné quatre adultes et enfants dans une école juive, dont une fillette de 8 ans. Il est juste et bon que ce crime demeure dans les mémoires. Mais les 11 et 15 mars, à Toulouse et à Montauban, il avait aussi tué un militaire, puis deux autres. Un survivant à cette dernière tuerie est resté tétraplégique. Où et quand évoque-t-on ces victimes-là, dont deux étaient musulmanes ?
L’antisémitisme n’est pas mort pour autant. Il a plusieurs sources, plusieurs dimensions. Il existe une forme qu’il n’a pas, mais qui est sans cesse dénoncée par le Crif : toute critique d’Israël et de sa politique, toute défense des Palestiniens opprimés seraient déjà de l’antisémitisme. En fait, la plupart de ces critiques sont inférieures à celles énoncées par nombre d’intellectuels israéliens. Ils font leur la formule employée par le laudator de l’un d’entre eux, David Grossman, lorsque celui-ci a reçu le prix de la paix à Francfort, en octobre 2010 : « Right or wrong, my country. If it is right, let us keep it right. If it is wrong, let us set it right (”Qu’il ait raison ou tort, c’est mon pays. S’il a raison, efforçons-nous de le garder ainsi ; s’il a tort, efforçons-nous de le mettre à raison”). »
Il existe encore un antijudaïsme traditionnel qu’évoquait la déclaration de culpabilité des évêques français en 1995. Il existe aussi, à l’extrême gauche et à l’extrême droite, en accord en la matière, un antisémitisme nouveau, avec tendance à la négation de l’horreur nazie. Les noms de Dieudonné, d’Alain Soral ou d’Éric Zemmour sont ici représentatifs. Les condamnations pour incitation à la haine raciale ont été sans effet.
On peut percevoir aussi une nouvelle crainte, parfaitement légitime, chez des Français juifs, crainte cependant aujourd’hui plus largement répandue en Allemagne, parce que l’Allemagne a accueilli et accueille beaucoup plus de réfugiés. Les arrivants en provenance du Moyen-Orient, Syriens et autres, n’ont-ils pas été élevés dans une haine à l’égard tout ensemble d’Israël et du judaïsme en général ? Même s’ils sont minoritaires parmi les demandeurs d’asile, ne risquent-ils pas de contaminer des citoyens du pays d’accueil ?
Le risque est faible si ces arrivants sont mis en contact et sont influencés par l’islam tolérant, renforcé dans sa tolérance par les échanges cordiaux interconfessionnels. À Sciences-Po, il existe une formation commune pour prêtres, pasteurs, rabbins et imams. L’introduction de ceux-ci à la laïcité se fait en partie à l’Institut catholique. Les écoles chrétiennes accueillent de nombreux élèves musulmans. Le travail du Centre d’étude du fait religieux contemporain est pleinement interconfessionnel. À la tête de l’Observatoire de la laïcité, Jean-Louis Bianco combat les dérives dont la pire est peut-être la dénonciation de l’islam, avec appel à la fermeture de la frontière, de la part de gens qui confondent constamment Arabes et musulmans, comme si tous les Arabes étaient musulmans et comme si le plus grand État musulman, l’Indonésie, était arabe !
Pour les amener à la réflexion par l’émotion, il faudrait continuer à représenter et à faire connaître la pièce bouleversante qu’est Pierre et Mohamed,écrite en 2011 par un dominicain à la mémoire d’un autre dominicain, Pierre Claverie, évêque d’Oran, assassiné en 1996 avec son chauffeur et ami, un jeune musulman acceptant de sacrifier sa vie aux côtés de l’ami chrétien. Ce sont ces amitiés-là que les assassins reprochaient à l’évêque.
Pourquoi ne pas mettre sur le même plan les deux racismes ? Pendant la campagne électorale qui va s’ouvrir, les candidats rejetteront tous l’antijudaïsme. Le rejet des musulmans ne sera guère proclamé, mais trop souvent insinué. Il faudra s’opposer à cette insinuation-là.

La Croix du 09.01.2017

L’évêque d’Atlanta exhorte les catholiques américains à « déraciner le racisme »

L’Église catholique américaine doit prendre à bras-le-corps la lutte contre le racisme au niveau local, selon un rapport publié le 5 janvier par le groupe de travail mis en place par les évêques américains à la suite des violences raciales de 2016.
À Bâton Rouge, en Louisiane, à Minneapolis et à Dallas… l’Amérique a connu en 2016 un regain des violences raciales. Les évêques américains ont alors mis sur pied en juillet ce qu’ils ont appelé une « Task force » (« force d’intervention ») baptisée « Paix dans nos communautés ». Cette cellule spéciale de travail sur les tensions raciales, pilotée par l’archevêque d’Atlanta, Mgr Wilton Gregory, lui-même Afro-Américain, était chargée de recenser toutes les initiatives existant dans les diocèses pour lutter contre le racisme et favoriser le dialogue.
Mgr Gregory a présenté à ses pairs ses premières conclusions lors de leur Assemblée plénière, mi-novembre à Baltimore. Ce rapport vient de paraître dans son intégralité. Avec pour premier constat : l’Église catholique a la « responsabilité énorme de rassembler les gens dans la prière et le dialogue (…) pour favoriser la guérison et une paix durable » entre les communautés.
« Déraciner le racisme et créer des dynamiques saines dans nos voisinages » est un projet à long terme, reconnaît Mgr Gregory dans son introduction. Le rapport met en évidence la complexité du sujet, qui fait intervenir de multiples problèmes économiques et sociaux : pauvreté, chômage, violence domestique, système éducatif, prolifération des armes à feu…
Pour autant, l’Église ne doit pas se laisser « apeurer ou intimider » par l’ampleur de la tâche, poursuit l’archevêque d’Atlanta. Elle est au contraire « dans son rôle le plus juste lorsqu’elle incarne une voix audacieuse et prophétique pour la puissance de l’amour sur lequel notre foi est fondée, l’amour de Jésus-Christ ».
Plusieurs recommandations
Le rapport émet plusieurs recommandations concrètes pour les communautés catholiques :
– prier à cette intention, par des messes, groupes de prière et chapelets dédiés.
– organiser des groupes de dialogue sur la question raciale au niveau des paroisses et des diocèses. Au cours des discussions qui ont eu lieu en vue de ce rapport avec des officiers de police, l’un d’eux a souligné que les paroisses pourraient organiser des initiatives dans lesquelles la police et les résidents auraient une occasion de discuter ensemble.
– lancer des formations à l’interculturel pour les responsables et les paroissiens.
– mettre en place des forums pour permettre aux paroissiens d’évaluer les défis immédiats à affronter.
– soutenir la campagne catholique pour le développement humain, qui finance les groupes luttant contre le racisme, la pauvreté et la violence.
L’urgence d’une nouvelle prise de position publique des évêques
Le rapport recommande aussi que la « Journée nationale de prière pour la paix dans nos communautés », qui avait été organisée le 9 septembre 2016, soit observée chaque année.
Il juge également « plus importante que jamais » la rédaction et la publication d’un document commun de l’épiscopat sur la question du racisme. Une urgence renforcée, précisait récemment Mgr Gregory, dans le contexte de « l’incertitude post-électorale ». Dans une tribune publiée vendredi 2 décembre sur le site Crux, l’archevêque d’Atlanta accusait la campagne de Donald Trump d’avoir fait monter les tensions raciales aux États-Unis.
« Chaque fois que l’on joue sur les peurs de certaines personnes et que l’on compte sur l’ignorance des autres, le racisme prospère », écrivait-il. « Notre nouvelle administration doit reconnaître et aborder les conséquences mortelles que le racisme et les comportements racistes continuent à infliger à notre nation et à ses membres. »

La Croix du 07.01.2017

L’auteur de la tuerie raciste de l’église de Charleston condamné à mort

Dylann Roof avait ouvert le feu dans une église de la communauté noire de Caroline du Sud en 2015, tuant neuf personnes. L’homme de 22 ans n’a jamais exprimé de regret.
Sans surprise, Dylann Roof, l’auteur de la tuerie d’une église épiscopale de la communauté noire à Charleston, en Caroline du Sud, le 17 juin 2015, a été condamné à la mort. Impassible, le jeune homme de 22 ans, a écouté l’énoncé du verdict, mardi 10 janvier, sans avoir exprimé à aucun moment le moindre regret sur son crime raciste qui a coûté la vie à neuf paroissiens.
L’issue de ce procès était d’autant moins surprenante que M. Roof a tenu à assumer jusqu’au bout son acte. Il n’a invoqué aucune incapacité psychologique, qui aurait pu constituer des circonstances atténuantes. Il n’a fait appel à aucun témoin, qui aurait pu prendre sa défense. Il n’a présenté aucun élément susceptible de plaider sa cause. Enfermé dans son délire, il a même fini par assurer seul sa défense, préférant se passer des services des avocats qui lui avaient été assignés.
70 coups de feu
Quelques heures après son arrestation, le 18 juin 2015, Dylann Roof avait déclaré aux policiers qu’il voulait par son geste déclencher « une guerre entre les races ». La veille, le jeune homme était rentré dans l’église avec un calme glaçant, prétextant participer à une séance d’étude de la Bible, avant d’ouvrir le feu sur les fidèles réunis.
« Je dois le faire. Vous violez nos femmes et vous vous emparez de notre pays. Vous devez partir », avait-il lancé en rechargeant son calibre .45. Le meurtrier a ainsi tiré 70 coups de feu. La plus âgée des victimes, Susie Jackson, 87 ans, avait reçu à elle seule plus de dix balles.
Imprégné d’idéologie suprémaciste, considérant les Noirs comme des êtres inférieurs, Dylann Roof n’avait pas frappé au hasard, choisissant un lieu de culte, qui, depuis près de deux cents ans, est un symbole de la lutte contre l’esclavage et la discrimination raciale.
Accusé de trente-trois chefs d’inculpation, dont dix-huit passibles de la peine de mort, il avait été déclaré coupable le mois dernier. Une évidence, après avoir écouté les élucubrations du jeune homme. Le jury s’est prononcé à partir de l’enregistrement de ses aveux devant le FBI, mais aussi des extraits du journal qu’il tenait et qui a été retrouvé dans sa voiture lors de son arrestation. Autant de propos haineux censés justifier l’injustifiable.
La seule empathie dont il a fait preuve, c’est vis-à-vis de lui-même dans des confessions qu’il a rédigé sept semaines après son arrestation. « J’ai pitié de moi-même. (…) J’ai pitié d’avoir eu à donner ma vie à cause d’une situation qui n’aurait jamais dû exister. » En revanche, il affirme qu’il n’a pas « versé une seule larme pour les innocents que j’ai tués ».
« C’était calculé »
Mardi, lorsque le procureur, Jay Richardson, a requis la peine capitale à son encontre, Dylann Roof s’est contenté de dire : « J’ai estimé que je devais le faire, et j’estime toujours qu’il fallait que je le fasse. » L’accusation a justifié la sentence en expliquant que le crime avait ciblé cette église en particulier pour faire le maximum de publicité à son geste et, circonstances aggravantes, la tuerie a été commise dans un lieu où les victimes n’étaient pas censées être armées.
« Ce ne fut pas un moment où il est devenu fou, a affirmé le procureur. C’était calculé. De façon malheureuse, mais tout à fait réfléchie. » Dans ce contexte, il n’a fallu que trois heures au jury pour s’accorder sur la sentence, une décision prise à l’unanimité.
Pourtant, le fait qu’un jury fédéral retienne la peine de mort n’est pas si fréquent. Depuis que la peine capitale a été rétablie en 1988, sur 230 cas jugés, les deux tiers des condamnations se sont soldées par des peines de prison. La dernière peine de mort prononcée par ce type de juridiction remonte à 2015, avec la condamnation à mort de Djokhar Tsarnaev, l’auteur des attentats du marathon de Boston en 2013.
La famille de Dylann Roof, qui était restée silencieuse jusque-là, a fait une courte déclaration après le verdict, expliquant : « Aussi longtemps que nous serons en vie, nous aurons du mal à comprendre pourquoi il a commis cette horrible attaque, qui a provoqué autant de douleurs à tant de gens bien. »

Le Monde du 10.01.2017






 

 

 

 

RAELIENS


Chambéry - La très discrète tournée de Raël à travers la France

Sur le site internet du mouvement, Claude Vorilhon, alias Raël, raconte sa rencontre avec un extraterrestre en 1973 et explique les fondements de son mouvement dont le siège est aujourd’hui à Genève.
Toute forme de vie sur terre a été créée par une civilisation extraterrestre. Le mouvement Raël l’affirme lors de ses conférences organisées à travers la France. La tournée passe demain par Chambéry en présence d’un membre de l’organisation, affirme le communiqué posté sur sa page Facebook.
Le mouvement semblait en sommeil depuis quelques années. Lille, Paris, Dijon, Toulouse… Le tour de France se poursuit dans une grande discrétion. Basé à Genève, le mouvement a été classé parmi les sectes par une commission parlementaire en 1995.
En mars 2003, la dernière venue de Raël n’était pas passée inaperçue. Près de 200 adeptes organisaient “un séminaire de formation” dans un hôtel d’Aix-les-Bains. Il devait se clôturer par “une soirée sensuelle” à laquelle tout le monde était convié. De l’aveu même d’un participant, cette soirée avait tenu toutes ses «promesses ».

Dauphiné Libéré du 14/12/2016



 

 

 

 

SANABIL


Le Bien Public du 24.12.2016


 

 

 

 

SANTE


Le cancer, fonds de commerce des charlatans

à lire

 


Le bien-être, jusqu'où ?

Cures extrêmes pour dépolluer ses cellules, culte de l'alimentation « healthy », obsession de la pensée positive… En France comme ailleurs, le « wellness » peut rendre accro. Y a-t-il du mal à se faire trop de bien ?

Cet été, pendant que certains lézardaient sur la plage du Pouliquen après un déjeuner arrosé en pensant à ce qu'ils allaient dîner, d'autres enchaînaient, à des milliers de kilomètres, leur deuxième séance de yoga de la journée, après une heure de méditation à l'aube et un breakfast sommaire - voire un simple jus d'herbe. L'idée peut faire sourire? À condition de ne pas être du genre à culpabiliser.
Car l'obsession grandissante pour la transformation de soi est en train de remodeler nos sociétés. Surtout, circonscrit dans les années 1970 à une poignée de communautés New Age, le wellness est devenu dans la plupart des pays occidentaux un impératif moral, qui se pose à chacun. «Être quelqu'un de bien implique de trouver sans cesse de nouvelles sources de plaisir et de nouveaux moyens d'augmenter notre bien-être, dénoncent les chercheurs Carl Cederström et André Spicer, auteurs du Syndrome du bien-êtreparu récemment sur le sujet (Éditions L'Échappée). Heureusement pour nous, les entreprises se dotent de salles de sport flambant neuves pour nous encourager à nous maintenir en forme ; la société de consommation s'engage à faire notre bonheur en pourvoyant à nos moindres besoins ; les centres de yoga ouvrent leurs portes pour nous aider à trouver l'harmonie et la paix intérieure ; et il est même scientifiquement prouvé que faire la vaisselle ou préparer nous-mêmes notre pain nous rendraient plus zen et plus détendus au quotidien. Cette logique est désormais partout à l'œuvre, dictant aussi bien notre façon de travailler et de vivre que d'étudier et de faire l'amour.»

Les raisons de cette mutation se juxtaposent: néocapitalisme, allongement de la durée de vie, dépolitisation et digitalisation… Mais on en aura saisi les conséquences directes - un penseur slovène spécialiste de Nietzsche a même inventé le terme de «biomorale». Selon Carl Cederström et André Spicer, pour résumer, notre société se diviserait en deux camps: l'être parfait qui court, médite, pense positif et se nourrit uniquement d'aliments anti-toxines ; et les autres, gros, paresseux, gourmands, pessimistes, tristes… En réalité, le problème n'est pas tant de prendre soin de soi, au contraire. Mais qu'un choix individuel se soit transformé en idéologie dominante. Le wellness génère aujourd'hui une industrie addictive, aux chiffres vertigineux (3 400 milliards de dollars en 2014 aux États-Unis, selon le Stanford Research Institute). Et le phénomène n'est pas près de s'essouffler.

Chacun cherche son gourou
Il suffit d'observer les unes de magazines, les hordes de joggeurs dans les parcs de Paris et de province, la superficie des rayons de la Fnac consacrés au développement personnel et l'éclosion des juice bars pour s'en assurer: notre pays a largement comblé son retard par rapport aux États-Unis ou à l'Allemagne, où le bien-être est culturel. «Surtout, cet univers a changé, note Galya Ortega, une ancienne professeur de yoga devenue consultante de luxe (elle dirige les spas des hôtels Barrière, à Deauville). On est passé d'un wellness foisonnant, artisanal, très “peace and love”, à un business organisé, édité, marketé. Le corps et l'esprit se sont réconciliés, en quelque sorte.» Chaque saison offre un nouveau «gourou» et son best-seller pour booster ses performances - le médecin des stars Frédéric Saldmann (Prenez votre santé en main !, Éditions Albin Michel), le chantre de la pleine conscience Christophe André, le conférencier Frédéric Lenoir (La Puissance de la joie, Éditions Fayard) ou la coach en développement personnel Marie Kondo (La Magie du rangement, Pocket).
Encore inconnus dans l'Hexagone il y a quelques années, des figures comme l'Américain Deepak Chopra, superstar de la santé spirituelle aux millions de fans, et l'Indienne Amma, qui répand l'amour par ses étreintes, font salle comble quand ils se produisent dans nos villes. Connus pour leur sens critique ultradéveloppé, les descendants de Descartes cèdent sans scrupule aux principes de la pensée positive. «Plus vous avez une image positive de vous-même, plus vous augmentez vos chances de réussite», résume le maître en la matière, Zig Ziglar. On ne saurait faire plus efficace (et stimulant).
Voilà pour l'esprit, mais il faut nourrir aussi le corps. Le lifestyle de Los Angeles, épicentre de la culture holistique cool, a germé partout dans le monde. Difficile de résister aux superfoods et aux mélanges miraculeux censés éliminer le stress, chasser les toxines, booster l'énergie. Hier l'herbe de blé, aujourd'hui l'huile de coco ou le sésame noir… Les plaisirs de la bouche convergent vers un but: améliorer son potentiel physique et mental. Pascal Bruckner écrit que «la table n'est plus seulement l'autel des succulences, un moment de partage et d'échanges, mais un comptoir de pharmacie où l'on pèse minutieusement graisses et calories, où l'on mâche avec conscience des aliments qui ne sont déjà plus que des médicaments» (L'Euphorie perpétuelle. Essai sur le devoir de bonheur, Éditions Grasset).
«L'industrie du bien-être peut en effet générer des excès, avertit Constance Rotival, ancienne cadre dirigeante dans la finance reconvertie en professeur de pleine conscience (MBSR). Les gens ont le sentiment d'avoir perdu le contrôle face aux nouvelles technologies qui dominent notre quotidien. Certains de mes élèves arrivent en cours et demandent “Est-ce que je serai moins stressé, moins anxieux à la fin du programme?” Je leur réponds que la méditation n'est pas un hobby comme les autres, encore moins une formule magique. C'est un travail personnel, mais qui n'a rien de narcissique. À ceux qui réclament d'emblée des performances, je conseille au contraire de commencer par lâcher prise.»
Un discours aux antipodes du quantified self (quantification de soi en français) mis en scène 24 heures sur 24 sur les blogs et les réseaux sociaux via des gadgets enregistrant nos moindres faits et gestes. Les nouvelles stars d'Instagram? Des filles parfaites, en pleine forme, qui se nomment Yoga Girl, Madeleine Shaw («8 semaines pour une transformation holistique» promet son programme sur son compte) ou Kayla Itsines, reine du fitness, qui rallient à leurs objectifs des millions de fans.

Cryothérapie et vœux de silence
De même, dans les instituts dédiés, il faut sans cesse mesurer, quantifier, évaluer le bien-être des clients. D'ailleurs, les spas ne seront bientôt plus des spas mais des centres, où cohabiteront le meilleur de la médecine traditionnelle orientale (ayurvédique, chinoise…) et la pointe du high-tech. «Même quand il s'agit de bien-être, les gens ont besoin de pourcentages, de mesures… C'est drôle, n'est-ce pas? Un peu comme cette habitude, le matin, de regarder la météo sur son smartphone alors qu'il suffirait d'ouvrir la fenêtre et de scruter le ciel, remarque Anna Bjurstam, vice-présidente spas des hôtels Six Senses. Notre groupe a mis en place un programme qui permet précisément de mettre des chiffres sur l'état de forme et la routine de chacun afin de l'améliorer, pendant le séjour puis de retour à la maison.»
Un screening sophistiqué qui analyse à la fois les marqueurs physiologiques (masse grasse, rythme cardiaque…), les paramètres de stress, les risques environnementaux (via le pH et le stress oxydatif) et l'hygiène de vie (cholestérol, circulation du sang…). «C'est un luxe aujourd'hui que de pouvoir améliorer son bien-être physique et mental. Nos grands-parents - voire nos parents - n'avaient ni le temps, ni l'argent pour cela, souligne Sohal Shah, directeur d'un spa Six Senses. À travers notre programme, l'idée n'est surtout pas de faire culpabiliser mais d'accompagner chacun vers l'équilibre.»
Faut-il souffrir pour être bien? La question se pose, au regard du succès des retraites drastiques. En plein désert d'Arizona, le mirifique resort géant de Miraval est un must, avec cours de sport, cryothérapie (des cabines à - 90 °C où l'on reste, en maillot de bain, pendant trois minutes, pour détoxifier ses cellules), séances de chamanisme et même coaching professionnel. En Inde, la clinique ayurvédique indienne de Somatheeram devient le hot spot des gens de la mode après les défilés, tandis qu'en Italie l'Eremito loge ses clients dans une cellule d'ermite exigeant vœu de silence, méditation quotidienne et chants grégoriens. On ne compte plus les bootcamps (ces camps sportifs collectifs inspirés de l'entraînement des GI), les cures de jeûne (randonnée en forêt, etc.)... Les spécialités varient, les tarifs aussi (de 1 000 à 10 000 euros la semaine), mais l'emploi du temps est identique: quasi militaire. Lever aux aurores, alimentation frugale, exercices, routine antistress rodée. Défi personnel duquel on sort grandi, expiation avant de retourner à ses excès? De quoi méditer.

SEPT CURES, SEPT STYLES
Qui n'a jamais eu envie de quitter la ville, le temps d'un long week-end ou de courtes vacances, pour se vider l'esprit, alléger son corps et libérer ses énergies? Pour les adeptes de méditation transcendantale comme pour les plus débutants, notre sélection de sept destinations wellness parmi les plus pointues du moment.

Le plus high-tech: Sha Wellness Clinic, en Espagne
Dans ce centre de détoxification futuriste bâti il y a cinq ans sur la Costa Brava cohabite le meilleur des médecines asiatique (acupuncture, shiatsu…) et occidentale (bilan génétique et injection de molécules d'ozone dans le sang notamment). Le séjour débute par un check-up de santé complet, avec des médecins, avant un agenda d'activités et de soins décliné heure par heure sur iPad. Nullement découragés par l'alimentation macrobiotique, les hommes d'affaires sous pression raffolent des formules «Récupération du sommeil», «Rajeunissement intégral» et «Life reset» (Vladimir Poutine y aurait ses habitudes).
12 950 € les deux semaines en pension complète mais sans hébergement. www.shawellnessclinic.com

Le plus monacal:Eremito, en Italie
Perdu dans les forêts d'Ombrie, à deux heures de Rome, et construit sur un ermitage du XIVe siècle, l'Hotelito del Alma comme le surnomme son créateur propose sa «détox digitale»: on loge dans l'une des 14 cellules, on dîne en silence, on vit au rythme des méditations et des chants grégoriens. Extrême.
À partir de 160 € la nuit. www.eremito.com

Le plus New Age:Miraval, aux États-Unis
Avec 60 % d'hôtes satisfaits, qui reviennent d'une année sur l'autre, le temple du wellness à l'américaine est depuis vingt ans une référence dans le monde entier. L'éventail des thérapies alternatives y est poussé à l'extrême avec presque 500 activités, dont la légendaire psychothérapie équine («It's not about the horse», le cheval servant de miroir émotionnel et mental de l'individu), des séances de rajeunissement du cerveau, des ateliers de pensée positive, des séances de coaching professionnel mais aussi de voyance.
Environ 8 000 € la semaine, sans le vol. www.miravalresorts.com

 Le spécialiste du jeûne: Buchinger, en Allemagne
À Uberlingen mais aussi à Marbella (Espagne), la clinique du docteur Otto Buchinger reste un classique. Au programme: tisane, jus de fruits et bouillons de légumes (environ 250 kcal par jour), Pilates, yoga, randonnées, massages et bains, le tout encadré par des médecins, psychologues et thérapeutes. Si la pratique du jeûne comme thérapie efficace n'est pas officiellement reconnue dans certains pays, dont la France, les adeptes crient à ses pouvoirs auto-guérissants, sur les plans physique et émotionnel.
À partir de 2 500 € le forfait de 10 jours. www.buchinger-wilhelmi.com

La cure ayurvédique:Somatheeram, en Inde
Confort sommaire et prix à l'avenant, pourtant cette clinique indienne située dans le Kerala attire chaque saison ce qui se fait de plus branché. Sans doute est-ce dû à son équipe de médecins régulièrement récompensés, son programme simple mais efficace pour «traiter le corps, l'esprit et l'âme».
1 200 € le forfait de 11 jours, sans le vol. www.somatheeram.org

Bien-être cinq étoiles:les hôtels Six Senses
Sites naturels énergétiquement puissants - la vallée du Douro au Portugal, la péninsule de Ninh Van Bay au Vietnam, les montagnes de Qing Cheng en Chine… -, villas de luxe et désormais un programme de wellness intégré avec analyse des marqueurs de santé et traitements holistiques personnalisés: le groupe hôtelier promet à ses résidents une remise en forme «slow life» autour des quatre piliers du bien-être: sommeil, nutrition, exercice physique et éveil spirituel.
À partir de 300 € la cure de soins. www.sixsenses.com

Cure de luxe: les hôtels Aman
Les établissements de la chaîne étaient déjà connus pour leurs décors exceptionnels et leurs spas à couper le souffle: ils accueillent désormais des retraites de 3 à 7 jours autour de stars du bien-être (professeurs de yoga, guérisseurs, acupuncteurs, etc.), sur des thèmes précis. Exemple, «Le sens de la vie» à l'Amankora, au Bhoutan.
À partir de 10 000 € pour 8 jours. www.aman.com

http://www.lefigaro.fr/lifestyle/2016/10/06/30001-20161006ARTFIG00222-le-bien-etre-jusqu-o.php

20/10/2016
 

 

 

 

SOS CHRETIENS D'ORIENT


SOS Chrétiens d'Orient, une ONG très idéologique

Les dirigeants et fondateurs de l'association sont pour la plupart issus de l'extrême-droite.

« Nous ne sommes pas d'abord une organisation humanitaire, nous voulons surtout retisser des liens entre les chrétiens d'Orient et les chrétiens d'Occident », insiste Arthur du Tertre, le secrétaire général de SOS Chrétiens d'Orient. Créée en 2013, l'association a suscité en peu de temps une certaine mobilisation chez des catholiques français, avec notamment l'envoi sur place de plus de 400 volontaires.
Ses dirigeants et fondateurs sont tous des jeunes issus de la droite catholique identitaire. À commencer par son président, Charles de Meyer, assistant parlementaire du député de la Ligue du Sud, Jacques Bompard. Le directeur général, Benjamin Blanchard, a également travaillé pour Jacques Bompard, avant de devenir l'assistant parlementaire de l'eurodéputée frontiste Marie-Christine Arnautu. L'association a pour chef de mission en Irak François-Xavier Gicquel, qui avait dû rendre sa carte du Front national à cause de photos le montrant en train de faire le salut nazi et de sa participation à un apéro « saucisson-pinard ». SOS Chrétiens d'Orient compte aussi parmi ses militants des membres de Génération identitaire, dont Damien Rieu, ancien porte-parole de cette organisation de jeunes qui fait partie du mouvement d'extrême droite Bloc identitaire.

Capable de monter des campagnes de communication extrêmement efficaces, notamment en invitant à courir le semi-marathon de Paris, l'association dispose déjà d'un important réseau de donateurs (pour un budget qui serait de plusieurs millions d'euros), elle organise des voyages en Syrie pour des hommes d'Église et aussi des députés, dont Jean-Frédéric Poisson (Parti chrétien-démocrate), Véronique Besse (Debout la France), Thierry Mariani (Les Républicains) et Gérard Bapt (Parti socialiste). Elle intervient dans nombre de paroisses et d'établissements catholiques. Le tout grâce à sa relation de confiance avec les communautés chrétiennes sur place, mais aussi avec le régime syrien de Bachar el-Assad, le dictateur qui serait, à ses yeux, le « protecteur des chrétiens » et que l'association se refuse de critiquer, allant jusqu'à organiser des rencontres avec lui. C'est par son entremise que le diocèse de Fréjus-Toulon a pu organiser un jumelage avec celui de Homs après un voyage sur place de Mgr Rey.

« Nous n'avons aucun lien avec une organisation politique, nous voulons aider les chrétiens d'Orient, c'est tout », assure Arthur du Tertre, en suggérant que certains seraient jaloux du succès de sa jeune ONG. À l'Œuvre d'Orient, on tient en tout cas à se démarquer. L'année dernière, cette organisation qui dépend de l'Église catholique et qui soutient les communautés chrétiennes de la région depuis plus de 150 ans a même envoyé une lettre à ses donateurs pour les avertir du risque de confusion entre les deux associations.

La Vie du 05.01.2017
 

 

 

 

TEMOINS DE JEHOVAH


Une justice parallèle pour les Témoins de Jéhovah pédophiles

Exclusif - Ils sont polis et cognent à votre porte le samedi matin. Mais on en connaît peu sur eux. Saviez-vous que les Témoins de Jéhovah ont leur propre système de justice? Des tribunaux internes qui interprètent la Bible de façon stricte… et qui ont parfois pour effet de protéger des pédophiles.
Mélanie Poirier avait 10 ans lors de son premier cours de piano. La séance a duré une heure et elle a changé sa vie. C’est ce jour-là que son professeur l’aurait agressée sexuellement pour la première fois.
« Semaine après semaine, à tous les cours de piano, il se masturbait devant moi. Et il me demandait de le toucher », se souvient-elle. Pendant ce temps, son père attendait dans la pièce à côté, sans savoir ce qui se passait.
Les cours de piano ont duré cinq ans, et les agressions présumées aussi, selon Mélanie, qui ne se sentait pas capable de dénoncer son professeur, témoin de Jéhovah lui aussi : « Si j’étais allée raconter cette histoire seule, ça n’aurait rien donné du tout. Je n’aurais pas été crue, les anciens ne se seraient même pas arrêtés à écouter mon histoire ».
Les « anciens » sont un groupe d’hommes qui forme le premier palier de la structure de pouvoir des Témoins.
Elle conservera son secret près de 20 ans jusqu’à ce qu’elle rencontre une autre victime présumée de son professeur de piano. Ensemble, elles le dénonceront à leur congrégation.
Un « comité judiciaire » est alors convoqué pour chacune. Il s’agit d’un tribunal interne où un panel de trois anciens doit déterminer si des principes bibliques ont été enfreints. Les dénonciations, à la police ou à la Direction de la protection de la jeunesse, ne sont pas expressément interdites. Mais elles ne sont pas encouragées à moins que les lois locales ne les rendent obligatoires.
Avant d’obtenir justice devant les siens, Mélanie devra toutefois subir une autre épreuve : confronter son présumé agresseur, un décret basé sur une citation biblique.
« Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. »
- Mathieu 18:15
« Je pensais que ça serait difficile. Ça n’a pas été difficile. Ça a été la catastrophe », se rappelle-t-elle.
Son professeur était un ancien, l’un des membres les plus influents de la congrégation en banlieue de Montréal à laquelle appartenaient aussi Mélanie et sa famille.
Ce sont les anciens, des ministres laïques, qui guident la congrégation et mènent la prière. Ils décident aussi du sort des fidèles accusés de péchés graves, et peuvent recommander leur expulsion.
Mais grâce au témoignage de Mélanie, et à celui de la seconde présumée victime, son professeur est banni des Témoins de Jéhovah, la punition usuelle pour les délits graves. Elle devra toutefois le confronter trois fois, car deux appels ont été nécessaires.
Son professeur a été rapidement réintégré dans une autre congrégation. Pourtant, il n’a jamais avoué ni démontré de repentir, des conditions nécessaires à sa réintégration.
Pour Mélanie et son père Benoît, ce retour en grâce ajoute l’insulte à l’injure.
Selon Mélanie, les Témoins de Jéhovah sont toujours une organisation dangereuse pour les enfants.
« Je me dis qu’en ce moment, il y a des enfants qui sont en danger avec ce qui se passe dans les comités quand une victime va parler. C’est la parfaite place pour un pédophile pour se cacher. »
– Mélanie Poirier
Nous avons contacté l’ancien professeur de piano de Mélanie. Il a nié ces allégations et a refusé de répondre à nos questions. Une plainte à la police de Laval a été déposée contre lui il y a quelques semaines.
« As-tu aimé ça? »
Agressée pendant plusieurs années par une personne de son entourage, Marie-Claude Lavoie avait 14 ans lorsqu’elle s’est confiée à des copines témoins de Jéhovah comme elle.
À l’époque, un comité judiciaire est convoqué, auquel son présumé agresseur ne sera pas convié, car il n’est pas témoin lui-même. Marie-Claude doit donc se présenter seule, sans l’appui de sa mère. Les femmes n’ont pas le droit d’assister à ces comités ni d’accéder à quelque poste décisionnel que ce soit.
Les trois anciens, tous dans la quarantaine, auraient commencé la rencontre en lui rappelant qu’elle aurait dû se battre jusqu’à la mort et qu’elle ne semble pas assez traumatisée.
Les choses ne seraient pas améliorées par la suite. On lui demande de tout raconter… et même plus.
« Est-ce que tu as aimé ça? », une question humiliante, mais qui ressemble étrangement à une autre question que les anciens étaient tenus de poser dans ce genre de forum. La question numéro 9 du formulaire Abus sexuel d’enfant : « Combien d’anciens estiment que la victime est à blâmer ou a volontairement participé aux actes? »
Une copie d’un formulaire plus récent doit être envoyée au quartier général des Témoins de Jéhovah de chaque pays lorsqu’une victime fait des allégations de ce type.
La règle des deux témoins
La « règle des deux témoins », un des principes fondamentaux des Témoins de Jéhovah : il faut deux témoins – ou un aveu - pour qu’une dénonciation soit retenue par les anciens.
« Un seul témoin ne suffira pas contre un homme pour constater un crime ou un péché. »
– Deutéronome 19:15
C’est ce qu’a constaté - avec horreur - la mère d’un petit garçon de cinq ans qui aurait été victime d’agression sexuelle par un ancien lors d’un voyage de pêche avec son père. Elle nous raconte le retour de son fils et ce qu’il aurait subi ensuite…
Personne n’avait été témoin des incidents et l’abuseur présumé n’a pas été inquiété.
La mère a contacté les autorités, puis a retiré son signalement, craignant de traumatiser son fils à nouveau. Incapable d’accepter la décision des anciens, elle a fini par quitter les Témoins de Jéhovah. Son fils en fait toujours partie et elle n’a plus de contact avec lui.
Ceux qui salissent l’organisation
Mélanie et son père Benoît ne sont plus témoins de Jéhovah. Benoît, lui-même ancien pendant plus de 10 ans et ex-ami de l’agresseur, ne s’est jamais remis de la façon dont sa fille a été traitée par l’organisation.
Il lance aujourd’hui un émouvant appel à ceux et celles qui hésitent encore à parler.
Qui sont-ils?
Les Témoins de Jéhovah sont un mouvement religieux apocalyptique, qui fait la promotion d’un mode de vie conservateur basé sur le respect des principes bibliques. Ses fidèles sont convaincus que la fin du monde, l’Harmaguédon, est à nos portes. Ils se mélangent peu au reste de la société, mais ne vivent pas dans des communautés fermées. En général, leurs enfants fréquentent les écoles de leur quartier.
Ils sont 8 millions dans le monde, 115 000 au Canada.
C’est un mouvement hautement hiérarchisé. Il est contrôlé par la société Watchtower, dont le quartier général était situé dans le quartier new-yorkais de Brooklyn, jusqu’à son récent déménagement dans une partie plus rurale de l’État.
Watchtower vaut plus d’un milliard de dollars. C’est un empire financier construit sur un impressionnant portefeuille immobilier et sur la publication des célèbres magazines La Tour de garde.
Les instructions aux fidèles émanent du Collège central, un groupe de sept hommes âgés considérés comme le canal de Dieu sur Terre. Ces instructions, qui régissent les moindres aspects de la vie des Témoins, font l’objet de révisions constantes contenues dans des documents confidentiels destinés aux fidèles, et surtout aux anciens.
Chaque salle du Royaume, leurs lieux de cultes, contient des dossiers sur les transgressions des fidèles, mais qui leur sont inaccessibles. Les rares dossiers obtenus l’ont été grâce à des mandats de perquisition.
Ailleurs dans le monde
En Australie, une commission royale d’enquête a fait une découverte étonnante en ouvrant les dossiers d’agressions sexuelles présumées conservés dans les coffres du quartier général des Témoins de Jéhovah de Sydney. Sur 1006 cas d’abuseurs sexuels présumés, aucun n’avait été dirigé vers la police ou la protection de l’enfance.
En Californie, la cour a ordonné cette année à la société Watchtower de remettre sa liste de pédophiles, construite à partir des documents détenus par la société. Depuis 1997, la direction des Témoins exige que chaque dénonciation d’un fidèle soupçonné de pédophilie soit envoyée au quartier général.
Dans un mémo confidentiel aux anciens, Watchtower leur demande même d’envoyer ces informations dans des « enveloppes bleues spéciales ».
C’est d’ailleurs en Californie que la première décision civile reconnaissant la responsabilité des Témoins de Jéhovah dans l’abus sexuel d’un enfant a été rendue. Des dommages de 28 millions de dollars – réduits en appel - ont été accordés à la plaignante Candace Conti, agressée par un témoin pédophile connu qui faisait du porte-à-porte avec elle.
Depuis le 1er août 2016, certains assouplissements ont été décrétés dans les instructions aux anciens. Par exemple, une victime d’abus sexuels ne serait plus obligée de confronter son agresseur présumé.
Nous avons rejoint le quartier général des Témoins de Jéhovah à Toronto. On a refusé de répondre à nos questions et on nous a redirigés vers leur site Internet.

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/special/2016/12/temoins-jehovah-agressions-sexuelles-pedophilie-temoignages/


Une «police du sang» qui a le bras long

(Québec) Qualifié de «police du sang» par certains, le Comité de liaison hospitalier des Témoins de Jéhovah a le bras long, selon trois ex-membres du mouvement, lorsqu'un témoin est hospitalisé et que la question d'une transfusion sanguine pourrait se poser.

Dans un document interne destiné seulement au «Collège des Anciens» des Témoins de Jéhovah et dont Le Soleil a obtenu copie, on donne la liste des 30 membres québécois du Comité de liaison hospitalier. On invite les Anciens à ne pas hésiter à appeler le Comité rapidement concernant «tous les cas médicaux» qui pourraient soulever la question d'une transfusion sanguine.

Auparavant, on demande toutefois de s'assurer que le patient est baptisé, de trouver la nature de sa condition médicale et d'obtenir l'information correcte pour la famille et les parents.

Dans le cas d'Éloïse Dupuis, décédée la semaine dernière à l'Hôtel-Dieu de Lévis, des amies de la jeune femme avaient mentionné aux médias la présence de membres haut placés des Témoins de Jéhovah dans sa chambre au cours des derniers jours et des dernières heures de sa vie.

Pression

Pour Jonathan Lavoie, un ex-témoin de Jéhovah maintenant établi à Québec dont le frère est mort en 2007 après avoir refusé une transfusion, le Comité a ni plus, ni moins comme mission de faire pression sur les membres hospitalisés, leur famille et le personnel hospitalier.

«Il y a des avocats qui font partie du Comité. Moi, quand mon frère a été hospitalisé, aucun membre du personnel médical n'a accepté de me parler avant que je dise que je n'étais pas témoin. Ils avaient trop peur des poursuites», affirme celui qui a créé le site www.watchtowerlies.com, très critique envers le mouvement religieux.

M. Lavoie se souvient même d'avoir, à l'âge de 15 ans, ainsi «veillé» en compagnie de son beau-père sur une dame de 60 ans qui venait d'être opérée. «On nous a rappelé les consignes générales et donné des numéros de téléphone à appeler si le personnel de l'hôpital tentait une transfusion», explique-t-il en soulignant que, finalement, l'opération s'était bien déroulée et que la sexagénaire n'avait pas eu besoin de sang.

Un Américain de 49 ans qui se présente sous le pseudonyme de John Redwood indique pour sa part au Soleil que les membres du Collège des Anciens se rendent régulièrement à New York afin de recevoir des formations sur la façon d'interagir avec les médecins.

Depuis 1945

«Il ne faut pas oublier que cette religion existe depuis les années 1870, mais que les transfusions sanguines ne sont interdites que depuis 1945 et qu'elles ne constituent un motif d'expulsion que depuis 1961. En 1980, le terme a été changé pour dissociation alors qu'on a fait peser la responsabilité sur le membre, qui est réputé se dissocier du mouvement s'il accepte du sang», souligne M. Redwood.

Le Britannique Lloyd Evans, un ex-membre du Collège des Anciens qui a été apostasié et dirige aujourd'hui le site Web www.jwsurvey.org, explique pour sa part que c'est durant les années 80 que le Comité de liaison hospitalier a pris naissance. «C'est un groupe d'élite d'Anciens qui ont accès à du matériel qu'ils peuvent utiliser pour communiquer avec le personnel de l'hôpital», explique-t-il.

«Vous savez, il y a des médecins qui vont tenter de convaincre un patient de recevoir une transfusion sans que personne d'autre ne le sache. L'un des buts du Comité est justement de maintenir une présence et une pression pour éviter que ça arrive, explique M. Evans. Je suis heureux de n'avoir jamais été dans ce Comité car, aujourd'hui, j'aurais l'impression d'avoir joué un rôle dans la mort de certaines personnes», enchaîne-t-il.

M. Evans estime qu'on peut évaluer à «des milliers» le nombre de décès de témoins de Jéhovah ayant refusé de recevoir du sang. «En 2011, une étude réalisée en Nouvelle-Zélande sur 206 patients souffrant d'anémie sévère, dont la moitié étaient témoins de Jéhovah et avaient refusé une transfusion, a démontré que 21 témoins étaient finalement décédés contre seulement deux non-témoins. C'est 10 fois plus de décès!

«L'ironie de ce comité, c'est que les Témoins disent toujours que la décision [de refuser une transfusion] est personnelle. Alors pourquoi ont-ils besoin d'un comité toujours prêt à intervenir à l'hôpital?» conclut M. Evans.

Le Soleil du 18.10.2016

 

 

 

 

TRAVAILLEUSES MISSIONNAIRES


Lisieux: suspectées d'esclavage moderne, les "travailleuses missionnaires" remerciées

A Lisieux, les "travailleuses missionnaires ", association laïque qui gérait une hôtellerie pour les pèlerins, vient de voir sa convention non renouvelée par le sanctuaire. Une mesure qui intervient moins de 2 ans après le dépôt d'une plainte contre l'association pour esclavage moderne.

Les travailleuses missionnaires ne reviendront pas à l'Ermitage Sainte-Thérèse. Actuellement en fermeture hivernale, l'hôtellerie du sanctuaire de Lisieux changera de gestionnaire.
Officiellement, il s'agit seulement du non renouvellement d'une convention.
Mais il semble bien qu'après le dépôt début 2015 d'une plainte pour esclavage moderne par l'une de ses anciennes membres,
les autorités catholiques préfèrent s'éloigner de l'association laïque Donum Dei.

Aujourd'hui une dizaine de plaintes a été regroupée auprès du tribunal d'Epinal, dans les Vosges.
Recrutées en Afrique et en Asie, ces femmes affirment avoir été obligées de travailler plus de 16 heures par jour sans salaire.
Pour l'association Avref qui les accompagne, l'affaire ne doit pas s'arrêter là.

En attendant, au sanctuaire, à partir du mois de mars prochain l'accueil des pèlerins sera confié à une congrégation déjà présente sur le site, l'institut des servantes de Sainte-Thérèse-de-l'enfant-Jésus.
De quoi, selon les autorités catholiques, clarifier les conditions de travail de l'hôtellerie religieuse.

http://france3-regions.francetvinfo.fr/basse-normandie/pays-auge/lisieux/lisieux-suspectees-esclavage-moderne-travailleuses-missionnaires-remerciees-1167197.html
04.01.2017

Les Travailleuses missionnaires quittent Lisieux

Après vingt et un ans de présence à Lisieux, les Travailleuses missionnaires quittent le Sanctuaire où elles assuraient l’accueil des pèlerins. La convention n’a pas été renouvelée. | Ouest-France/Anne Blanchard.
Après vingt et un ans de présence à Lisieux, les Travailleuses missionnaires quittent le Sanctuaire où elles assuraient l’accueil des pèlerins. La convention n’a pas été renouvelée.
« Après vingt et un ans de présence à Lisieux, nous remercions la Famille Missionnaire Donum Dei pour le service accompli à Lisieux auprès de sainte Thérèse et lui souhaitons bonne route dans ses nouvelles missions », indique dans un communiqué, publié mardi 3 janvier 2017, le recteur du Sanctuaire de Lisieux, le père Olivier Ruffray.
À la suite du grave malaise que traverse la communauté depuis la publication en 2014 d’un livre noir, par l’Avref (Aide aux victimes de mouvements religieux), sur les conditions de vie et de travail au sein de la communauté, « un accord pour une nouvelle convention entre l’association « Ermitage - Centre spirituel » et la « Famille Missionnaire Donum Dei » n’ayant pu intervenir, indique le père Ruffray, sa responsable nous a confirmé le départ de la communauté de la maison de l’Ermitage où elles assuraient leur apostolat d’accueil des pèlerins ».
L’an dernier, une vingtaine de Travailleuses missionnaires avait rejoint le diocèse de Besançon (Doubs) pour poursuivre leur formation, mais elles étaient encore une dizaine à travailler à Lisieux.
NÉE AU PAYS DES LOUPS
Fermée pour les congés d’hiver, la maison de l’Ermitage, l’un des deux lieux d’accueil des pèlerins (93 chambres) à Lisieux, sera reprise en mars par les religieuses de « L’Institut des Servantes de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus », qui, depuis deux ans, assurent déjà l’accueil des pèlerins au Foyer Saints Louis et Zélie Martin.

http://www.ouest-france.fr/normandie/lisieux-14100/les-travailleuses-missionnaires-quittent-lisieux-4716923
Ouest-France du 04.01.2017

Les Travailleuses missionnaires quittent Lisieux

La convention avec le sanctuaire n’a pas été renouvelée.

Par ailleurs les résultats de l’enquête apostolique menée depuis un an sur la Famille missionnaire Donum Dei devraient être publiés très prochainement.

Après 21 ans de présence à Lisieux, les Travailleuses missionnaires quittent le sanctuaire où elles assuraient l’accueil des pèlerins. La convention qui liait l’Ermitage Sainte-Thérèse à la Famille Missionnaire Donum Dei n’a pas été renouvelée.

« Nous remercions la Famille Missionnaire Donum Dei pour le service accompli à Lisieux auprès de sainte Thérèse et lui souhaitons bonne route dans ses nouvelles missions », indique dans un communiqué, publié mardi 3 janvier, le recteur du sanctuaire, le P. Olivier Ruffray.

Il précise qu’un accord n’ayant pu intervenir, « sa responsable nous a confirmé le départ de la communauté de la maison de l’Ermitage où elles assuraient leur apostolat d’accueil des pèlerins ».

Des plaintes regroupées au tribunal d’Épinal

Les Travailleuses missionnaires (TM) s’étaient vues retirer en 2014 la gestion du foyer Saints-Louis-et-Zélie-Martin, dans lequel elles assuraient la formation de leurs novices venues essentiellement d’Asie ou d’Afrique. Elles étaient encore une dizaine à travailler à Lisieux, ville qui accueille chaque année plus d’un million de visiteurs, et deuxième lieu de pèlerinage le plus fréquenté en France.

L’Ermitage, précise le P. Ruffray, sera repris en mars à sa réouverture par les religieuses de l’Institut des Servantes de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, une jeune communauté italienne qui, depuis deux ans, assure déjà l’accueil des pèlerins au Foyer Saints-Louis-et-Zélie-Martin.

Les Travailleuses missionnaires ont fait l’objet d’une attention accrue depuis la publication d’un livre noir de l’Avref (1) et d’une enquête de La Croix en juillet 2014, dénonçant les conditions de vie de ces femmes, notamment dans les restaurants « L’eau vive ».

Depuis, plusieurs plaintes pour esclavagisme moderne ont été déposées par d’anciennes TM et regroupées auprès du tribunal d’Épinal, dans les Vosges, la maison-mère se trouvant à Besançon et la communauté ayant une maison à Domrémy.

Leur statut en débat

Sur le plan ecclésial, une enquête apostolique avait été mandatée par Rome il y a un an, conduite par le dominicain Jean-Claude Lavigne, aidé d’un carme et de deux consacrées de l’institut Notre-Dame, chargés de rencontrer notamment, les membres des TM dans le monde entier, ainsi que les évêques concernés. Cette enquête est close et ses résultats devraient être publiés très prochainement, a appris la Croix.

Tout en étant une association internationale laïque, les Travailleuses missionnaires relèvent aussi, par leur statut de tertiaires de l’ordre des Grands carmes, de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée. La question de leur statut – laïques ou consacrées – fait partie du débat.

Un fondateur controversé

Les Travailleuses missionnaires ont été fondées à Paris en 1950 par le P. Marcel Roussel-Galle (1910-1984), ancien aumônier de la JOC, originaire du diocèse de Besançon, présenté par les Travailleuses missionnaires comme « un témoin de la miséricorde » et, néanmoins, figure très controversée.

Elles ont vocation à être « des carmélites dans le monde » pour évangéliser « les masses paganisées ». Elles furent envoyées à l’origine auprès des prostituées, dans les usines, les hôpitaux. Très vite, elles s’internationalisèrent et se spécialisèrent dans la restauration collective, ouvrant des restaurants « L’Eau vive » à Rome, Marseille…

(1) Association d’Aide aux victimes des dérives de mouvements religieux en Europe et à leurs familles.

La Croix du 16.01.2017




 

 

 

 

Donald TRUMP


Donald Trump s’attaque à une figure de la lutte pour les droits civiques

Répondant à une critique de John Lewis, représentant et activiste respecté, le président élu a déclenché une énième polémique sur Twitter.
John Lewis est élu à la Chambre des représentants des Etats-Unis depuis 30 ans.
A deux jours du Martin Luther King Day, Donald Trump a choisi, samedi 14 janvier, de s’en prendre à l’une des personnalités les plus révérées du Parti démocrate, John Lewis. Le président élu n’a pas apprécié les remarques de cette icône du mouvement des droits civiques, élu au Congrès depuis trente ans.
Le représentant du cinquième district de Géorgie a annoncé qu’il ne participerait pas à la cérémonie d’investiture du 20 janvier. Dans une interview sur la chaîne NBC, M. Lewis, 76 ans, a déclaré :
« Je crois au pardon. Je crois qu’il faut essayer de travailler avec tout le monde. Cela va être difficile. Je ne considère pas le président élu comme un président légitime. »
Vainqueur de l’élection, Donald Trump a perdu le vote populaire face à Hillary Clinton ; une situation rendue possible par le système électoral américain.
Comme à son habitude, M. Trump a réagi sur Twitter :
« Le parlementaire John Lewis ferait mieux de passer du temps à s’occuper d’aider sa circonscription, qui est dans un état déplorable et qui se désintègre (sans parler de la criminalité qui la gangrène) plutôt que de se plaindre à mauvais escient des résultats de l’élection. Paroles, paroles, paroles – pas d’action ni de résultats. Regrettable ! »
Héros de la lutte contre la ségrégation
Plusieurs figures conservatrices comme les auteurs Dinesh D’Souza et Mark R. Levin ont soutenu le milliardaire, fustigeant M. Lewis et sa remise en cause du résultat du scrutin. D’autres personnalités plus modérées, à l’image de David Axelrod, ancien conseiller de Barack Obama, le journaliste Piers Morgan ou l’activiste russe Garry Kasparov, lui ont également reproché d’avoir ouvert les hostilités.
Mais la majorité des réactions ont plutôt visé les propos de Donald Trump. John Lewis jouit d’un immense respect aux Etats-Unis pour sa participation active à la lutte contre la ségrégation raciale aux côtés de Martin Luther King Jr.
De nombreuses photos du parlementaire matraqué par la police, le visage en sang ou arrêté lors d’une marche ont envahi les réseaux sociaux afin d’illustrer son engagement. La NAACP, principale organisation de défense des droits civiques, a demandé à M. Trump de s’excuser.
Que le président élu reproche son inaction à un militant régulièrement passé à tabac dans les années 1960 a suscité beaucoup d’ironie. Celle de Jerry Springer, connu pour ses émissions de télé-poubelle, par exemple, a commenté la remarque sur Twitter :
« Dire que John Lewis, membre héroïque du Congrès, n’est que paroles revient à dire que mon émission de télévision est de l’art. »
Réactions ironiques aussi alors que le nouveau président américain doit visiter à Washington le musée de l’histoire et de la culture afro-américaine à l’occasion du Martin Luther King Day, jour férié célébrant la naissance du célèbre pasteur. Quelques utilisateurs de Twitter l’ont invité à y visiter l’exposition figurant... John Lewis.
Evan McMullin, candidat indépendant lors de l’élection présidentielle, a préféré mettre en parallèle le destin des deux hommes, rappelant que Donald Trump n’avait pas combattu au Vietnam :
« Pendant que vous vous faisiez réformer, John Lewis risquait sa vie pour l’égalité en Amérique. Vous ne pourriez même pas rêver d’un patriotisme aussi désintéressé, Donald. »
Les habitants d’Atlanta en colère
Le New York Times a également souligné que si Donald Trump semblait trouver intolérable de voir sa légitimité remise en cause, lui-même n’avait pas hésité à douter publiquement du lieu de naissance de Barack Obama.
Donald Trump s’est aussi attiré les foudres des habitants d’Atlanta et sa périphérie, vexés qu’il décrive leur région, représentée par M. Lewis, comme une zone gangrénée par la violence et la pauvreté. Rappelant que le district figurait parmi les quartiers les plus riches de l’état de Géorgie, le site Internet du quotidien The Atlanta Journal-Constitution a invité ses lecteurs à poster des photos de leurs communautés en utilisant le mot-clé « defendthe5th » (défendez les cinquièmes). Avec un taux de pauvreté inférieur à la moyenne nationale et une criminalité en baisse, chiffres du FBI à l’appui, le cinquième district n’a rien de l’enfer dépeint par M. Trump.
La polémique a en tout cas poussé de nouveaux élus démocrates à boycotter la cérémonie d’investiture. Le site politique The Hill en a recensé dix-sept. Et selon le site Thinkprogress, les ventes des ouvrages consacrés à la vie de John Lewis ont explosé en quelques heures sur Amazon.

Le Monde.fr avec AFP | 14.01.2017
 

Trump tacle un « héros » noir des droits civiques

Donald Trump a vivement critiqué John Lewis, 76 ans, élu noir démocrate et grande figure historique des mouvements des droits civiques dans les années 1960 auprès de Martin Luther King.
Donald Trump a horreur qu’on remette en cause sa légitimité. John Lewis, 76 ans, élu noir démocrate depuis trente ans au Congrès, l’a appris à ses dépens après avoir, il est vrai, suscité la polémique. Dans une émission diffusée hier sur la chaîne NBC, cette figure historique des mouvements des droits civiques a annoncé qu’il n’assisterait pas à la cérémonie d’investiture du président élu, le 20 janvier prochain.
« Je ne considère pas ce président élu comme un président légitime », s’est expliqué le parlementaire. Le milliardaire a réagi sur son compte Twitter en critiquant l’action de John Lewis dans sa circonscription de Géorgie « qui est dans un état déplorable et qui se désintègre », lui conseillant « d’agir plutôt que de se plaindre à mauvais escient des résultats de l’élection ».
Ces critiques ont provoqué des réactions outrées en raison du respect qui entoure la personnalité de John Lewis, un homme considéré, par les démocrates comme par les républicains, tel un « authentique héros américain et une conscience morale au Congrès », qui a toute sa vie menée un combat pour les droits civiques des Noirs, notamment aux côtés du pasteur Martin Luther King.
À 25 ans, étudiant très engagé, John Lewis avait participé aux marches de protestation de Selma à Montgomery, menées dans l’Alabama (État du sud) en 1965 au nom du droit de vote des Noirs, qui ont marqué la lutte des droits civiques aux États-Unis. En dépit de plus de 40 arrestations, de blessures sérieuses et d’attaques physiques contre lui, il a toujours défendu la non-violence comme méthode d’action.
Devant le mémorial dédié à Martin Luther King au cœur de la ville de Washington, près de 2 000 manifestants, noirs dans leur majorité, se sont rassemblés samedi, partageant le même pessimisme à l’égard de la présidence Trump.
Des centaines de milliers d’Américains se préparent à marquer leur rejet de l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, par des manifestations dans tous les États-Unis, mais surtout en convergeant vers Washington pour un rassemblement historique le samedi 21 janvier, au lendemain de l’investiture.

La Croix du 16.01.2017
 




 

 

 

 

TUNISIE


Tunisie: Indignation après l'autorisation d'un mariage d'une jeune fille de 13 ans enceinte d'un proche

JUSTICE Les associations de protection de l'enfance jugent, elles, que la jeune fille a été violée...

L’article 227 bis du Code pénal tunisien prévoit une peine de six ans de prison pour toute personne ayant « fait subir sans violence l’acte sexuel à un enfant de sexe féminin âgé de moins de 15 ans accomplis ». Reste que l’article indique que « le mariage du coupable avec la victime (…) arrête les poursuites ».
« Nous avons considéré qu’elle était apte au mariage. La preuve, elle est enceinte »
La justice tunisienne a donc autorisé le 1er décembre le mariage d’une adolescente avec un proche l’ayant mise enceinte, assurant par la voix du porte-parole du tribunal de première instance de la région du Kef (nord-ouest) que la jeune fille âgée de « 13 ans et 11 mois » n’avait pas « été violée ».

« Nous avons entendu la fille et après vérification de tous les détails, nous avons considéré qu’elle était apte au mariage. La preuve, elle est enceinte », a expliqué ce mardi Chokri Mejri, évoquant une grossesse de « deux ou trois mois ». Selon ce porte-parole, l’adolescente aurait eu un rapport sexuel avec le frère de ses deux beaux-frères et les deux familles auraient demandé « le mariage pour ne pas faire scandale ».
« Une violation de son intégrité physique et mentale »
Alors que la signature du contrat de mariage a eu lieu le 5 décembre, le tribunal de première instance de la région du Kef est aujourd’hui sommé de s’expliquer par des associations de protection de l’enfance. Une fête était prévue dimanche mais a été annulée après l’intervention de l’association du Kef qui réclame l’annulation du contrat de mariage.
« Quand il s’agit d’une enfant de 13 ans, on ne peut parler d’un rapport sexuel avec consentement. Il s’agit d’un viol. La décision de justice n’a pas tenu compte de l’intérêt de cette enfant (…) qui va en plus se marier avec son violeur, ce qui constitue une violation de son intégrité physique et mentale », a affirmé Houda Abboudi, responsable de l’association.
« A 13 ans, on ne peut donner un consentement libre et éclairé »
La présidente de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), Monia Ben Jemia, a jugé cette affaire « scandaleuse ». « Des juges considèrent qu’à l’âge de 13 ans et comme elle est pubère, qu’une jeune fille est consentante (…). Or, à 13 ans, on ne peut donner un consentement libre et éclairé, d’autant plus qu’il n’y a pas d’éducation sexuelle à l’école », a-t-elle dénoncé, en exigeant l’abrogation de l’article 227 bis.
Si la Tunisie est considérée comme pionnière des droits des femmes dans le monde arabe, un projet de loi contre les violences faites aux femmes, élaboré en 2014, attend toujours d’être examiné au Parlement.

20Minutes du 14.12.2016



 

 

 

 

VAUDOU

 

Au Bénin, un pèlerinage vaudou rassemble des milliers d’initiés

Chaque année en janvier, des milliers d’initiés béninois du culte vaudou, des centaines de touristes et des dizaines de descendants d’esclaves remontent la grande piste de sable qui mène à la plage de Ouidah. Une sorte de pèlerinage en mémoire des esclaves d’autrefois.

Caché dans les broussailles, un écriteau peint à la main prévient le visiteur : « la Porte du non-retour, un défi à l’histoire ».

Pendant près de six siècles – quatre officiellement –, des millions d’esclaves ont emprunté cette route, qui traverse la lagune. Cinq millions, selon certains. Dix millions, affirment les autres. Personne ne sait véritablement.

Une chose est sûre, c’est que la petite ville de Ouidah, dans le sud du Bénin, était le point de rassemblement de la traite négrière de la côte sud de l’Afrique de l’Ouest.

Une procession de voitures et motos double des femmes aux visages scarifiés, vêtues de pagnes. Tous se dirigent vers la Porte du non-retour, monument érigé en 1992 face à l’océan, en mémoire du ballet incessant des bateaux qui partaient pour le Nouveau Monde.

Le vaudou, originaire du royaume de Dahomey (actuels Togo et Bénin), n’est pas précisément né à Ouidah. Mais c’est de là que ce culte de l’invisible et des esprits de la nature s’est exporté en Louisiane, au Brésil, en Haïti, pour compter aujourd’hui 50 millions de membres à travers le monde.

« Devoir de mémoire »

En 1993, au lendemain de la chute du régime communiste béninois, le président Nicéphore Soglo a institué la fête du vaudou, célébrée début janvier durant une semaine dans le pays. Depuis, la petite ville de Ouidah est devenue l’un des lieux de pèlerinage les plus célèbres, en raison de son histoire particulière liée à la traite négrière.

« Ouidah, c’est un devoir de mémoire », explique à l’AFP Erol Josué, prêtre vaudou et directeur du bureau national d’ethnologie à Haïti. L’homme est venu de Port-au-Prince avec sept autres personnes pour « faire la paix avec le passé ».

Le visage fin, les yeux soulignés de khôl, il est habillé d’une toge immaculée et porte une lourde bague de l’ethnie dogon, offerte lors d’un précédent voyage au Mali.

« C’est important de revenir sur la terre ancestrale pour s’accepter en tant que Caribéen », poursuit l’ethnologue. « Pour comprendre le comportement du peuple haïtien, il faut remonter à sa source. »

Il s’interrompt pour prendre une vidéo sur son smartphone : un homme escalade à mains nues une simple tige de bambou de près de 15 mètres de haut. La foule exulte. Un peu plus loin des hommes recouverts d’un mélange de terre ocre dansent en transe au rythme des djembés et font des offrandes aux fétiches.

« Le vaudou est une manière de vivre », confie Gizirbtah, jeune femme noire américaine, qui change de nom lorsqu’elle « revient » sur la terre de ses ancêtres. Employée d’une compagnie aérienne aux États-Unis, elle parcourt l’Afrique de l’Ouest pendant deux mois avec une douzaine d’adeptes, venus de Londres ou de Chicago.

« Chaque jour, je fais des ablutions, des purifications et des prières. Mais pratiquer le vaudou est mal vu aux Etats-Unis », dit-elle.

Elle s’est tournée vers cette croyance il y a six ans, lorsqu’elle a commencé sa « quête interne », raconte-t-elle. « Toute ma vie, l’histoire de mes ancêtres a résonné en moi. »

Spiritualité et quête des origines

La vaudou n’est pas à proprement parler un culte des ancêtres. Mais il est « la représentation palpable de ce que l’on ne peut pas voir », tente d’expliquer Vincent Harisdo, chorégraphe franco-béninois-togolais qui prépare un projet artistique sur le sujet.

« Tout être humain a son 'Fa' intérieur (divinité vaudoue), son autre soi. Et nous sommes tous à la recherche de notre autre moi. On appelle ça vaudou ici, ou psychologie en Europe ! », plaisante-t-il.

Gail Hardison, Américaine de 57 ans, a choisi la science plutôt que la spiritualité pour connaître ses origines. Il y a quelques années, elle a fait un test ADN qui a révélé que ses ancêtres venaient du nord-Cameroun.

Cette année, elle poursuit sa quête ancestrale au Bénin. « Je ne suis pas adepte, mais je respecte le vaudou en tant que religion. Le vaudou, ça n’est pas des poupées qu’on plante avec des clous », tranche-t-elle.

Les danses en pagne et les touristes armés d’appareils photo donnent des airs de folklore à la fête. Les discours politiques rappellent aussi que cette procession, qui a lieu le 10 janvier, est un moyen de flatter les quelque 20 % de Béninois dits « animistes ».

Malgré la foule, le bruit et le soleil qui cogne, Gail Hardison dit ressentir « une tristesse spirituelle ici ». Elle jette un regard sur la Porte du non-retour, où s’agglutinent des centaines de visiteurs pour trouver un coin d’ombre. « J’aurais aimé que l’Histoire puisse être différente pour tous ces gens qui sont passés ici. Je peux ressentir leurs esprits en moi », souffle-t-elle.

La Croix du 12.01.2017
 




 

 

 

 

Il y a des dérives sectaires, oui.

Mais il y a aussi des comportements de paix, de dignité, de respect et de liberté :

les fruits de Gamaliel

 

 

                                                                                                                                                                                                                                                          

Des femmes porteuses d’espérance

LE BLOCNOTES
JEAN-CLAUDE GUILLEBAUD JOURNALISTE, ÉCRIVAIN ET ESSAYISTE

Quantité de nouvelles décourageantes nous sont venues d’Israël ces derniers temps : soupçons de corruption du Premier ministre Benyamin Netanyahou, entendu par la police israélienne ; condamnation d’un sergent pour le meurtre d’un Palestinien gisant au sol ; assassinat de quatre soldats israéliens par un terroriste palestinien au volant d’un camion. Les médias ont abondamment parlé de tout cela. Et à juste titre. Mais pourquoi donc a-t-on si peu commenté l’éblouissante nouvelle venue du même pays. Elle suffirait à réveiller notre espérance en berne. Évoquée par Anne Guion dans La Vie (n ° 3724 du 12 janvier), elle aurait mérité d’être relayée par toutes nos radios et télévisions.

De quoi s’agit-il ? Des initiatives d’une association, les Mères pour la paix, créée en 2014, au moment de la reprise de la guerre à Gaza qui avait fait 2 200 victimes, principalement palestiniennes. Ce mouvement rassemble des femmes de toutes confessions, notamment des Israéliennes et des Palestiniennes. Elles réclament d’une même voix qu’un vrai dialogue se substitue à l’état de violence. Et elles s’engagent mois après mois pour le clamer, le hurler, le répéter.

Des Israéliennes et des Palestiniennes réclament d’une même voix qu’un vrai dialogue se substitue à l’état de violence.
En octobre 2016, elles avaient lancé la « marche de l’espoir », laquelle s’était achevée par une prière juive et musulmane prononcée par 4 000 femmes réunies à Qasr-el-Yahud, au nord de la mer Morte, mais aussi par une manifestation de 15 000 autres femmes devant la résidence de Netanyahou pour réclamer la fin du conflit. Je reprends ici les informations données par Evelyn Rottengatter de l’agence de presse internationale et multilingue Pressenza. Un film retraçant les différentes phases de cette « marche de l’espoir » a été récemment diffusé sur You- Tube. Il est accompagné d’une chanson de l’Israélienne Yael Deckelbaum, Prayer of the Mothers (« la Prière des mères »), reprise en choeur par des centaines d’Israéliennes et de Palestiniennes rassemblées pour l’occasion.

D’autres artistes des deux bords se joignent à cette chanson, interprétée par un ensemble mixte, le Choeur Rana, créé en avril 2016, dont les membres – 10 femmes juives et 10 musulmanes – chantent en hébreu et en arabe.

Dans cette vidéo joyeuse, déterminée, audacieuse, on entend un message de Leymah Gbowee, une femme du Liberia qui a obtenu le prix Nobel de la paix en 2011 pour avoir contribué dans son pays à la fin d’une atroce guerre civile. S’adressant aux Mères pour la paix, elle les encourage à poursuivre la lutte. Selon elle, « la paix est possible quand des femmes intègres et décidées se lèvent pour l’avenir de leurs enfants ».

Oh, bien sûr, cela ne signifie pas que la paix soit – déjà ! – pour demain. Mais ce n’est pas en négligeant les bonnes nouvelles qui la préparent qu’on favorisera sa venue. Hélas, à part une brève mention de l’événement dans l’émission 28 minutes, sur Arte, et un court article dans Le Monde, peu de médias ont relayé cette initiative. Qu’attendent nos télévisions pour diffuser ce film ?

Cela nous changerait des blablas qui occupent – trop souvent – les antennes.

La Vie - jeudi 19 janvier 2017
 

 

 

 

                                                                                                                                                                                                                                                          

La Croix du 16/12/2016

 

 

 

 

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 Pour les années précédentes 

des sites sont à votre disposition pour vous aider dans votre recherche

en particulier

 

celui de Lacuzon

http://www.sos-derive-sectaire.fr

 

celui de Prevensectes

http://www.prevensectes.com

 

 

 

RAPPORT 2015

DE LA MIVILUDES 

(Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires)

 

 

RAPPORT 2013-2014

DE LA MIVILUDES 

(Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires)

http://www.derives-sectes.gouv.fr/sites/default/files/publications/francais/Rapport-au-Premier-ministre_2013-2014_Miviludes.pdf

 

RAPPORT 2011

DE LA MIVILUDES 

(Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires)

http://www.derives-sectes.gouv.fr/sites/default/files/publications/francais/rapport_annuel_2011_miviludes.pdf

 

RAPPORT 2010

DE LA MIVILUDES 

(Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires)

http://www.derives-sectes.gouv.fr/sites/default/files/publications/francais/ra2010_mise_en_ligne.pdf

 

RAPPORT 2009

DE LA MIVILUDES 

(Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires)

http://www.derives-sectes.gouv.fr/sites/default/files/publications/francais/rapport2009_mise_en_ligne.pdf

 

RAPPORT 2008

DE LA MIVILUDES 

(Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires)

http://www.derives-sectes.gouv.fr/sites/default/files/publications/francais/rapport_miviludes_2008_francais.pdf

 

RAPPORT 2007

DE LA MIVILUDES 

(Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires)

http://www.derives-sectes.gouv.fr/sites/default/files/publications/francais/Rapport_Miviludes_2007.pdf

 

RAPPORT 2006

DE LA MIVILUDES 

(Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires)

http://www.derives-sectes.gouv.fr/sites/default/files/publications/francais/rapport_miviludes_2006.pdf

 

 

RAPPORT 2005 

DE LA MIVILUDES 

(Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires)

http://www.derives-sectes.gouv.fr/sites/default/files/publications/francais/Rapport_MIVILUDES_2005-2.pdf

 

 

RAPPORT 2004 

DE LA MIVILUDES 

(Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires)

http://www.derives-sectes.gouv.fr/sites/default/files/publications/francais/RAPPORT_MIVILUDES_2004.pdf

 

RAPPORT 2003 

DE LA MIVILUDES 

(Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires)

http://www.derives-sectes.gouv.fr/sites/default/files/publications/francais/Rapport_MIVILUDES_2003.pdf

 

 

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